le Jeudi 4 juin 2026
le Jeudi 5 mars 2026 13:00 La Voyageuse

Rachel Desaulniers, une créatrice-née !

Rachel Desaulniers. — Photo : Courtoisie
Rachel Desaulniers.
Photo : Courtoisie

Rachel Desaulniers est une créatrice-née. Que ce soit comme écrivaine d’articles, de livres et de pièces de théâtre pour enfants, ou réalisatrice de reportage, de documentaires, de vidéos ou encore animatrice à la radio de Radio-Canada et à la télé de TFO, Rachel a passé le trois-quarts de sa vie à créer.

Rachel Desaulniers, une créatrice-née !
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«Le plaisir que je tire de la communication et de la création, c’est d’être capable de rendre concrets des concepts abstraits, des idées, des instincts», a-t-elle avoué dans une entrevue au Voyageur

«Ça devient un produit que je partage avec d’autres. Dans ce travail de création, tu invites une personne à entrer dans ton imaginaire». C’est ainsi qu’à partir de jouer avec des poupées en compagnie de sa jeune nièce, elle a écrit le livre pour enfants La Laineuse. «C’est cette chaîne de production qui est le plaisir ultime de créer et d’inventer des choses.»

Née à Rouyn-Noranda, en Abitibi, Rachel s’est retrouvée à Sudbury à l’âge de cinq ans, lorsque son père a obtenu un emploi dans les mines de la région. Sa mère, qui aura bientôt 95 ans, a élevé cinq enfants, dont quatre filles et un garçon.

Au commencement était la troupe Les Draveurs 

Son amour pour la création, elle l’a d’abord vécu avec la troupe de théâtre Les Draveurs de Hélène Gravel, à l’école secondaire Macdonald-Cartier, ainsi que comme correspondante de son école au poste de radio CBON, à Sudbury. «J’étais relativement jeune à 17-18 ans, que déjà j’aimais traîner dans les studios et j’aimais beaucoup ça». Il était donc tout naturel qu’elle étudie la communication à l’Université d’Ottawa pendant un an, avant de se déplacer au Collège Algonquin d’Ottawa et ensuite obtenir son baccalauréat en lettres françaises à l’Université Laurentienne. «Je voulais ainsi combiner mes deux formations, soit le côté technique au Collège Algonquin et le côté académique en écriture.»

Au niveau de l’écriture, elle a rédigé un chapitre du livre Presse écrite et action citoyenne qui porte sur l’historique du Voyageur, un livre pour enfants, les pièces de théâtre pour enfants Ti-Jean et Le nénuphar de la destinée, en plus d’être co-auteure des pièces de théâtre pour enfants L’Utoupie et Les p’tits pouvoirs. En ce qui a trait à la réalisation, elle a effectué le reportage Cano à contre-courant, les documentaires Montfort : chronologie d’une lutte et La Nuit sur l’étang fête ses 25 ans, Le Fondateur, la vie et l’œuvre du Père Germain Lemieux, s.j., Hélène…avant qui retrace les origines de la femme de théâtre Hélène Gravel, la vidéo L’Héritage et 10 vidéos promotionnelles sur le tourisme dans le Nord de l’Ontario. Au cours de sa carrière de 23 ans à la Société Radio-Canada, elle a travaillé dans les stations de Sudbury, Ottawa et Winnipeg.

Un penchant pour la radio 

Rachel a aussi eu la chance de travailler brièvement au poste de radio CFBR avec Robert Perrault et Gilles Lafortune. «Ça a été très agréable. C’étaient des gens avec sympathie, la communauté à cœur, très engagés. Donc, j’ai eu l’impression que ça allait être ma vie». De plus, elle a travaillé comme journaliste au Voyageur.

Elle se dit fille de production plus que journaliste, bien qu’elle ait apprécié ce métier. Elle a travaillé à la télévision de TFO à l’émission Panorama où elle a eu la chance de couvrir SOS Montfort, cette période où une partie de la société franco-ontarienne s’est soulevée, à la fin des années 1990, pour sauver l’hôpital Montfort d’Ottawa. «Ça m’a vraiment aidé à former mon idée politique de ce qu’est un Franco-Ontarien». Rachel a eu l’occasion de réaliser une émission au sujet du groupe CANO, dans le cadre de l’émission Tout le monde en parlait, qui était un retour sur des événements historiques. «Au cours des 10 ans de cette émission, le documentaire au sujet de CANO a obtenu la troisième plus haute cote d’écoute».

De tous les médias où elle a travaillé, Rachel dit avoir préféré la radio. «J’aime la radio pour sa spontanéité et sa proximité avec l’auditeur. La radio, c’est le choix de ton vocabulaire, la rapidité de ton débit, le ton de ta voix et l’énergie que tu mets dans la voix. Je suis très consciente de tout ça».

Rachel trouve qu’il y a une chose particulière à faire du journalisme dans un milieu minoritaire. «C’est le défi de la proximité de la communauté, car, d’un côté, tu es témoin de l’actualité qui touche la communauté dont tu fais partie, et, de l’autre, c’est de faire partie de cette communauté tout en demeurant objectif et en gardant une certaine distance face à cette communauté. Ce qui oblige souvent le journaliste à refuser de faire partie d’organismes communautaires».

Des projets à venir… 

Bien qu’à la retraite, Rachel poursuit toujours des projets. En novembre dernier, elle et Stéphane Gauthier, le directeur général du Carrefour francophone, ont fait une excellente présentation au sujet de l’auteur franco-ontarien Jean-Éthier Blais, lors de l’Assemblée annuelle des membres de la Société historique du Nouvel-Ontario (SHNO). De plus, elle s’affaire à produire un genre de podcast au sujet de Yvonne Charrette-Lemieux, la conjointe de Camille Lemieux, fondateur de l’hebdomadaire L’Ami du peuple. «C’est elle qui a hérité du journal, de l’imprimerie et de la librairie Loisirs en 1955, lors du décès de son époux. Elle a tenu pendant 13 ans, jusqu’en 1968, mais personne ne parle d’Yvonne. Pour moi, c’est vraiment une pionnière, mais personne ne la connaît». Pour réaliser ce podcast, elle a été en contact avec ses enfants, elle a effectué des recherches, des interviews et des fouilles dans le journal.

Rachel nourrit d’autres projets. Comme quoi, une créatrice-née ne s’arrête pas aussi longtemps que l’imagination est à l’œuvre.