Mamadou Fam, agent de liaison Nord-Ontario à FrancoQueer.
Cette édition marquait une grande première avec la participation historique de FrancoQueer, l’association provinciale pour les personnes 2SLGBTQIA+ francophones en Ontario, venue poser les jalons d’un ancrage local permanent.
C’était la toute première fois que FrancoQueer participait aux festivités de la Fierté Sudbury, plus particulièrement en s’installant au cœur de la foire communautaire.
Mamadou Fam, agent de liaison et de formation pour la région du Nord de l’Ontario, explique que l’objectif principal était de partager, de faire découvrir les services de l’organisme, mais surtout de rendre leurs actions et leurs interventions beaucoup plus visibles.
«Nous sommes dans une dynamique et dans une logique de créer un groupe francophone local qui va travailler en parfaite synergie avec FrancoQueer, mais aussi représenter fortement les francophones au niveau de Sudbury», a indiqué M. Fam.
Cette foire regroupait de multiples structures et entreprises locales adaptées à la communauté queer de Sudbury. Le public a ainsi pu naviguer entre des kiosques en santé mentale, des créations de petits artisans locaux, des vêtements, des objets d’art et des pièces d’artisanat uniques.
La foire se tient annuellement.
Rompre l’isolement et relever les défis du Nord
Établi à Sudbury depuis peu, Mamadou Fam a rapidement constaté les défis particuliers qui touchent les personnes 2SLGBTQIA+ dans le Nord de la province.
Selon lui, le principal enjeu réside dans le rassemblement des membres et l’offre d’activités socio-culturelles. L’organisme ne souhaite pas dupliquer les services d’établissement existants, déjà pris en charge par d’autres structures, mais plutôt combler un manque sur le plan communautaire.
Le représentant souhaite ainsi fédérer les francophones queer locaux pour mener des activités d’accompagnement, notamment pour les nouveaux arrivants et les immigrants.
À terme, FrancoQueer aspire à devenir un organisme de référence dans le Nord pour orienter les personnes vers des ressources spécifiques, comme l’aide à l’emploi. L’association prévoit également de mener des recherches pour mieux comprendre les réalités et les vécus des personnes queer dans tout l’Ontario, tout en formant les structures qui travaillent avec elles.
Une vingtaine d’exposant y ont participé.
Bâtir des ponts et cocréer avec les partenaires bilingues
La foire de Sudbury a représenté un formidable tremplin de réseautage. L’équipe de FrancoQueer a pu établir des contacts inédits avec des organisations locales bilingues désireuses de collaborer.
« Dans les prochains jours, on verra ces organismes s’impliquer avec FrancoQueer dans une dynamique beaucoup plus inclusive et participative. Nous allons cocréer ou coréaliser des activités qui seront d’un grand intérêt pour nos bénéficiaires respectifs», se réjouit Mamadou Fam.
Merlin Simard, agente de liaison et de formation pour la région du Centre-Sud-Ouest, également présente, abonde dans le même sens : «Faire partie d’une foire comme celle-ci, c’est donner aux participants des ressources et créer des ponts avec la communauté pour que les gens se connaissent. Ensemble, ils peuvent trouver des espaces d’affinité où se retrouver et se soutenir les uns les autres ».
Grace Glen (à droite) et Tan Sharma.
Un sentiment de famille face à la discrimination
Pour les visiteurs, l’événement a tenu toutes ses promesses. Grace Glen, étudiante en soins infirmiers à Sudbury, a visité la foire en compagnie de sa petite amie, Tan Sharma.
«J’adore faire partie de cette communauté. Je trouve que c’est phénoménal d’avoir autant de soutien proche et autant de bons amis, où que vous alliez», confie-t-elle avec enthousiasme.
Provenant d’une plus grande ville, l’étudiante souligne l’importance cruciale de ce rassemblement pour une communauté comme Sudbury. Pour elle, cet événement rappelle aux gens qu’ils ont une famille et une communauté, peu importe leur parcours.
Néanmoins, elle rappelle que tout n’est pas rose : «Il y a encore de la discrimination. Je crois que beaucoup de gens font face à des luttes, dans le sens où ils ont l’impression de ne pas être à leur place. C’est pour cela que des événements comme celui-ci sont vraiment importants».
Après leur virée chez les marchands, le jeune couple prévoyait d’ailleurs de rejoindre les rangs de la grande marche de la Fierté qui a eu lieu au centre-ville de la ville, juste à la fin de la foire.
Après la foire, une marche a eu lieu dans le centre-ville.
Un appui primordial pour l’économie locale
Du côté des commerçants, la satisfaction est tout aussi palpable. Jill Squarzolo, propriétaire et fondatrice de l’entreprise The Crystal Connect, participait à la foire pour la quatrième fois. Sur sa table s’exposait une grande variété de produits issus de sources éthiques : de la taxidermie, de l’encens, des cristaux, des couronnes ainsi qu’une multitude d’articles en feutre faits à la main.
«C’est ma quatrième année à cet événement, donc je dirais sans aucun doute qu’il est très important. Il permet vraiment de faire passer un très bon message et il y a beaucoup d’amour qui circule ici», partage l’artisane.
Elle invite chaleureusement la population à participer aux prochaines éditions. «Je recommanderais simplement à beaucoup de gens de venir juste pour partager l’amour et soutenir les commerçants locaux ici. Je pense que soutenir les entreprises locales, c’est vraiment primordial», conclut Jill Squarzolo.