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Trois lauréats pour les premiers Prix de reconnaissance de la fierté franco-ontarienne

De gauche à droite: Premkumar Mohana Selvam, Carole Blaquière, Jessica D'Amour-Torrance, Matthew Shoemaker, Jesse Léveillé, Stéphanie Salituri, le 25 septembre 2024 — Photo: Courtoisie de Matthew Shoemaker
De gauche à droite: Premkumar Mohana Selvam, Carole Blaquière, Jessica D'Amour-Torrance, Matthew Shoemaker, Jesse Léveillé, Stéphanie Salituri, le 25 septembre 2024
Photo: Courtoisie de Matthew Shoemaker

Les tous premiers Prix de reconnaissance des bénévoles francophones de l’histoire du Centre francophone de Sault-Ste-Marie sont remis à Jean-Paul Dubreuil, Lise Joyal et Matthew Shoemaker.

Trois lauréats pour les premiers Prix de reconnaissance de la fierté franco-ontarienne
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Le maire Matthew Shoemaker, le 25 septembre 2024

Photo: Courtoisie de Premkumar Mohana Selvam

Une soixantaine de francophones s’est réunie le 22 septembre dernier au restaurant Grand Gardens pour déguster un repas, assister au spectacle du groupe musical Les Rats d’Swompe, et célébrer le Festival de la fierté franco-ontarienne. La présidente du Centre francophone de Sault-Sainte-Marie (CFSSM), Mme Jessica D’Amour-Torrance a invité les membres de la communauté à célébrer les premiers Prix de reconnaissance francophone pour trois personnes exceptionnelles. 

«Depuis l’ouverture du Centre francophone de Sault-Ste-Marie en 1982, plusieurs membres de la communauté francophone ont donné beaucoup à la communauté, que ce soit en étant bénévoles, à titre de représentants francophones, ou en démontrant leur fierté d’une façon ou d’une autre. C’est pourquoi le Centre a décidé de lancer les Prix de reconnaissance francophone», explique-t-elle.

Un homme voulant et aidant 

Le premier prix du Bénévole francophone est offert M. Jean-Paul Dubreuil, un avocat pour les droits des francophones. «Il a vécu et combattu la crise de 1990 et n’a jamais lâché et a continué d’offrir de son temps pour la communauté francophone. Il a fait partie de beaucoup de conseils d’administration, spécifiquement celui du Centre francophone de Sault-Ste-Marie. Si nous avons besoin de son aide ou de son expertise, il est toujours voulant de nous aider», souligne Mme Jessica D’Amour-Torrance.

Jean-Paul Dubreuil est un homme d’une grande capacité de communication et de dévouement pour la communauté non seulement de Sault Ste-Marie, mais aussi de celle de Dubreuilville. Il est le fils du célèbre Napoléon Dubreuil, un des frères qui ont fondé la municipalité de Dubreuilville dans les années 1960. Jean-Paul a travaillé avec sa famille durant des années pour leur compagnie forestière, Dubreuil et Frères Ltd. Cette même famille a été chef de file de l’épanouissement économique du Nord de l’Ontario. En effet, la communauté francophone de Sault-Ste-Marie doit beaucoup à cet homme tenace qui a tenu le coup durant des moments difficiles, notamment dans les années 1980. 

À Sault-Ste-Marie, il y avait des frictions au niveau des Conseils scolaires séparés, surtout pour les familles francophones qui voulaient s’affirmer, des difficultés au niveau des deux paroisses, l’ancienne de Saint-Ignace et la nouvelle de Sainte-Croix, et de graves frictions avec le Maire Joe Fratesi. De plus, au niveau national, un mouvement francophone résistait aux droits linguistiques que les francophones du Nord de l’Ontario revendiquaient. «C’étaient de grandes batailles qui laissaient les Franco-Ontariens à eux-mêmes. Jean-Paul était un défenseur dans ces années difficiles-là et il n’a jamais lâché. Il a continué de s’impliquer et est revenu reprendre le gouvernail du Centre francophone, notamment en 2010».

Il s’est aussi impliqué sur internet durant la pandémie en étant administrateur au conseil du Centre francophone en 2021-2022.  

«Je suis très content d’avoir reçu ce prix. J’ai fait le saut quand j’ai appris la nouvelle», s’exclame-t-il, lors de la soirée de reconnaissance, accompagné de sa femme Pierrette et de sa fille Caroline, à la table du restaurant Grand Gardens où reignait une atmosphère chaleureuse. À l’annonce de la nouvelle, on pouvait sentir l’émotion dans la voix de Mme D’Amour-Torrance. M. Dubreuil qui s’est remis d’une lutte contre la maladie à l’hôpital cet été, s’est avancé pour recevoir le prix de toute une vie et a prononcé ces mots simples et humbles comme à son habitude. «Alors, merci beaucoup de m’avoir choisi. C’est ça qu’y arrive quand on vieillit (rires)– on a fait notre possible,» a-t-il dit.

De gauche à droite: Jean-Paul Dubreuil, Lise Joyal, Jessica D’Amour-Torrance, le 22 septembre 2024

Photo: Isa Michaud

Une femme au service de la commuanuté 

Le deuxième récipiendaire du Bénévole francophone est offert à une personne qui va toujours au-delà pour aider la communauté francophone. Il s’agit de Mme Lise Joyal. Elle a fait partie du Conseil d’administration du Centre francophone de Sault-Sainte-Marie, en tant que présidente et offre toujours de son temps et de ses connaissances pour aider la communauté francophone d’une façon ou d’une autre. «Cette personne a été un atout essentiel à l’organisation et à la préparation de la première édition du Festival Franco-Ontarien et de son 40e anniversaire. Elle est toujours prête à offrir son aide d’une façon ou d’une autre», avait lancé avec émotion, Mme Jessica D’Amour-Torrance. 

Née à Belle Vallée et déménagée à New Liskeard quand elle était en troisième année de l’école élémentaire, Lise Joyal a élevé ses trois filles dans le système scolaire francophone à Sault-Sainte-Marie où elle continue aujourd’hui, avec le soutien de son travail au salon funéraire Arthur Funeral Home – Barton & Kiteley Chapel, d’offrir son temps à la communauté francophone. «C’est grâce au Salon funéraire, c’est rare les employeurs qui nous donnent tout ce temps-là!» a-t-elle ajouté. 

«J’ai été très émue. Je fais ça pour la cause. J’adore faire ce que je fais, mon travail, c’est d’aider les gens», a expliqué Mme Joyal. 

«Je voudrais dire que de recevoir ce prix à côté de M. Dubreuil, c’est un grand honneur. Il m’a toujours supportée, m’a donné des conseils– il a toujours été une source d’énergie positive, il m’a influencée en même temps.  Parce que d’aller au devant des coups, ça le dérangeait pas lui, pour protéger la francophonie de Sault-Ste-Marie,» a-t-elle témoigné. 

Ça ne pouvait être que lui 

Pour finir, Mme D’Amour-Torrance a annoncé le récipiendaire du Prix de l’impact communautaire francophone qui «…a joué un rôle crucial dans la vie des Francophones de la région cette année. Il a écouté nos besoins, nos craintes et nos préoccupations. Il a pris en main la responsabilité de rendre notre communauté franco-ontarienne plus adéquate et plus respectueuse pour nous tous. Il a fait un changement qui sera à jamais gravé dans la mémoire des Franco-Ontariens. Il est toujours prêt à porter la main lors de nos activités et nos festivals, il répond à nos appels, et trouve toujours une façon de rendre nos demandes possibles. Il va au-delà des attentes. C’est pourquoi nous sommes fiers de remettre le prix de l’impact communautaire francophone à nul autre que monsieur le maire, Matthew Shoemaker!». 

M. Shoemaker a reçu son prix lors du lever du drapeau franco-ontarien, au Centre civique, le 25 septembre devant une audience composée d’une centaine de membres de la communauté et des élèves et enseignants et enseignantes de l’École Écho-des-Rapides. «C’était un moment très touchant de recevoir ce Prix de reconnaissance de l’impact francophone. Je pense avoir pu communiquer que la blessure n’était pas encore guérie pour la communauté. C’était quelque chose d’évident pour moi», a-t-il soutenu.  

Et de poursuivre : «Le maire Rowswell avait fait ses excuses en 2010, mais il n’avait pas le soutien du Conseil municipal à ce moment-là. J’ai voulu m’assurer qu’on ait l’appui de tout le conseil, que cette décision soit unanime, pour mettre en place notre résolution des services en français». 

Matthew Shoemaker est très conscient des séquelles qu’ont laissé la crise linguistique des années 1990. Non seulement pour la communauté francophone, mais aussi pour la croissance de la municipalité comme telle. «Cette crise avait laissé une blessure grave pour notre communauté, pour que les gens se sentent confortables ici, au lieu d’aller à Elliot Lake, à Blind River ou à Sudbury. C’était une erreur qu’on devait rectifier. Je crois que nous ne sommes plus la même ville aujourd’hui qu’en 1990» a-t-il conclu.