Une langue n’est pas seulement un moyen de communication, mais c’est aussi une identité, un lien social partagé et une culture qui nous permet de se rassembler et créer un sentiment d’appartenance. Qu’arrive-t-il lorsque ce lien disparait?
Le Canada est un pays connu pour sa population francophone. Cependant, celle-ci s’efface avec le temps. Selon Statistique Canada, au Québec, 84,1% de la population est francophone et 46,4% est bilingue. En Ontario, 3,8% de la population parle seulement le français et 10,8% est bilingue. Il y a une grosse différence entre les provinces, mais en général, le nombre de gens qui parlent le français en Ontario diminue et c’est le problème que nous devons résoudre. La francophonie a une place très importante au Canada et il faut faire de notre mieux pour la sauver et maintenir notre identité franco-ontarienne. Il faut modifier nos habitudes langagières dès la petite enfance en passant par le système éducatif et les médias, afin de protéger notre identité en tant que Franco-Ontariens.
Télé pour enfants et les médias
L’anglais est très présent dans les médias, les milieux professionnels, les écoles, les institutions, etc. Habituellement, une langue est apprise pendant l’enfance. Cependant, le manque d’utilisation de la langue française autour de nous est de plus en plus évident, menant les futures générations à perdre cette appartenance à la culture franco-ontarienne.
Prenons les séries télé comme exemple; ce passe-temps permet à un enfant de se familiariser avec différents accents, d’analyser les expressions, le langage corporel et la gestuelle de différentes cultures. Ceci fait en sorte que les enfants comprennent les situations de la vie quotidienne. De cette façon, les enfants seront beaucoup plus intéressés d’apprendre une langue que s’ils l’apprenaient dans un contexte pédagogique suivant un curriculum.
Cependant, il existe aussi des aspects négatifs des médias et de la télévision pour les enfants. Selon Réseau Canopé, l’utilisation des écrans a un impact néfaste sur le développement des enfants, ce qui apporte des préoccupations ennuyantes chez les enseignants et les parents. Ainsi, apprendre de cette manière n’est pas aussi «facile» qu’il n’y paraît, car il y a aussi des inconvénients à prendre en compte. Statistique Canada (2001) remarque que la télévision est l’un des médias ayant le plus d’influence dans la vie des enfants et que la majorité regardent la télévision pour une moyenne de 15 heures par semaine. Alors, les enfants préscolaires sont plus susceptibles de développer des tendances qui vont nuire à leur éducation de langue française lorsqu’ils et elles débutent l’école.
Apprendre une langue en visionnant la télévision offre un stimulant, ce qui donne une façon plus amusante d’apprendre une nouvelle langue. Pour renforcer l’utilisation de la langue française, les producteurs d’émissions de télévision, plus spécifiquement pour les enfants, doivent intégrer plus d’émissions en français. Pour assurer une meilleure intégration du français, il est essentiel que les parents jouent également un rôle actif, en encourageant leurs enfants à utiliser cette langue au quotidien. Toutefois, l’influence de la télévision et des médias ne suffit pas à elle seule : le système éducatif joue également un rôle clé.
Les écoles et le postsecondaire
Par ailleurs, plusieurs écoles bilingues réduisent progressivement leurs programmes offerts en français, limitant les occasions pour les élèves de pratiquer la langue. Dans un article de Radio-Canada, les journalistes écrivent que la diminution des demandes d’admission ne surprend pas le directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO). «Il affirme qu’en plus des nombreux programmes en français qui ont été supprimés, ceux qui existent encore ont une offre de choix de cours moins intéressante.» Les étudiants n’ont plus confiance en cette institution pour défendre la vitalité franco-ontarienne. Il y a une profonde perte de professeurs et d’experts, mais aussi une diminution de jeunes francophones qui poursuivent leurs études en français au postsecondaire.
Nombreux témoignages auprès des élèves et des parents démontrent une insatisfaction concernant les programmes d’immersion française. Ils disent qu’il y a un manque de ressources, ce qui oblige les parents à chercher de l’aide à l’externe. Plusieurs élèves abandonnent ces programmes en raison d’un manque d’application concret, ce qui diminue l’engagement envers la langue et la culture francophone.
Comment protéger la langue et son futur?
Pour conclure, il est crucial que les parents, les médias et les institutions éducatives collaborent afin de créer un environnement propice à l’apprentissage du français et d’offrir les outils nécessaires aux jeunes pour préserver et enrichir cette langue dans leur quotidien.
Cependant, il est possible de faire une différence avec un engagement collectif. Le gouvernement doit renforcer les politiques linguistiques, en aidant les écoles francophones et la production de contenu médiatique en français. Les communautés doivent aussi contribuer et jouer un rôle actif, en valorisant la culture francophone lors des événements et des festivals.
Chaque geste compte. Parler en français à la maison, privilégier les médias francophones et encourager les adolescents à poursuivre leurs études en français peuvent aider.
L’avenir de la langue française en Ontario dépend de notre engagement à la valoriser, à la maitriser, à la transmettre avec fierté et à le défendre face aux défis de l’assimilation. Protéger le français, c’est préserver notre identité.