le Samedi 17 octobre 2026
le Samedi 17 octobre 2026 9:00 Arts et culture

Nikamu Mamuitun II fait écho à la diversité culturelle sudburoise

Nikamu Mamuitun II à la Place des arts du Grand Sudbury, le 3 octobre 2026. 
 — Photos : Alexa Sexton
Nikamu Mamuitun II à la Place des arts du Grand Sudbury, le 3 octobre 2026.
Photos : Alexa Sexton

Le spectacle de Nikamu Mamuitun II a apporté à Sudbury une expérience qui rassemble les diverses cultures et langues autochtones et allochtones du Canada.

Nikamu Mamuitun II fait écho à la diversité culturelle sudburoise
00:00 00:00

C’était le 3 octobre 2026, à la Place des arts du Grand Sudbury (PdA), à l’occasion de la clôture du French Fest 2026. La Slague recevait pour la deuxième fois Nikamu Mamuitun.

Ce projet a été créé par Alan Côté et Florent Vollant en 2017 pour rassembler des artistes provenant de partout au Canada, pour créer un album de chansons qui réunit différentes langues et cultures présentes dans le pays. C’est maintenant une deuxième cohorte qui fait la tournée de Nikamu Mamuitun, offrant encore une fois une transmission accessible des cultures canadiennes. 

Le spectacle avait été bien reçu, à juger de la participation active et l’énergie du public. Tout au long, les participants tapaient des mains, répondaient aux questions et participaient aux danses. Une des artistes, Willows, a noté que c’était «tellement beau» de voir «tout le monde à la fin se lever pour Lève-toi et marche et ensuite faire le Makusham».

Une deuxième fois

En 2022, Nikamu Mamuitun I avait été accueilli chaleureusement lors de sa première tournée dans la ville, qui marquait aussi le premier spectacle présenté à la Place des Arts du Grand Sudbury. Stéphane Gauthier, directeur général et culturel du Carrefour francophone et de La Slague, décrit d’ailleurs le spectacle comme «un riche exemple de ce que les rencontres peuvent créer comme pont entre les nations».

Cette idée de rencontre va au-delà du spectacle en lui-même. À Sudbury, une ville qui célèbre tant sa diversité culturelle, la présentation de Nikamu Mamuitun offre un exemple concret de la place que peuvent occuper les rassemblements culturels dans la création de liens entre différentes communautés. Puis, les sentiments du public après le spectacle ont bien démontré ce besoin d’information. Nikamu Mamuitun II était si bien reçu car la salle avait hâte d’entendre un rassemblement de langue par des chansons de folklore et de participer dans les danses présentées. Bien que le spectacle n’ait pas fait salle pleine, cela n’a pas empêché les spectateurs de vivre une expérience formidable.

Joanne Vincent et Jean Lalonde : amateurs des spectacles de la Place des arts. 

Un mélange harmonieux de cultures

Deux spectateurs, Joanne Vincent et Jean Lalonde, assistent à presque tous les spectacles à la Place des arts du Grand Sudbury ensemble. «C’était un spectacle absolument époustouflant. C’étaient des cadeaux qu’on déballait tout au long du spectacle», dit Joanne Vincent en décrivant ses impressions du spectacle.

«Ça paraît, selon moi, qu’ils ont mis beaucoup de soin à élaborer et à mettre ça ensemble», réplique Jean Lalonde.

Il a trouvé que toutes les cultures, les langues et les voix étaient bien réparties dans les chansons et qu’ils «vont chercher les forces de chacun et de chacune». Un de ces exemples de moment marquant de la soirée pour Jean Lalonde de ceci était la chanson Yatsihsta’, composée par les femmes du groupe. Il a aussi expliqué que c’était très beau de voir les interactions de non seulement les styles des artistes, mais des artistes eux-mêmes.

Pour tous les deux, c’était une première expérience de voir Nikamu Mamuitun. Comme ils en avaient déjà entendu parler et entendu des extraits, ils tenaient beaucoup à venir au spectacle et leurs attentes ont été satisfaites.

Introduction aux langues autochtones

«Se rassembler par les arts est quelque chose qui permet d’être plus optimiste pour le futur», lance Gabriel Grenier, un autre spectateur qui a bien apprécié l’événement.

Pour Gabriel Grenier, c’était une des premières fois à voir un spectacle avec des langues autochtones. Il a expliqué que c’était très intéressant de pouvoir assister à Nikamu Mamuitun et de voir les gens se rassembler par ces chansons.

«C’est important d’avoir de tels rassemblements, car ça nous fait penser aux futurs possibles et à la réconciliation qui est possible entre les premiers peuples du pays et les plus nouveaux arrivants.»

«Les gens ont soif»

Si Sudbury a beaucoup apprécié le groupe, le public a été tout autant apprécié. Dans l’ensemble, le groupe a adoré la participation du public à chaque moment du concert. Qu’il s’agisse de répondre aux questions, de taper aux rythmes des chansons, ou de danser dans toute la salle, le public était très motivé d’apprendre et de faire partie intégrante du spectacle.

C’est Mimi O’Bonsawin, l’artiste franco-ontarienne du groupe, originaire de Sudbury, qui a très bien illustré que les gens, partout, ont «soif pour l’information». Qu’ils sont curieux d’apprendre plus sur le sujet des cultures et des langues autochtones.

Les artistes Luan Larobina, Mariko et Velours Velours ont appuyé son propos, en ajoutant que l’éducation publique au Québec des cultures autochtones, pour eux, était très basique. «Le chemin n’est pas tracé», dit Velours Velours en réponse à Luan Larobina, qui affirmait que «les Québécois n’ont pas accès» à un vrai apprentissage des cultures autochtones.

Ce n’est que plus tard, lorsque ces trois artistes ont commencé à s’impliquer et à participer à des projets tels que Nikamu Mamuitun, qu’ils ont pu véritablement découvrir les cultures qui les entouraient. 

Et c’est, pour eux, encore une fois, pourquoi il est si important d’organiser des événements accessibles comme ce spectacle, afin de permettre aux allochtones d’apprendre, de comprendre et d’apprécier les cultures qui sont encore très présentes dans notre pays. 

Les artistes eux-mêmes reconnaissent que le projet Nikamu Mamuitun a été un processus d’apprentissage : «La première année, c’était un pas à la fois». Il y a eu une rencontre des artistes, ils ont écrit des chansons, ces chansons sont devenues un spectacle, ensuite un album et une tournée. Puis, c’est Guillaume Arsenault, un des artistes qui a participé aux deux cohortes de Nikamu Mamuitun, qui explique : «À chaque spectacle, on pensait que c’était la dernière fois qu’on se voyait».