Des sept candidats, dont l’ACFO avait les coordonnées, trois ont cru bon de répondre aux questions de l’ACFO, soit Viviane Lapointe, candidate du Parti libéral, Nadia Verrelli, du Parti néo-démocrate, de Sudbury, et Marc G. Serré, candidat libéral de Sudbury Est-Manitoulin-Nickel Belt.
La première question portait sur les moyens que les candidates et candidats allaient prendre pour que l’on reconnaisse le rôle essentiel que les organismes communautaires jouent dans le développement d’une communauté en situation minoritaire dans tous les secteurs de l’économie et comment ils et elles allaient assurer le renforcement de leurs capacités.
Selon Viviane Lapointe, le gouvernement libéral a toujours reconnu le rôle essentiel des organismes communautaires dans le développement des communautés en situation minoritaire et il continuera de le faire. Quant à Nadia Verrelli, elle s’est dite prête à soutenir la disposition de fonds, ainsi que de subventions salariales, afin de donner aux organisations la possibilité de se développer et de croître. Avec ce soutien financier, les organisations, qui sont essentiellement communautaires et meublées par des bénévoles, devraient être capables d’établir une plus grande présence qui serait bénéfique pour tous.
Pour Marc Serré, il reconnaîtrait le rôle stratégique de ces organismes dans tous les secteurs, car ils sont des piliers du développement économique, social, culturel et linguistique. Il s’engage à inclure systématiquement les organismes communautaires dans les consultations liées aux politiques publiques relatives à l’emploi, la culture, la santé, le logement et l’immigration. Il veut aussi valoriser leur expertise dans la planification régionale et les investissements économiques.
M. Serré s’engage de plus à augmenter le financement de base pluriannuel par le biais du Plan d’action pour les langues officielles, ainsi que de créer des fonds ciblés pour le renforcement des capacités dans les domaines de la gestion, de la technologie, de la gouvernance et des ressources humaines. Afin de favoriser l’innovation et le développement local, il a l’intention de soutenir les projets d’économie sociale et les entreprises communautaires, appuyer les initiatives pour les jeunes et favoriser l’accès à des programmes fédéraux comme FedNor, le Fonds de croissance du Canada ou les initiatives vertes. Enfin, il s’engage à renforcer la collaboration entre les divers paliers de gouvernement dans le but d’inclure les organismes communautaires.
Postsecondaire en français
La deuxième question posée par l’ACFO portait sur l’Université de l’Ontario français au Moyen-Nord. Mme Lapointe affirme que la gestion par, pour et avec la communauté est essentielle dans une offre adaptée de programmes d’éducation postsecondaire en français. Le gouvernement libéral a soutenu la création de l’Université de l’Ontario français et, en 2022, a octroyé une somme de 2 millions $ à l’Université de Sudbury. Il a de plus octroyé plus de 5 millions $ au Collège Boréal pour le développement de baccalauréats en français dans le Nord de l’Ontario.
Mme Verrelli reconnaît qu’à la suite de l’insolvabilité de l’Université Laurentienne et ses conséquences pour l’Université de Sudbury, le secteur universitaire francophone dans le cœur de l’Ontario français est vulnérable et faible. il faut un effort déterminé pour construire une Université de l’Ontario français au Moyen-Nord autonome, qui est semblable aux autres efforts communautaires comme l’École d’architecture et la Place des Arts.
M. Serré, pour sa part, s’engage à défendre l’éducation postsecondaire par et pour la communauté en appuyant une gouvernance autonome de l’éducation universitaire en français, enracinée dans les besoins et les aspirations de la communauté franco-ontarienne. Il veut aussi travailler avec des partenaires pour renforcer l’Université de Sudbury comme université francophone indépendante. Il s’engage aussi à exiger un financement fédéral durable et adapté ainsi qu’à appuyer des ententes de financement pluriannuelles pour assurer la stabilité des institutions comme l’Université de Sudbury, l’Université de Hearst et le Collège Boréal. Il veut aussi promouvoir l’éducation francophone comme un levier de rétention et d’immigration car l’éducation en français constitue une question de justice linguistique, d’égalité d’accès et de survie culturelle.
Immigration francophone
Enfin, l’ACFO a demandé ce que les candidates et les candidats allaient faire pour assurer que le gouvernement rencontre ses cibles d’immigration francophone hors Québec et aussi pour faire en sorte que le Nord de l’Ontario soit un pôle d’attraction pour les nouveaux arrivants francophones.
La candidate néo-démocrate répond que le NPD se concentre sur le maintien de la force régionale par l’investissement dans les infrastructures et le soutien pour les services du gouvernement sur le terrain, ainsi que sur la création de bons emplois pour les Sudburois et pour ceux qui veulent s’installer ici.
Mme Lapointe précise que le gouvernement libéral a lancé deux nouvelles initiatives en 2024, soit le Programme pilote d’immigration dans les communautés rurales et le Programme pilote d’immigration dans les communautés francophones. Elle rappelle qu’en plus de son statut de communauté accueillante, Sudbury compte parmi les six collectivités qui bénéficient du programme francophone et que, de plus, la moitié des communautés retenues pour ce programme pilote en français sont situées dans le Nord de l’Ontario. Un nouveau gouvernement libéral construira 500 000 logements par année grâce à des investissements de 25 milliards de dollars et la création de Maison Canada.
M. Serré s’engage pour sa part à renforcer les services d’accueil en français dans le Nord de l’Ontario, valoriser les régions comme choix de destination, faciliter les voies d’immigration francophone économique, ainsi que protéger les institutions et les milieux de vie en français. Selon le candidat libéral de Sudbury Est-Manitoulin-Nickel Belt, il faut plus qu’attirer; il faut retenir. Et pour ça, il est nécessaire de bâtir un milieu de vie accueillant et francophone.