C’est ce qu’ont révélé au Voyageur le directeur artistique de cette exposition, M. Nicholas Dupuis, et son adjointe, Isabelle Ratté, tous deux artistes multidisciplinaires.
«L’idée c’était de représenter un peu le rêve sur la montagne qui vient du père Régimbal», a souligné M. Dupuis. «Ça vient aussi des mots qu’il a prononcés dans des discours ou qu’il a écrits dans des articles, soit cette idée d’un rêve un peu fou d’avoir une place, une immense salle de spectacle pour les francophones. Le père Régimbal, c’était un utopiste. On a voulu célébrer un peu cette démesure-là. C’est comme si cette démesure avait pris son envol et monté vers les cimes du troisième étage de la Place des Arts».
Pour sa part, Isabelle Ratté affirme que «lorsqu’on m’a présenté ce projet-là, je me suis dit oui, j’embarque. Autant j’ai été silencieuse quand on me l’a présenté, autant j’ai commencé à rouler là-dessus. Déjà je voyais des affaires dans ma tête. À partir de là, j’ai fait des recherches, puis on a construit de la démesure». Responsable de la confection des gigantesques sculptures, Isabelle a passé quatre mois à les produire dans le sous-sol du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGR).
Les artistes Isabelle Ratté et Nicholas Dupuis sous la sculpture du père Albert Régimbal.
Deux autres artistes se sont jointes à Nicholas et Isabelle pour compléter l’exposition, soit Diane Labelle et Julie Courtemanche. Cette dernière était responsable des œuvres exposées au deuxième étage de la Place des arts, des œuvres qui représentaient en grande partie la période de la Place St-Joseph de 1980 à 2005. Diane Labelle, avec l’aide de ses élèves du Collège Notre-Dame de Sudbury, s’est occupée des travaux du troisième étage «parce que c’était l’avenir», a précisé Nicholas Dupuis.
Isabelle et Nicholas avouent avoir souvent discuté à savoir s’il y avait trop de projets en marche. «Moi, je disais on arrête, il y en a trop, mais Nicholas disait non et il avait raison», admet Isabelle. Pour sa part, Nicholas précise que meubler trois étages d’œuvres artistiques, ce n’est pas évident. «Moi, je disais plus gros, encore plus. Vas-y, on rajoute que ce soient des pieds, la tête, le corps. Moi, j’avais déjà vu que les sculptures devaient toucher le plafond du premier étage».
Toutefois, lorsqu’est venu le temps de déménager ces sculptures du Centre de santé communautaire à la Place des Arts, on s’est rendu compte que la tête de celle du père Régimbal ne passait pas. Il a donc fallu la couper en deux et ensuite la coller une fois rendu à la Place des arts.
Les employé.e.s du Carrefour francophone ont prêté main forte aux artistes.
Le matériel pour confectionner les sculptures et les autres œuvres, ce sont les employé.e.s du Carrefour francophone, des garderies et de l’administration qui ont contribué à le fournir aux artistes. Selon Isabelle, «c’était du recyclage. Tout ce qu’on avait à acheter, c’était de la colle, beaucoup de colle». Les œuvres ont été exposées pendant deux jours, soit les 17 et 18 juin.
Selon Nicholas Dupuis, le thème principal de cette œuvre globale, c’est l’Expo idéale de Hervé Tullet. «Lui, c’est quelqu’un qui donne accès à la créativité», dit-il.
«On n’est pas obligé d’être artiste pour être créatif. On devient plutôt artiste en étant créatif». Pour Isabelle Ratté, «les enfants sont créatifs, ils n’ont pas de tabous, ils n’ont pas de contraintes, Ça part du cœur». Mais en somme, le thème fondamental de cette exposition artistique, c’était le rêve du père Régimbal, la démesure de ce rêve.