le Lundi 8 juin 2026
le Mercredi 8 mai 2024 16:00 Actualités

Les Zigzags du destin ou la migration du roman à la nouvelle!

L’auteur et professeur émérite Melchior Mbonimpa. — Photo : Courtoisie
L’auteur et professeur émérite Melchior Mbonimpa.
Photo : Courtoisie

L’auteur et professeur émérite canadien d’origine burundaise, Melchior Mbonimpa, présentera son recueil de 13 nouvelles, paru aux Éditions Terre d’Accueil, le 12 mai, à 12 h 30, à la Place des Arts, à l’occasion du Salon du livre du Grand Sudbury.

Les Zigzags du destin ou la migration du roman à la nouvelle!
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Un genre littéraire que l’auteur, qui a enseigné pendant une trentaine d’années au département des sciences religieuses à l’Université de Sudbury, explore pour la première fois. Il a surtout publié des romans et des essais politiques. 

«Un jour, quelqu’un m’a dit, j’aime bien te lire, mais est-ce que tu ne peux pas nous écrire une histoire courte, comme j’ai tendance à publier des romans de 300 pages. C’était il y a vingt ans. J’ai essayé depuis à plusieurs reprises, mais ça n’a jamais fonctionné, car j’avais trouvé cela froid de conclure et mettre un point rapidement», explique l’auteur. 

Mais Melchior Mbonimpa a fini par y arriver. «Tout à coup, j’en ai écrit une et j’ai eu l’impression qu’elle est terminée, que j’ai réussi à y mettre un point final, que je peux commencer une autre. Et puis c’est devenu un plaisir, parce que quand tu écris un roman, tu habites dedans pendant une année ou deux. Mais quand tu écris une nouvelle, c’est plus rapide évidemment», souligne-t-il.  

Une fiction aux intrigues différentes

L’auteur a non seulement réussi à relever le défi, mais il l’a fait treize fois de suite! Les zigzags du destin sont des fictions aux intrigues différentes, mais qui ont pour point commun des personnages qui quittent l’Afrique, en grande partie la région des Grands Lacs, d’où est issu l’auteur. Ils émigrent tous vers des régions différentes du monde, notamment le Canada où Melchior Mbonimpa a atterri en 1987. 

Les destins de ces personnages peuvent ressembler au périple tumultueux mais passionnant de l’auteur, même s’il refuse de croire qu’il fait de l’autofiction. 

«Moi, j’ai eu de la chance, mais tous mes personnages n’ont pas eu une fin heureuse. Ce sont aussi les destins d’autres immigrants comme moi, que j’ai croisés dans la vie», lance-t-il. 

«Les personnages, vous les concevez, vous les portez, vous les mettez au monde exactement comme une femme enfante, c’est comme ça que ça se passe. Mais je me défends, je ne fais pas de l’autofiction, parce que ça me gêne. C’est comme si on me demandait de faire du striptease!», argumente-t-il. 

De nouvelles destinations! 

L’autre nouveauté est que l’auteur a travaillé à élargir ses horizons, pour sortir du face à face entre l’Afrique et les Amériques qui caractérisait jusque-là ses fictions. 

«Quelqu’un m’a dit, mais écoute, les immigrants, ils peuvent immigrer ailleurs, ils peuvent immigrer en Australie, en Europe. Pourquoi c’est toujours au Canada ou aux États-Unis? J’ai entendu ça. Et mes personnages, il y en a qui atterrissent en Europe, en Australie et même en Chine»

— Melchior Mbonimpa

Melchior Mbonimpa, qui avait quitté le Burundi très jeune, craignant pour sa sécurité, en raison de la guerre des castes survenue après l’indépendance du pays, en 1962, a pu maintenir par l’écriture une sorte d’attache avec sa terre de naissance. Maintenant que les choses vont mieux au Burundi, il affirme qu’il a même réussi à construire une maison dans son pays, d’où il vient de rentrer, après quelques mois de voyage. 

L’auteur revient donc avec plusieurs histoires dans son baluchon, dont une qui se déroule exclusivement en Afrique.