le Dimanche 19 juillet 2026
le Vendredi 3 avril 2026 16:03 Francophonie

Drapeau franco-ontarien : un rêve qui touche le ciel 50 ans après à North Bay !

Nathalie Dupuis, fille de Michel Dupuis, co-créateur du drapeau franco-ontarien, et le maire Peter Chirico hissant le drapeau.  — Photo : Joël Ducharme
Nathalie Dupuis, fille de Michel Dupuis, co-créateur du drapeau franco-ontarien, et le maire Peter Chirico hissant le drapeau.
Photo : Joël Ducharme

Les Franco-Ontariens de North Bay y ont cru jusqu’au bout, et leurs espoirs ne se sont pas avérés vains. Leur rêve touche enfin le ciel : le drapeau franco-ontarien a désormais un mât permanent devant l’hôtel de ville. Un moment historique.

Drapeau franco-ontarien : un rêve qui touche le ciel 50 ans après à North Bay !
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La jeune chorale interprétant la chanson mon beau drapeau. 

Photo : Joël Ducharme

Le conseil municipal de North Bay avait approuvé, le 8 juillet 2025, une résolution accordant un statut permanent au drapeau franco-ontarien. Il ne restait alors plus qu’à commander le mât destiné à porter cet emblème cher à la francophonie ontarienne et à attendre sa livraison.

C’est ainsi qu’une foule nombreuse, composée de citoyens et de dignitaires, s’est rassemblée le lundi 23 mars 2026 devant l’hôtel de ville. Nathalie Dupuis, fille de Michel Dupuis, co-créateur du drapeau franco-ontarien, ainsi que le maire Peter Chirico, ont hissé le drapeau, accompagnés par une jeune chorale interprétant le chant Mon beau drapeau.

Nathalie Drolet, présidente des Compagnons des francs loisirs.

Photo : Joël Ducharme

Pour plusieurs acteurs communautaires, cet aboutissement est le résultat d’un travail de longue haleine, puisque plusieurs demandes avaient été introduites par le passé, sans connaître un aboutissement. «Ça fait longtemps que la communauté attend ce moment. Il y a eu des démarches dans le passé qui n’avaient pas abouti. Puis, après la pandémie, on a repris le travail pendant plusieurs mois avec le conseil municipal et nos partenaires. Aujourd’hui, c’est le fruit de tous ces efforts», souligne Nathalie Drolet, présidente des Compagnons des francs loisirs.

Elle insiste également sur la portée du geste : «Le fait que le drapeau flotte de façon permanente envoie un message que la communauté est inclusive et que la francophonie est vivante. Pour les nouveaux arrivants francophones, c’est un symbole d’accueil.» Elle rappelle enfin le caractère collectif de cette réalisation : «C’est un effort collectif, avec l’appui de partenaires, d’organismes et du conseil municipal.»

Anne Brûlé et Arnaud Claude de la direction des Compagnons des francs loisirs .

Photo : Joël Ducharme

Même constat du côté d’Arnaud Claude, directeur général de l’organisme, qui voit dans cet événement l’aboutissement d’un engagement intergénérationnel. «Ce drapeau représente le travail de dizaines, voire de centaines de membres de conseils d’administration et d’employés qui, au fil des années, ont contribué à faire vivre la francophonie.»

Selon lui, la visibilité du symbole est essentielle : «Un drapeau, c’est ce qu’on y met. Lorsqu’il est visible, chacun peut y projeter une intention, une culture, une langue. C’est un rappel de ce que signifie vivre en français ici.»

Pour Anne Brûlé, directrice adjointe au secteur culturel des Compagnons des francs loisirs, cette reconnaissance s’inscrit dans une démarche de sensibilisation plus large. «On a voulu profiter du cinquantième anniversaire et du contexte actuel pour amener ce projet. C’était le bon moment.»

Elle espère que cette visibilité accrue aura des effets concrets : «Il y a encore peu de présence du français dans l’espace public. En multipliant les symboles, on peut encourager l’usage de la langue et susciter un sentiment d’appartenance, notamment chez les jeunes.» Elle souligne aussi l’importance du drapeau comme outil de dialogue : «Cela ouvre des discussions, y compris avec des anglophones, sur l’histoire et la réalité des francophones.»

Le maire de North Bay, Peter Chirico.

Photo : Joël Ducharme

Du côté des élus, le maire de North Bay, Peter Chirico, parle d’un moment marquant pour la municipalité. «C’est un moment historique pour la Ville de North Bay et pour la francophonie ontarienne. Les francophones contribuent activement à la vie socioéconomique et culturelle de la ville. Je suis très heureux de voir le drapeau hissé de façon permanente devant l’hôtel de ville.»

 

Les députés Pauline Rochefort et Guillaume Deschênes-Thériault.

Photo : Joël Ducharme

La députée de Nipissing—Timiskaming, Pauline Rochefort, a également tenu à souligner l’émotion de la soirée. «Je suis très fière. C’était un moment touchant, avec une forte participation de la communauté. Je félicite le maire pour son rôle clé dans cette réalisation.»

Présent pour l’occasion, le député de Madawaska—Restigouche, Guillaume Deschênes-Thériault, a replacé l’événement dans un contexte plus large. «Ce moment reflète l’importance de la francophonie à travers le pays. Nous avons des communautés dynamiques d’un bout à l’autre du Canada, et ce qui se passe ici à North Bay en est un exemple.»

Fabien Hébert, président de l’AFO.

Photo : Joël Ducharme

Pour Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, la portée est claire : «C’est une journée attendue depuis longtemps. Cela envoie un signal que la communauté est reconnue et accueillie. C’est un atout pour toute municipalité.»

Natalie Dupuis, la fille du co-créateur du drapeau franco-ontarien, Michel Dupuis, accompagnée de ses deux filles.

Photo : Joël Ducharme

Enfin, pour Nathalie Dupuis, qui a participé à la levée du drapeau, le moment est aussi personnel. «Je ressens de la fierté, de la joie et beaucoup d’émotion. Mon père aurait été très heureux de voir cela.»

Elle y voit également une reconnaissance officielle : «On a toujours eu notre place, mais aujourd’hui, elle est visible et reconnue à l’hôtel de ville.»