le Samedi 17 octobre 2026
le Vendredi 29 mai 2026 9:00 Société

La question de la rétention des jeunes a été au centre de la rencontre Tisser des liens

La cérémonie d'accueil par les Autochtones qui organisaient l'événement. — Photos : Marc Dumont
La cérémonie d'accueil par les Autochtones qui organisaient l'événement.
Photos : Marc Dumont

Le jeudi 21 mai, une soixantaine de personnes se sont rendues à Nédélec, au Québec, pour partager un repas et échanger sur le sujet de la rétention des jeunes au Témiskaming. Cette rencontre appelée Tisser des liens, réunissait les trois groupes culturels à la tête du lac Témiskaming : les Autochtones de Temiskaming First Nation et des intervenants de Ville-Marie et de Temiskaming Shores.

La question de la rétention des jeunes a été au centre de la rencontre Tisser des liens
00:00 00:00

Les participants.

Parmi les pistes de solution comme l’éducation à distance et les stages dans des entreprises locales, retenir les jeunes doit mobiliser la communauté. Les entreprises locales sont souvent petites et auraient besoin d’accompagnement lors des stages, tout comme les jeunes profiteraient de l’appui des yeux et des oreilles de personnes de la communauté.

 

Plusieurs présentateurs ont exposé les différents programmes qui existent pour favoriser la rétention des 18 à 35 ans, les soutenir et les attacher au milieu.

 

La soirée s’est terminée par un panel interactif pour aborder les autres questions touchant la rétention des jeunes. Par exemple, Jean-Pierre Breton de la société Miller Paving de New Liskeard a expliqué que bien qu’il soit le plus gros entrepreneur du Nord-est de l’Ontario, l’entreprise est peu connue. «On s’est rendu compte qu’on ne faisait rien pour retenir les jeunes», dit M. Breton. «Depuis 3 ans, on a des “Journées découvertes” où on apporte tous les élèves du secondaire pour faire connaître tous les aspects de l’entreprise. Ça ouvre les yeux.»

 

Miller Paving a même fourni un simulateur à une école du secondaire pour que les élèves apprennent à s’en servir. «En retour, ils viennent former nos employés», ajoute Jean-Pierre Breton.

 

Durant le panel, la question des jeunes d’aujourd’hui a fait surface. «Les jeunes ont changé depuis dix ans. Les valeurs ont changé tout comme la motivation», indique Chantal Charbonneau de Employment options. «Il y en a de 18 ans qui se présentent à une entrevue avec leurs parents qui répondent aux questions.» À cela, une intervenante a ajouté :  «Certains ont un déficit de savoir comment se présenter : regarder dans les yeux, enlever sa casquette…». Rapidement, certains ont fait remarquer que ce n’est pas le cas pour tous les jeunes, mais parfois : «Il faut leur donner de l’entraînement».

 

La soirée s’est terminée par une promesse de se retrouver l’an prochain pour explorer un autre thème et continuer cette collaboration  interprovinciale et interculturelle.

La rencontre Tisser des liens s’est déroulée dans la toute nouvelle salle communautaire du village de Nédélec, situé au Québec, à une quarantaine de minutes au nord de Témiskaming Shores. Tisser des liens est à l’origine une initiative de l’ACFO Témiskaming. Depuis, les corps politiques de la région du lac Témiskaming s’en sont approprié et organisent la rencontre annuelle chacun son tour. «Et ça marche», affirme James Franks du développement économique de Témiskaming Shores. «On travaille ensemble pour la prospérité de toutes les entreprises des trois communautés.» La rencontre du 21 mai était la quinzième rencontre de Tisser des liens.

 

Le maître de cérémonie, Louis Kirouac, n’a pas tardé à donner les enjeux de la soirée : «Merci d’être parmi nous, ce soir, pour discuter d’un enjeu essentiel pour nos communautés : la rétention des jeunes. Cette soirée est une occasion de se rassembler, de dialoguer et de collaborer. Nous savons que les jeunes recherchent des opportunités, un sentiment d’appartenance, du mentorat, des liens culturels et des raisons de construire leur avenir ici, dans notre région».

 

Le constat est sans appel : «Il s’agit aussi de créer des communautés où ils se sentent valorisés, écoutés, inclus et inspirés», continue Louis Kirouac.

 

La première présentation a été une vidéo de Marie Luce Bergeron. Elle a livré les résultats de sa recherche en commençant par un constat positif : «Quand les jeunes quittent pour de la formation, ils ont intérêt à revenir, parce qu’ils ont déjà un attachement au milieu. C’est important de le savoir et de profiter de leur intérêt pour leur offrir quelque chose».

 

Parmi certaines conditions favorisant le retour des jeunes figure celle de créer des partenariats avec les collèges et universités pour de la formation à distance et offrir la possibilité de faire des stages en région. Mais si l’emploi est le facteur le plus important pour que les jeunes reviennent, les communautés doivent aussi offrir un milieu de vie intéressant. «Le milieu doit se faire beau», ajoute la chercheuse. «Se donner des infrastructures de loisir comme des pistes cyclables, des activités sportives : des expériences vivantes et innovantes.»

 

Certaines embûches se dressent sur le chemin de jeunes qui voudraient choisir de revenir en région. Les régions n’ont pas le bassin de population pour soutenir la diversité de formations voulues par les jeunes et les collèges du nord peinent à maintenir des programmes, parce que les cohortes sont insuffisantes. Certaines institutions de formation n’accordent que des stages dans leur région immédiate. Puis, il  y a le problème du logement.