Une semaine chargée d’événements pour la semaine nationale de l’immigration francophone (SNIF) à Sault-Sainte-Marie mêlant réseautage, vidéos, foire du livre, et magasinage au festival d’artisanat du musée Bushplane.
Trois capsules vidéo
La semaine a débuté le 2 novembre avec la diffusion de trois capsules vidéo relatant les témoignages de nouveaux arrivants: Premkumar Mohana Selvam, Vejita Ramoogur, et Leman Souleyman. Ces capsules ont été filmées avec l’assistance de Dania Kuzbari, une bénévole franco-canadienne qui s’implique sans relâche depuis plus de quinze ans à l’intégration des nouveaux arrivants à Sault-Ste-Marie.
Les enjeux de l’immigration à Sault-Ste-Marie
Se trouver de l’emploi, se faire des amis, et s’orienter quand on ne connait personne peut être un enjeu difficile à surmonter. «Ça fait cinq ans que j’habite ici au Canada. Il y a trois ans, j’ai commencé à apprendre le français et maintenant je travaille comme coordonnateur du marketing au Centre d’éducation et formation pour adultes, ici à Sault-Sainte-Marie,» relate Premkumar Mohana Selvam, originaire de l’Inde. «Lorsque je me sens seul, que je déprime un peu, je vais marcher près de l’eau. La ville de Sault-Sainte-Marie est entourée de rivières. Ça me donne toujours de la paix et de l’harmonie», confie-t-il.
Et d’ajouter : «C’est une petite communauté francophone ici mais on est bien soudés. La communauté francophone m’a bien accueilli et ça me donne l’envie de rester ici. J’ai assisté à un événement il y a trois ans, à la foire du livre au CÉFA, et là-bas j’ai rencontré Isabelle et Dania qui m’ont donné des livres. Je leur dois beaucoup».
Vejita Ramoogur, qui est originaire de l’île Maurice, est arrivée il y a deux ans. «Je suis soutien commis administrative bilingue et je travaille à présent au gouvernement du Canada depuis deux ans.» Pour elle, l’enjeu le plus difficile à surmonter est l’hiver. «Au nord de l’Ontario, il faut être bien équipé avec tous les vêtements nécessaires pour s’attaquer à l’hiver, parce qu’il fait tellement froid. Et deuxièmement, le marché du travail, il faut se débattre et recommencer à zéro, mais il y a des institutions qui peuvent vous aider à faire votre cv du style canadien», explique Mme Ramoogur.
Pour Leman Souleyman, qui est arrivé en tant que réfugié à Sault-Sainte-Marie il y a 14 mois, c’est comme si «tu arrives dans un nouvel endroit et il n’y a personne, tu ne te sens pas au milieu des gens», dit-il. Après quelques mois, il a commencé à mieux se sentir et à rencontrer des Francophones. «Il faut que tu sortes et que tu fasses des recherches. J’ai pu rencontrer des gens qui sont gentils et qui m’ont montré de l’amour,» témoigne-t-il.
Rencontres de réseautage
La communauté francophone de Sault-Sainte-Marie, en collaboration avec Aziz Kallel, agent de développement socio-économique au Réseau du Nord, a organisé quatre activités pour la semaine de l’immigration francophone (SNIF.) Plusieurs organismes francophones dont le Centre d’éducation et formation pour adultes (CÉFA), le Réseau du Nord, le Programme pilote d’immigration dans les communautés francophones (PPICF) – Supérieur-Est, ainsi que le Sault Community Career Centre se sont réunis le 6 novembre à une rencontre de réseautage en ligne pour accueillir les nouveaux arrivants intéressés à s’informer sur la vie au nord de l’Ontario. M. Stéphane Dufour (PPICF) et Mme Dania Kuzbari ont animé une conversation sur les services pour les nouveaux arrivants dans la région d’Algoma. Puis le vendredi 7 novembre, une foire du livre a accueilli une vingtaine de membres de la communauté francophone et nouvelle-arrivante pour échanger et choisir quelques livres en français au CÉFA. «La communauté nous a donné beaucoup de livres, presqu’une centaine de livres de toutes sortes d’auteurs allant de Voltaire à Jean-Marc Dalpé! Cette année, nous avons créé une table d’auteurs franco-ontariens,» relate Tiziana Principe, directrice au CÉFA. «Nos apprenants apprécient beaucoup les livres en français dans leur apprentissage», ajoute-t-elle.
Carole Blaquière, coordonnatrice du Centre francophone de Sault-Sainte-Marie (CFSSM), a dirigé une promenade au musée des avions de brousse, le Canadian Bushplane Heritage Centre. L’objectif était de faire du réseautage pour le plaisir et le divertissement des nouveaux et nouvelles arrivantᐧes. La journée d’activités du 8 novembre s’est enfin terminée avec une rencontre conviviale à la brasserie Tap Room. Selon M. Kallel, la ville de Sault-Sainte-Marie bénéficierait d’un centre d’accueil offrant des services en français puisqu’elle est limitrophe aux États-Unis. «Ce qui distingue Sault-Sainte-Marie par rapport aux autres endroits du Nord de l’Ontario, c’est sur la frontière des États-Unis, ça a son propre charme et en avion c’est assez proche des autres villes. Il y a quand même une petite communauté francophone, c’est pas vide, on est pas à zéro», soutient-il.