le Lundi 29 juin 2026
le Lundi 29 juin 2026 10:26 Francophonie

Sudbury : Les jeunes artistes du secondaire au cœur des célébrations de la St-Jean

La tortue, l’œuvre d’Alexis Schilkie.  — Photos : Courtoisie CSC Nouvelon
La tortue, l’œuvre d’Alexis Schilkie.
Photos : Courtoisie CSC Nouvelon

À l'occasion des festivités de la Saint-Jean à Sudbury, le Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGS) s'est associé au Conseil scolaire du Grand Nord et au Conseil scolaire catholique Nouvelon pour présenter une exposition d'art exceptionnelle.

Sudbury : Les jeunes artistes du secondaire au cœur des célébrations de la St-Jean
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Alexis Schilkie.

Visant à célébrer le talent et la diversité de la jeunesse francophone locale, cet événement, qui se déroule du 3 au 24 juin dans les locaux du CSCGS, offre à la communauté une vitrine privilégiée sur la créativité émergente de la région.

Parmi les artistes exposés figure Alexis Schilkie, élève de 12e année au Collège Notre-Dame de Sudbury. Celle qui s’apprête à faire son entrée à l’Université de l’Alberta en anthropologie culturelle participe à l’événement avec deux pièces de poterie uniques: une tortue et une baleine, façonnées de manière traditionnelle à l’aide d’argile et de glaçure.
Au-delà de leur esthétique, ces œuvres combinent utilité du quotidien et richesse culturelle. «La baleine me sert de boîte de mouchoirs et la tortue accueille mes bijoux», explique l’élève.
«La tortue s’inspire du concept autochtone de l’Île de la Tortue (Turtle Island). Elle symbolise les liens profonds entre l’humain et la nature. Quant à la baleine, elle représente l’océan, les animaux et mon amour de longue date pour le monde marin», ajoute Alexis Schilkie.

La baleine, œuvre d’Alexis Schilkie.

Grande passionnée de la faune et profondément interpellée par la culture autochtone, Alexis a privilégié la technique du pot pincé et du modelage manuel pour donner vie à ses créations.
La création n’a toutefois pas été de tout repos. «Façonner la tortue a été relativement facile, mais la baleine a représenté un réel défi technique», reconnaît-elle. «J’ai eu beaucoup de difficulté à sculpter la queue et la base.»

Cette révélation artistique est née tout récemment, lors d’un cours de poterie suivi durant sa dernière année secondaire. Bien qu’elle envisage la poterie comme un futur passe-temps plutôt qu’un choix de carrière — le lien avec son programme d’anthropologie culturelle restant à définir —, son enthousiasme demeure entier.
Le fait de voir ses œuvres exposées publiquement est pour elle une consécration : «Personnellement, je suis très fière de partager la signification de mes pièces avec le public. C’est un immense bonheur de pouvoir les montrer aux gens».

Elle profite d’ailleurs de cette vitrine pour lancer un message inspirant aux autres jeunes, les invitant à toujours faire preuve de créativité.

Josiane Génier.

La nature mystique, selon Josiane Génier

La relève est également bien assurée par Josiane Génier, élève de 9e année au Collège Notre-Dame, qui propose une œuvre captivante fusionnant faune et flore.
Son tableau met en scène un animal dissimulé dans une végétation dense. «L’animal qui se trouve au centre des fleurs est un renard », décrit-elle.
«C’est une bête sauvage qui, contrairement aux idées reçues, peut s’avérer très amicale», tient-elle à souligner.
Pour concevoir cette œuvre, la jeune artiste s’est tournée vers son environnement immédiat : «Ma source principale d’inspiration a été la nature et ses phénomènes rares, qui me fascinent particulièrement».

La signification derrière cette œuvre se veut subtile et imagée, invitant à la réflexion.

«Lorsque j’ai fait cette œuvre d’art, je pensais à la façon dont plusieurs personnes se cachent derrière la beauté pour dissimuler leurs défauts. En utilisant la figure du renard, souvent méconnu, et en l’entourant de fleurs, j’ai été capable de représenter ce phénomène», explique la jeune Josiane.

«Mon message était vraiment que, même si on essaie de se cacher derrière de belles choses, les imperfections finissent toujours par refaire surface», révèle-t-elle.
L’artiste indique que son œuvre est un collage. «Pour faire ce type d’œuvre, on prend simplement des éléments qui nous entourent, comme des livres, des revues ou des images, et on les rassemble pour former une nouvelle création», précise-t-elle.

L’œuvre artistique de Josiane Génier.

Quant au choix des teintes : «J’ai pris deux de ma palette préférée pour faire les fleurs, le blanc et le rouge, qui forment le rose, souvent symbole de l’amour».
Ce travail a toutefois demandé de la patience. «Lorsque j’ai créé cette œuvre, cela m’a pris beaucoup de temps pour réfléchir à ce que je voulais faire. J’ai dû parcourir plusieurs magasins et feuilleter de nombreuses revues pour trouver des éléments inspirants. Il m’a fallu à peu près quatre à cinq jours pour arriver au résultat final», mentionne-t-elle.

Passionnée, Josiane révèle passer une grande partie de son temps libre à créer, «que ce soit de la peinture, du scrapbooking ou du dessin». Son plus grand défi? Trouver le fil conducteur. «Mon principal problème a été de trouver l’inspiration au début. J’avais les éléments que je voulais inclure, mais le message que je voulais faire passer manquait de clarté. J’ai donc retravaillé ce que j’avais déjà pour le faire ressortir», confie la jeune fille.

En voyant son travail exposé au Centre de santé communautaire du Grand Sudbury, elle se dit très fière de constater que son art a la chance d’être apprécié par la communauté, aux côtés de nombreux autres artistes de la région.

En tant que jeune artiste francophone, elle reste convaincue que sa culture et sa langue influencent directement sa démarche créative.
«Notre langue, le français, est parlée de moins en moins, et cela me donne la force et l’inspiration de bâtir de nouvelles œuvres d’art pour que notre culture perdure et reste vivante», explique-t-elle.

Cette expérience lui donne d’ailleurs le désir de poursuivre une carrière dans le domaine. «L’art est quelque chose qui me passionne énormément et j’adore l’intégrer dans tous les aspects de ma vie, dès que j’en ai l’occasion», conclut-elle.