Originaire du Cameroun, en Afrique, elle est arrivée au Canada habitée par le désir de changer les choses. Elle y a découvert un univers de possibilités insoupçonnées, particulièrement dans le Nord de l’Ontario, une région qui lui a ouvert les bras et où elle a choisi de laisser sa marque. Portée par un sentiment d’appartenance profond et par la bienveillance de la communauté francophone, Babeth Kagwe s’est donné pour mission de valoriser cet espace commun.
Pour Babeth Kagwe, son identité de femme, de mère et d’épouse est une véritable plus-value qui infuse son style de leadership. Elle définit son approche par la résilience, l’écoute et une patience infinie, des qualités qu’elle utilise pour appuyer ceux qui l’entourent. Cette résilience n’est pas théorique : elle s’est construite dans la douleur d’une séparation de cinq ans avec son fils, resté au pays alors qu’il n’avait que trois ans, pendant qu’elle s’établissait seule comme étudiante dans la zone, certes chaleureuse et accueillante, mais isolée. «J’ai dû forger ce caractère que je ne connaissais pas pour aboutir à mon projet de faire venir ma famille», confie-t-elle.
Aujourd’hui, dans son milieu de travail, elle ne voit pas de défis insurmontables liés à son genre. Au contraire, elle observe que le secteur de l’éducation a su mettre en place les ressources nécessaires pour promouvoir l’équilibre. Elle note d’ailleurs un changement de paradigme stimulant : en salle de classe, les jeunes filles font preuve d’une belle autonomie et d’une bonne compétence.
Son message pour la Journée internationale de la femme 2026 est un appel à l’action : «La femme doit continuer de prendre sa place. Elle doit oser». Si les rôles de mère et d’épouse sont honorables, Babeth Kagwe milite pour que les femmes investissent davantage les sphères économiques et politiques pour impacter durablement la société.