L’année 2024 a permis aux organisateurs du festival de se remettre sur pied, et de retourner à la formule des années précédant la pandémie, qui avait forcé durant les quelques années de confinement, de voir la plupart des films à l’extérieur des salles de cinéma et dans le confort des foyers.
En 2024, il y avait entre 18 000 et 19 000 cinéphiles qui ont visionné des films. En 2025, ce chiffre s’est amélioré aux alentours de 26 000, retournant aux chiffres de prépandémie. Il est encore trop tôt pour connaître le total des chiffres pour 2026, mais M. O’Hearn espère qu’avec le beau temps et tous les autres facteurs des neuf jours du festival qui pourraient influencer la participation des cinéphiles, qu’on verra la 38e édition se chiffrer à près de 28 000.
M. O’Hearn a souligné qu’il reçoit des commentaires, des suggestions et des idées tout au long du festival, à chaque jour, qui sont pris en considération, pour les prochains festivals, en fait des films qui ont été bien ou mal reçus, de l’horaire et même au sujet des réceptions après les galas.
Si on compare avec années précédentes, en 2024, la sélection de films réguliers où la langue primaire est le français, se chiffrait à 22% de la totalité de films en anglais et de toutes les autres langues. En 2025 et en 2026, ce chiffre a augmenté à 24%. M. O’Hearn a souligné que les films où la langue primaire est l’anglais ne dépassent pas les 50% de la totale des films et que l’autre partie, un peu plus que les 26%, représente toutes les autres langues qui ne sont ni l’anglais, ni le français comme langue primaire des films. Il a également mentionné que le but de la programmation est essentiellement de choisir les meilleurs films, toutes langues confondues, qui vont résonner avec l’auditoire et établir une connexion d’une perspective globale. Il a ajouté «nous ne nous attendons pas que tout le monde va aimer chaque film et quand un cinéphile nous approche pour nous dire qu’il n’a pas aimé un certain film, que le but des festivals n’est pas que tous aiment chaque film», mais plutôt de créer des émotions, d’émouvoir et de servir d’inspiration.
Plusieurs membres du Circuit des films assistent à Cinéfest pour préparer leur programmation de films dans leurs régions respectives. Le circuit de films a vu le jour en 1993 quand Cinéfest l’a inauguré à l’époque sous le nom de Northern Film Circuit dans quatre communautés. Par la suite, le festival Toronto International Film Festival (TIFF) en a pris la relève et maintenant, le circuit s’étend d’un océan à l’autre, dans plusieurs provinces. Ce qui est particulier de l’expérience Cinéfest Sudbury pour les membres du Circuit des films vs se rendre voir des films à TIFF, est le fait qu’ici, ces personnes peuvent préparer leur programmation, faire leurs sélections à partir d’un seul emplacement et n’ont pas à se déplacer à plusieurs endroits pour visionner les films.
Cinéfest réunit des cinéphiles de tous les milieux et de tous les groupes d’âge. Il faut se rappeler que cette année, le festival en est à sa 38e édition et que ceux et celles qui étaient déjà à la retraite à ses tous débuts sont forcément plus les cinéphiles qui participent maintenant. Par contre, il est très intéressant de connaître des personnes qui vont voir des films depuis la toute première édition telle que Mme Jacqueline Dumas-Mélanson, une professeure à la retraite, une inconditionnelle de Cinéfest, qui a avoué voir en moyenne quatre films par jour durant toute la durée des neuf jours du festival. Elle explique : «J’aime des films, j’aime voir une variété de films, j’aime le fait qu’on a des films qui ne sont pas juste américains, ce sont des films canadiens, qui viennent de la France, qui viennent de partout dans l’monde, donc, ça nous permet de connaître différentes histoires, ce n’est pas toujours la même chose». Parmi l’abondance de films que Mme Dumas-Mélanson a pu visionner, elle souligne quelques-uns de ses coups d’cœur, entre autres : «J’ai bcp aimé L’affaire Bojarski, un bon film, 125, rue des Malaises et Les Furies». Par contre, elle a moins aimé la sélection des films galas. Elle considère qu’aucun de ceux-ci, jusqu’à jeudi au moment de l’entrevue, l’ont impressionnée, sans l’effet «wow».
M. Michel Lavoie, lui aussi, voit des films depuis les tous débuts de Cinéfest. Il est satisfait du déroulement du festival, puisqu’il vient à chaque année et voit en moyenne «une trentaine de films» durant le festival. M. Lavoie a fait remarquer qu’il a surtout apprécié cette année la sélection canadienne de films, «ça va très bien».
Malgré le fait que M. Marc Lavigne, un autre cinéphile, se qualifie comme «un maniaque de films et de télévision», il a seulement eu la chance de voir quatre films de Cinéfest cette année, en raison du fait qu’il devait s’absenter et se rendre en dehors de la ville pour son travail. En parlant de Cinéfest, M. Lavigne a ajouté «on est super chanceux d’avoir ça à Sudbury». Il se promet d’en profiter encore plus l’an prochain et de voir un minimum de deux films par jour pendant tout le festival.
Nos trois cinéphiles ont tous vu le film 125, rue des Malaises, avec en vedette le comédien M. Rémy Girard. Tous ont bien aimé ce film pour sa candeur, son sujet et ses comédiens.