le Jeudi 4 juin 2026
le Mardi 5 Décembre 2023 6:30 Éducation

Hommages de la communauté universitaire à Ali Reguigui

Ali Reguigui — Photo : Courtoisie
Ali Reguigui
Photo : Courtoisie

Les communautés francophones et universitaires du Grand Sudbury ont été surprises et attristées d’apprendre le décès du professeur et linguiste Ali Reguigui la semaine dernière. M. Reguigui est décédé dans un accident de voiture au sud de Sudbury dans la nuit du 28 au 29 novembre. Plusieurs personnes qu’il a inspirées voulaient que leurs témoignages dépassent les réseaux sociaux et ont demandé au Voyageur de publier leurs messages.

Hommages de la communauté universitaire à Ali Reguigui
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M. Reguigui est originaire de la Tunisie, il est arrivé au Canada en 1984. Franco-Ontarien d’adoption, il était une inspiration et une source de motivation et d’encouragement inestimable pour ses étudiants. Il était très actif dans le domaine de la recherche universitaire.

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Ali Reguigiu et Valérie Raymond

Photo : Courtoisie

Valérie Raymond

C’est avec une immense tristesse que j’ai appris […] la nouvelle du décès soudain de mon mentor, mon collègue et mon ami, Ali Reguigui.

En 2006, comme étudiante de Bac en études françaises à la Laurentienne, pensant vouloir me diriger en orthophonie, j’ai eu, dans son cours de Sémantique, un moment «Aha!». Je me souviens même de la salle et du pupitre où j’étais assise. J’ai chuchoté à mon amie dans la classe : «Je pense plus que je veux aller en orthophonie…». Elle me répond, surprise : «Ah non??» Je lui dis : «Je veux être comme Ali». 

Après ce moment, j’ai suivi dans ses pas et sous son influence, je suis allée faire ma maitrise en linguistique à l’Université Laval. Je suis même restée dans le même bloc appartement, la Place Versailles, où il avait habité pendant ses études doctorales. Et j’allais souvent à son restaurant préféré, Le Parmesan.

Après ma maitrise, Ali m’a encouragé à revenir faire mon doctorat avec lui, ce que j’ai fait. Nous travaillions si bien ensemble et j’en apprenais tellement de lui. Il était un homme généreux et d’une intelligence remarquable, mais avec un bon sens de l’humour aussi. Nous avons beaucoup voyagé ensemble en participant à des congrès partout dans le monde : l’Italie, le Maroc, l’Ile Maurice, la Grèce, San Francisco. Sa passion était contagieuse.

Mon rêve se réalisa quand nous sommes devenus collègues au Département d’études françaises. Au moment des coupures de la LACC en 2021, tout le département a été coupé, sauf lui. Ayant perdu tous ses collègues et voyant les coups durs et incompréhensibles qu’avait vécus le département auquel il avait dédié sa carrière, il aurait pu partir et laisser tout tomber. Mais oh que non, Ali est resté à se battre et à continuer son important travail. Il a même réussi à convaincre l’Université de recréer mon poste, que j’occupe aujourd’hui. Ali et moi travaillions de nouveau ensemble, sur plein de comités et de projets. On se parlait presque tous les jours. Et aujourd’hui, il n’est plus. Et je ne veux pas le croire. 

Son départ laisse un immense vide non seulement dans mon cœur et dans ma vie, mais dans toute la communauté universitaire Laurentienne, la communauté franco-ontarienne et bien au-delà. Je lui dois ma carrière.

Ali, «cher collègue», comme tu disais toujours en passant devant mon bureau, tous les mots que nous avons étudiés et analysés ensemble au fil des ans ne suffisent pas pour t’exprimer à quel point tu vas me manquer.

Pour toi, je vais essayer de continuer à me battre pour la francophonie, pour les études françaises et pour la linguistique, comme tu m’as si bien formée à le faire au cours des deux dernières décennies. 

J’offre mes plus sincères condoléances à Leïla Sarah Reguigui et à Jacqueline Gauthier, à toute sa famille, ses amis et ses collègues.

Amitiés, Valérie  

Ali Reguigui et Valérie-Gauthier-Fortin

Photo : Courtoisie

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Valérie Gauthier-Fortin

Il y a quelques jours à peine, tu m’encourageais à mettre sur papier les épreuves auxquelles je fais face, question de me garder intellectuellement occupée à travers mes traitements de chimiothérapie. «Écris, si le cœur t’en dit; c’est une bonne thérapie.» C’est donc avec la gorge nouée, les yeux lustrés et le cœur gros que je t’écris aujourd’hui.

Je joins ma voix à celle de plusieurs générations de chercheur.e.s qui ont reconnu en toi un véritable mentor. C’est grâce à toi que j’ai découvert le monde de la recherche et la linguistique, au début de mes études de premier cycle au Département d’études françaises. C’est à ce même moment que, avec un regard espiègle et un sourire en coin, tu as commencé à me surnommer «Doc» et «Docteure Valérie». Je ne savais pas encore que ta passion, ô combien contagieuse, allait m’inspirer à entreprendre des études supérieures en linguistique.

Je plains les étudiant.e.s des générations futures qui n’auront ni l’honneur ni le privilège de te côtoyer et d’apprendre sous ta direction. J’avais d’ailleurs encore tant à apprendre de toi… Chacun de tes conseils a été (et sera toujours) pour moi la pierre angulaire sur laquelle s’est élevé mon apprentissage.

Toutes mes pensées sont avec ta fille, ta famille, tes ami.e.s, tes étudiant.e.s. et tes collègues.

Amitiés,

Ta future «Doc»

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Les «couloirs de la langue» avec Denis Hurtubise, Ali Reguigui, Isabelle Carignan et Julie Boissonneault

Photo : Courtoisie

Isabelle Carignan 

Quand j’ai commencé à lire le message de Jacqueline Gauthier sur Facebook au sujet d’Ali, je m’attendais à ce qu’il ait gagné un prix, créé un programme, écrit un nouvel article… L’annonce de son décès a créé toute une onde de choc pour moi, mais aussi pour toute la communauté.

Je n’arrive toujours pas à y croire…  Parler de toi au passé est totalement surréaliste…

En 2015, c’est Ali qui m’a encouragée à faire ma demande de professeure associée au Département d’études françaises. Mon bureau était juste en face du sien et sa porte était toujours ouverte. J’allais à l’université pour avoir le plaisir de discuter avec lui autour de la machine à café, dans son bureau, sur l’heure du midi avec les collègues du département parce que l’heure du lunch était sacrée pour lui. Pratiquement tout le monde s’arrêtait pour manger dans la salle à diner, au bout du couloir, pour célébrer le bonheur d’être ensemble. Grâce à lui, je sentais que je faisais partie du groupe.

Il utilisait d’ailleurs une expression qui faisait sourire tout le monde. Amoureux des mots, il arrivait dans notre cadre de porte en disant : «C’est l’heure de la question!» ou la variante « Chère collègue, vous venez questionner? ». Ali utilisait le verbe «questionner» au lieu de «diner», une expression bien propre à lui.

Nous avions également des discussions passionnantes et rigolotes dans le couloir du département qu’il avait surnommé « Les couloirs de la langue », l’endroit où « les questions linguistiques les plus épineuses trouvent leur dénouement » (Ali Reguigui, page Facebook du Feu Département d’études françaises). Chaque fois que nous avions une discussion sur un mot, une expression ou toute autre problématique liée à la langue, Ali cognait aux portes des bureaux des personnes présentes pour dire qu’une discussion dans les couloirs de la langue était en cours… 

Ali était toujours souriant et il aimait bien faire des blagues. C’était un homme exceptionnel, passionné, mais surtout d’une grande générosité. Il avait tout le temps plein de projets dans la tête.

Il parlait aussi constamment de sa fille Leïla, avec une énorme fierté et des étoiles dans les yeux. Un papa incroyablement fier de sa fille docteure.

Cher Ali, cher collègue et ami, tu es maintenant devenu une étoile filante. Protège-nous de là-haut.  

Un jour, promis, j’irai visiter les plages de la Tunisie dont tu m’as tant vanté la beauté.

Isabelle Carignan, professeure associée à l’Université Laurentienne

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Michèle Minor-Corriveau

Le 24 février 2021, je partageais mon histoire UL #lesgensulaurentienne. Ali Reguigui a été central à mon parcours. Il a façonné qui je suis. La façon dont je pense et que je précise ma pensée. Ma façon de revendiquer les injustices. Il est parvenu à faire en sorte que je m’accepte, avec tous mes airs de Franco-Ontarienne. Le défenseur des droits dont les mots se rendent souvent aux oreilles de mes enfants.

Il a fait partie de ma vie pendant 32 ans : de 17 à 49 ans. Quelle grande influence il a exercée sur moi, sur tant d’autres autour de moi, avant et après mon parcours universitaire, et quel magnifique cadeau du ciel ai-je reçu, lorsqu’il a accepté de superviser et de participer à mes nombreux projets de recherche. Les mots n’existent pas pour lui exprimer ma reconnaissance pour la générosité du temps, des savoirs, de sa personne. Je suis endettée à jamais.

Son absence laissera un grand vide dans mon cœur d’étudiante, de collègue, d’amie. À Leïla Sarah Reguigui et Jacqueline Gauthier, je vous porte dans mon cœur aujourd’hui et à jamais.

L’ouverture de la clinique d’orthophonie de l’Université Laurentienne.

Photo : Courtoisie

Les orthophonistes

Les «doctorisées-orthophonistes», quelle belle histoire! Nous avons toutes eu non seulement la chance, mais le privilège et l’honneur de suivre les cours de linguistique offerts par Ali dans les années 1990 en préparation à notre maitrise en orthophonie. Peu de professeurs peuvent se vanter devant leur habileté à pouvoir susciter, avec passion et conviction, l’intérêt pour l’apprentissage des arborescences syntaxiques chez ses étudiants!

Suivre des cours de phonétique avec Ali était d’autant plus fascinant par les liens qu’Ali pouvait tisser entre les différentes langues ne faisant pas partie du répertoire phonétique du français ou de l’anglais. Il lui arrivait de nous présenter parfois des corpus linguistiques que même lui, ne savait pas déchiffrer. «C’est comme ça que je pousse votre réflexion», nous disait-il. 

Il était aussi très intéressé par les variations linguistiques du français, ce qui a ouvert nos yeux et nos oreilles aux différences entre les dialectes d’une même langue et des enjeux liés à l’acquisition de la langue française. 

Entre 1998 et 2002, nous sommes devenues orthophonistes, certaines d’ici dans l’ancien programme, d’autres à Ottawa, chacune d’entre nous poussées par un professeur qui avait le don de reconnaitre nos forces et nos capacités en recherche bien avant que nous en soyons convaincues. Au fil du temps, la voix d’Ali résonnait : «Ne faites pas une croix sur les études doctorales!»

Fidèle à ses conseils, à quelques reprises, Ali nous a réussi à nous trouver — à l’ère où les communications virtuelles étaient peu communes — pendant l’un de nos congés de maternité. Il avait toujours la mire sur l’orthophonie et avait besoin de nous pour manifester notre intérêt lors d’une rencontre du COPA. Son désir était de développer un programme de baccalauréat en orthophonie pour éventuellement remettre en place le programme de maitrise en orthophonie. Nous étions surement un peu naïves devant tout ce qui nous attendait, mais Ali, dans sa grande sagesse, nous fournissait les informations un petit morceau à la fois. Sachant que ça nous prendrait des docteures pour satisfaire à la rigueur de l’académie, il encouragea une à la fois, Michèle, Chantal, Roxanne et Manon à s’engager à ce qui allait devenir une carrière de recherche par les Franco-Ontariens, pour les Franco-Ontariennes, dans le milieu dans lequel nous évoluons.

Devant les défis les plus résistants, il savait les relever avec calme et sagesse. Les hésitations qui nous habitaient en raison de notre nouvelle maternité sont vite disparues en l’entendant nous dire : «Venez, vous allez adorer le processus». Il en a bercé des bébés et essuyé des larmes! Convaincus de notre succès assuré, Ali et son fidèle allié Simon Laflamme ont proposé de diriger toutes nos thèses doctorales, sans avoir à les convaincre. Ali nous a guidées, appuyées, encouragées, poussées au-delà de nos limites car, pour Ali, les limites n’existent pas. 

Dans la plus grande et bienveillante des humilités, Ali a été le plus grand défenseur des étudiants et des minorités. Ne cherchant jamais à attirer l’attention sur ses propres succès, aussi nombreux soient-ils, il célébrait les nôtres. Au terme de cinq bébés, de cinq congés de maternité, des retours sur nos dissertations en vacances à l’autre bout du globe et même la veille de Noël, le soutien d’Ali n’a jamais atteint le fond du bac : le sage mentor était inlassable dans son désir de nous soutenir toutes et chacune jusqu’à notre dernier accouchement : nos thèses doctorales. Disons que des moments de congé dans sa vie, il n’en a pas connu beaucoup.

Ali était un visionnaire. Un visionnaire patient. Des programmes, il savait en développer. Il veillait aussi à la pérennité de ces programmes. Entre la mise en veille de l’ancien programme d’orthophonie, le recrutement de doctorantes, la création du baccalauréat et de la maitrise en orthophonie, plusieurs combats ont eu lieu dans les coulisses. Il va sans dire que les programmes en orthophonie existent aujourd’hui grâce à sa ténacité et son dévouement. Sous sa tutelle, le département d’Études françaises a adopté le programme d’orthophonie, qui a accueilli sa première cohorte au baccalauréat en 2007 et à la maitrise en 2012. Grâce à toute cette merveilleuse équipe, ce programme compte à son actif 17 cohortes de baccalauréats et 10 cohortes de maitrise. 

En 2013, la Clinique universitaire d’orthophonie a été lancée et Ali nous a fièrement accompagnés pour célébrer le lancement officiel. En 2024, cette clinique qui fournit des services en communication et en déglutition à des milliers de gens de la communauté célèbrera son 10e anniversaire. Cette clinique embauche maintenant une gestionnaire et une orthophoniste à temps complet et a permis à plusieurs orthophonistes d’entamer leur carrière ici, à Sudbury. 

Seize ans plus tard, près de 100 étudiants et étudiantes ont réalisé leur rêve de devenir orthophonistes. Plus de 60 % des orthophonistes qui travaillent à Sudbury au moment où ce texte est rédigé sont passés par l’Université Laurentienne. La majorité des diplômés travaillent dans le Nord de l’Ontario, quoique d’autres sont dispersées partout à travers le Canada pour offrir des services d’orthophonie bilingue dans des régions éloignées. Merci Ali : ces réussites sont les tiennes.   

Ali, cher collègue, a influencé le parcours de nos carrières pendant une trentaine d’années! Sa présence dans nos vies a été un véritable cadeau. Nous allons manquer sa voix douce, son regard espiègle et ses conseils indispensables. Tous les projets que nous réaliserons jusqu’à la fin de nos carrières respectives auront comme filigrane l’influence d’Ali que ta disparition de ce monde physique ne réussira pas à atténuer. 

Chantal, Michèle, Roxanne et Manon

Photo : Courtoisie

Mon histoire UL #LesGensULaurentienne 

Septembre 1992 – Indécise de l’avenir que je devais me dessiner, je choisis d’étudier en linguistique parce que 1 – j’ai aimé faire l’analyse de la langue dans le cours de sœur Marie-McCoy au Collège Notre-Dame et 2 – au moins j’apprendrai à rédiger une belle lettre de demande d’emploi, si je n’arrive toujours pas à cibler une carrière qui me passionne.

En 2e année de bac en linguistique. Je suis étudiante dans un (ou plusieurs) cours avec Dr Ali Reguigui, qui nous a toutes et tous poussées à vaincre notre insécurité linguistique. Nous ne savions pas que le concept existait, mais nous le vivions tous les jours, étant dans l’ombre des gens sans accent «anglicisé».

Lors d’un séminaire, on s’interroge sur une expression franco-ontarienne dont la signification m’échappe. Et moi, je lui pose timidement LA question qui tue – question à laquelle je ne suis pas sure de vouloir connaitre la réponse : «Est-ce que c’est bien ou mal de dire ça, comme ça?»

Il répond sans hésitation, sans équivoque : «Y n’en a pas d’bien ou d’mal. On parle comme on parle.»

C’était mon «moment a-ha». Comme si je n’avais pas encore enregistré les paroles de mes grands-parents, mes parents, ma tante qui m’avaient chanté l’importance du français, de notre français, toute ma vie.

Pourquoi avais-je besoin d’entendre ce message de gens qui parlaient «mieux» que moi? Parce qu’on avait eu l’habitude d’entendre à maintes reprises qu’on devait faire mieux, qu’on ne devait pas parler anglais (ce fruit défendu), qu’on n’était pas aussi bons que!?

Aujourd’hui c’est à mon tour de défaire des croyances dévastatrices pour notre langue et notre culture. C’est moi qui travaille constamment le dossier avec mes étudiants. Je leur dis, aussi souvent que je le peux, tant et aussi longtemps qu’ils voudront l’entendre, qu’ils doivent être fiers de parler français, cette langue qui est la leur, sans en avoir ni peur, ni honte. 

Moi, je suis eux, mais 25 ans plus tard. Et ils sont moi, 25 ans passés. Pas sure qu’ils apprécient la métaphore, mais j’espère qu’ils se sentent encouragés de continuer à parler notre belle langue, car elle est à nous et nous sommes à elle. Et qu’ils soient confiants en leurs habiletés, car nous, on est vraiment heureux qu’ils soient là avec nous, nos ambassadeurs et ambassadrices de ce qui nous est si cher.

Si les étudiantes et les étudiants qui m’ont inspiré ne se souviennent de rien d’autre que ça, j’aurai réussi dans mon rôle, à tous les plans.

C’est ça, pour moi, l’Université Laurentienne, qui a laissé sa trace sur toutes les périodes de ma vie, jusqu’à en faire carrière à mener des études sur, par et pour les minorités.

J’espère qu’elle pourra en faire autant pour mes enfants et mes petits-enfants!

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Ne manquez rien de ce que nous publions sur le site.

Le Voyageur offre une vue d’ensemble de la francophonie et de la vie dans le Nord-Est de l’Ontario.

Boroma Sanou

Je suis triste et sous le choc. 

Je le suis d’autant plus que j’étais à deux jours de présenter la partie orale de mon examen de synthèse. 

J’étais dans les préparatifs lorsque j’ai appris la triste nouvelle. Et Ali était le président du comité d’examen… Repose en paix, Ali.

Boroma Sanou, doctorant

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Simon Laflamme, Amélie Hien, Carole G. Anderson, Julie Boissonneault et Ali Reguigui.

Photo : Courtoisie

Carole G Anderson

J’ai connu Ali via Jacqueline, sa femme, il y a de cela un peu moins de 20 ans. Puis, j’ai eu la chance de le connaitre comme collègue de travail lorsque je suis allée travailler à l’Université Laurentienne au programme de doctorat interdisciplinaire en 2007. Le petit groupe du département d’études françaises (Ali R., Julie B., Renée C.) et Simon L., directeur du doctorat, m’ont accueilli à bras ouverts : moi, qui n’avais aucune éducation universitaire, me retrouvais tous les jours à diner avec eux à la cafétéria. 

Ensuite, lorsque j’ai commencé mes études universitaires, j’ai eu la chance d’avoir Ali comme professeur. Quel homme incroyable. Généreux et compréhensif avec ses étudiants. Il aimait vraiment partager son savoir et était plus que ravi lorsqu’il arrivait à «convertir», diriger, une ou un étudiant·e. vers la recherche. Il était comme un papa fier à toutes les cérémonies de convocation lorsqu’il voyait «ses» étudiant·e·s obtenir leur diplôme, que ce soit au bac, à la maitrise ou au doctorat.

Photo : Courtoisie

Je suis heureuse qu’Ali ait réalisé cette année deux choses (et plus bien sûr!) qu’il avait à cœur : la mise en place de la maitrise interdisciplinaire en études relationnelles (2023) et de tenir, chez lui en Tunisie, le colloque Langue et territoire et ainsi faire découvrir son pays à ses collègues chercheurs.

Bien qu’il avait un air «sérieux», Ali était très taquin et aimait beaucoup rire et faire rire les autres. Il aimait prendre les gens en photo et le faisait souvent sournoisement, en cachette, pour plus tard partager la photo avec la personne.

Il est un homme extraordinaire qui a laissé sa marque, en accomplissant beaucoup, sans grande fanfare.

Mes pensées vont vers sa fille Leïla Sarah Reguigui, Jacqueline, sa famille en Tunisie et sa famille franco-ontarienne, Simon, Renée et Julie… et toutes ses «filles adoptives».

La grande Francophonie est en deuil.

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Serge Miville

C’est avec un mélange de choc, d’incrédulité et de profonde tristesse que j’apprends le décès de mon collègue Ali Reguigui. Membre de la Société Charlevoix, il œuvrait ici et ailleurs à mieux comprendre le fait français en Ontario, un objet de recherche que nous partagions.

Son impact a été immense. Des centaines, des milliers d’étudiants ont passé par ses cours et ont développé leur curiosité intellectuelle de par son enseignement et ses recherches. 

Nous perdons une âme généreuse, intelligente et profondément humaine. Toutes mes condoléances à sa famille, aux amis et aux collègues de notre cher Ali. L’Ontario français perd un chercheur de grande qualité, et Sudbury perd un de ses grands citoyens. 

Repose en paix, mon cher Ali. Je ne t’oublierai jamais.

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Chantale Paquette

Je tiens à repartager mon témoignage en tant que parent d’une étudiante en orthophonie. Une triste nouvelle et on est sous le choc. Ma fille me parlait beaucoup de l’impact que ce professeur avait sur son cheminement vers sa maitrise. Elle adorait ses cours, ses connaissances, ses histoires… complètement émue.

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