Avec la générosité léguée par ses parents, Sylvie n’a rien su refuser à ses neveux et nièces, peut-on lire dans la nécrologie très éloquente. «Elle a élargi sa famille bien au-delà des liens biologiques, s’offrant des neveux et nièces de cœur. Tous les enfants dans sa vie ont savouré des sacs de bonbons mélangés, les gommettes, les bricolages et les lettres remplies de pictogrammes glissées dans des enveloppes débordantes de confetti.»
«Sylvie était une communicatrice attentionnée. Elle savait faire de sorte que toutes et tous se sentent entendus. Ne voulant rien manquer jusqu’au dernier jour, Sylvie est restée engagée dans tous les échanges avec les proches qui l’ont accompagnée. Elle avait une plume facile. Sophistiquée. Affinée. Réfléchie. Toujours en quête du mot juste, des nuances ont donné vie à ses textes et à ses propos. Dans ses écrits comme dans sa cuisine, elle offrait ce qu’elle avait de plus précieux : une présence chaleureuse, une créativité débordante et une manière unique d’adoucir la vie de celles et ceux qui ont eu le privilège d’être siens et siennes. Que les expressions que Sylvie utilisait si librement, sans gêne et sans censure, se fassent entendre en traversant les lèvres des gens qui l’ont aimée».
Le directeur de la Place des Arts du Grand Sudbury, Denis Bertrand, a écrit sur Facebook ce qui suit : «C’est avec beaucoup de tristesse que l’équipe de la Place des Arts (PdA) a appris la nouvelle du décès d’une ancienne collègue, Sylvie Mainville. Elle a occupé différentes fonctions chez nous, en plus d’avoir contribué au fil des ans au Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) et à la Galerie du Nouvel-Ontario (GNO). J’ai travaillé avec Sylvie au début des années 2000 à l’élaboration d’une stratégie de développement de publics pour les compagnies de théâtre professionnelles franco-ontariennes lorsque je dirigeais Théâtre Action. Sylvie a marqué le milieu artistique avec son dévouement et sa fougue. Elle nous manquera».
Sylvie Mainville (à gauche), alors coordonnatrice de projets à la Place des Arts, avait approché Isabelle Ratté (à droite), artiste multidisciplinaire depuis plus d’un quart de siècle, pour lui offrir, entre le 29 février et le 4 mai 2024, sa toute première exposition en solo à la Place des arts du Grand Sudbury.
Le TNO a réagi ainsi sur sa page Facebook : «C’est avec beaucoup de tristesse que l’équipe du TNO a appris le décès de Sylvie Mainville la semaine dernière. Sylvie a œuvré au TNO en communications à la fin des années 80 et a aussi été une véritable force derrière la Place des Arts du Grand Sudbury. Elle a tout donné pour faire avancer ce grand rêve. C’est celle qui cognait aux portes, qui a veillé à la collecte de fonds, à la coordination de centaines de donateurs, aux intégrations culturelles de matériaux et d’objets historiques dans l’architecture, puis le lancement de la programmation artistique une fois le centre ouvert. Elle mérite tellement de reconnaissance pour tout ce qu’elle a donné. On se souviendra de Sylvie aussi pour sa passion contagieuse et entière pour les arts et la culture, son sourire lumineux et son engagement sincère envers le milieu artistique sudburois».
La directrice de la GNO, Danielle Tremblay, a déclaré au Voyageur : «C’est avec une grande tristesse qu’on accueille le décès de Sylvie. C’était mon amie, ma complice à tous les niveaux. On se connaît depuis 40 ans. On s’est beaucoup côtoyé». Danielle a rappelé l’énorme travail que Sylvie a accompli pour la réalisation de la PdA. «Tout ce qu’on voit, c’est toute son “doing” comme on dit. C’est elle qui s’assurait que les décisions du comité d’intégration dont j’étais membre se réalisent. Que ce soit les poutres de Chicago, les tuiles de l’école St-Louis de Gonzague, le bois de l’Île-aux-chênes, c’est vraiment Sylvie; elle a été beaucoup impliquée dans le développement de la Place des Arts. C’est une personne de cœur et elle a pris ce projet-là à cœur. Pour la GNO, quand on avait besoin d’aide, elle était toujours prête à prêter main forte. Elle a, entre autres, réussi à décrocher de l’argent de la Fondation Trillium qui nous a permis d’acheter tout l’équipement qu’on a en place en ce moment. C’était une personne qui aimait beaucoup et quand elle aimait, c’était fort».
Christian Pelletier, du Studio 123, a écrit : «On vient d’en perdre une bonne, une vraie de vraie. Même avant de la rencontrer officiellement, son nom était partout. On l’entendait sur les lèvres d’amis dans le milieu culturel, toujours en bien, rempli d’amour et de passion. Suite au décès de Paulette Gagnon, elle s’est faufilée dans l’équipe de la PdA. C’est là que j’ai eu l’immense plaisir et le privilège de collaborer avec elle sur divers projets liés à la construction de la PdA . […] Un projet de cette envergure-là ne se réalise pas sans du monde comme elle dans l’ombre, mais son nom n’a jamais été sur la plaque, jamais dans les discours d’ouverture. Elle mérite tellement plus de reconnaissance pour tout ce qu’elle a donné à cette place-là. Elle était une femme forte, intentionnée, excentrique, passionnée, dans la lune par bouttes, mais toujours acharnée aux détails, à ce qui servait le mieux le big picture. Tête dure, mais comme on les aime. Merci pour tout. Tu vas beaucoup, beaucoup me manquer».
France Gélinas, députée néo-démocrate de Nickel Belt : «Nous avons la PdA dont nous sommes toutes et tous fiers en grande partie grâce à elle. Paulette Gagnon en a fait beaucoup et je suis fière qu’on l’a reconnu. On aurait dû reconnaitre Sylvie également. On a perdu un pilier de la francophonie sudburoise. Merci de tout ce que tu as fait pour nous Sylvie».
Une amie de longue date, Joan Mount, a déclaré au Voyageur que Sylvie s’est engagée sa vie durant dans le domaine des arts. «Au cours de sa jeunesse à Chelmsford, elle a pratiqué la danse en tant qu’expression artistique. Plus récemment, elle s’est dévouée à l’établissement de la PdA. Elle excellait dans le domaine de la rédaction de propositions de subventions pour des projets artistiques. Son amour des arts s’est avéré le thème principal de sa vie ».
Sylvie Mainville n’est plus mais elle restera dans la mémoire et les souvenirs de plusieurs.