le Samedi 6 juin 2026
le Mercredi 4 juin 2025 11:00 International

Quel avenir pour le droit international ?

  Photo: Shutterstock
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L’horreur qui se déroule à Gaza, sous les yeux du monde entier, met les pays occidentaux face à un exercice de vérité : affirmer ou renier leurs propres idéaux, à savoir les droits humains fondamentaux. 

Quel avenir pour le droit international ?
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Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les vainqueurs, donc les Alliés, avaient imaginé des institutions internationales capables d’immuniser le monde contre la loi de la jungle, c’est-à-dire la loi du plus fort. 

La Shoah, la tentative d’extermination du peuple juif par l’Allemagne nazie, représentait une cicatrice hideuse sur la face du monde. Bien des pays européens avaient fermé les yeux quand ils n’avaient pas participé au peuplement des camps de concentration, pour se mettre dans les bonnes grâces de l’homme fort du moment : le sinistre Adolf Hitler. 

Le monde ne pouvait plus se permettre de revivre la même horreur, la même honte, au risque de ne plus pouvoir se regarder en face. Surtout que la guerre venait d’accoucher d’un bilan macabre : entre 50 et 60 millions de morts. À cela s’ajoutaient 30 millions d’européens déplacés. Pendant ce temps, les régimes de colonisation et d’esclavagisme tentaient de se maintenir aux moyens de répressions sanglantes, face aux mouvements et aux luttes de libération. 

Dans ce contexte, la naissance de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 1945, puis l’adoption par son Assemblée générale de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, redonnaient espoir. Un monde civilisé, capable de vivre en paix et de régler ses désaccords en ayant pour arbitre le droit international était devenu envisageable. L’ONU le définit ainsi : «Le droit international relatif aux droits humains énonce les obligations des États de protéger les droits et les libertés des individus et groupes d’individus». 

L’organisation chargée de maintenir la paix et la sécurité internationales détermine aussi les droits humains de la sorte : «(Ils) sont les droits inaliénables de tous les êtres humains, sans distinction aucune, notamment de race, de sexe, de nationalité, d’origine ethnique, de langue, de religion ou de toute autre situation. Les droits humains incluent le droit à la vie et à la liberté. Ils impliquent que nul ne sera tenu en esclavage, que nul ne sera soumis à la torture (…)».

Le 24 octobre prochain, l’ONU fêtera les 80 ans de son institution. Le monde n’est-il pas censé avoir évolué depuis? Si les images de bombardements et de soumission des enfants palestiniens à la famine étaient tournées en noir et blanc, on se croirait encore à l’époque du génocide. C’est-à-dire pas encore réveillés du cauchemar de la Seconde Guerre mondiale. 

Et tout cela au nom de quoi? Neutraliser les islamistes du Hamas, selon le gouvernement Netanyahou. C’est pourtant le même gouvernement israélien qui escortait, de ses blindés, les camions transportant des liasses de billets d’argent que le Qatar expédiait aux chefs du Hamas à Gaza, via la frontière avec la Jordanie, pour la gouvernance de la cité.  

Des décideurs israéliens avait misé, depuis la fin des années 1980, sur le mouvement islamiste Hamas, pour casser toute union nationale palestinienne. Ils ont même fini par céder au Hamas l’administration de Gaza pour affaiblir l’Autorité Palestinienne, dans le but de faire échouer la solution à deux États : Israël-Palestine.  

L’attaque meurtrière du 7 octobre 2023 n’aurait pas eu lieu si la droite israélienne n’avait pas nourri la bête à dessein. S’il est vrai que seuls des civils, des familles, des femmes et des enfants en souffrent côté israélien comme côté palestinien, et à des degrés différents, la situation semble par contre profiter au gouvernement Netenyahou. 

L’ONU ne pourra pas se permettre de célébrer fièrement ses 80 ans, si quelque part sur la planète l’aide humanitaire est empêchée de parvenir aux enfants. Si cela continue, le monde cessera d’avoir foi en le droit international. La morale ne sera plus qu’un piètre mot.