le Vendredi 2 octobre 2026
le Vendredi 2 octobre 2026 9:47 Non classé

Au Grand Sudbury, le logement et la santé au centre du débat des candidats à la mairie

Six des huit candidats ont pris part au débat.  — Photos : L.V
Six des huit candidats ont pris part au débat.
Photos : L.V

En perspective des élections municipales du 26 octobre, les candidats à la mairie du Grand Sudbury se sont affrontés samedi après-midi au Parkside Older Adult Centre. Ce débat crucial, centré sur les priorités des aînés, s'est tenu à l’invitation du chapitre local de l’Association canadienne des individus retraités (CARP Sudbury).

Au Grand Sudbury, le logement et la santé au centre du débat des candidats à la mairie
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André Clément, président du conseil d’administration de CARP Sudbury, a expliqué au journal Le Voyageur que cet événement s’inscrit dans une longue tradition :

«C’est la continuation d’une habitude de CARP Sudbury depuis 1999. On organise des forums comme celui-ci pour les élections provinciales, fédérales et municipales. Cela donne l’occasion aux électeurs de poser leurs questions directement aux candidats et de voir leurs réponses en direct», a-t-il expliqué.

Interrogé sur le message principal que l’association souhaitait transmettre, M. Clément a rappelé l’importance de donner la parole aux citoyens, tout en maintenant la stricte neutralité de l’organisme :

«Le seul message, vraiment, c’est que les personnes âgées à Sudbury, comme partout, ont des besoins spéciaux qui sont parfois critiques. Mais pour donner les détails, ce n’est pas à nous de faire cela aujourd’hui. C’est le rôle des membres de l’auditoire qui sont ici de poser leurs questions. Nous ne nous prononçons pas d’une façon ou d’une autre pour un parti politique ou pour un candidat. On essaie d’être aussi objectifs que possible et détachés des jeux politiques», mentionne M. Clément.

Quant à savoir si les engagements pris par les aspirants maires sauront répondre aux urgences des retraités de la région, le président reste prudent mais pragmatique. Il estime que le véritable travail commencera après le scrutin du 26 octobre :

«J’espère que oui. C’est pour cela que les candidats se sont présentés et c’est avec cet espoir que les gens sont venus voir s’il y avait des réponses à leurs questions critiques. Nous verrons bien. Par le passé, ces forums ont porté leurs fruits. Après l’élection, ce sera au candidat gagnant de respecter ses promesses et de donner suite à ses engagements. À cette étape-là, c’est hors de nos mains», déclare André Clément.

Une centaine de personnes, majoritairement des aînés, ont participé à l’événement. Six des huit candidats à la mairie de Sudbury étaient présents. Après avoir exposé leurs priorités respectives, ils ont répondu aux questions des résidents. 

Logement, transport et itinérance : Paul Lefebvre mise sur la continuité pour les aînés

Le maire sortant de Sudbury, Paul Lefebvre, a dévoilé sa feuille de route pour permettre aux aînés de vieillir dignement chez eux s’il obtient un second mandat.

Face aux demandes pressantes de l’électorat, Paul Lefebvre prône la stabilité : «Je pense qu’il faut continuer avec les programmes qu’on a commencés». 

Après une longue phase de planification, le maire sortant insiste sur l’importance de passer à l’exécution, en plaçant le logement très abordable au sommet de ses priorités. 

Pour briser l’isolement et faciliter le quotidien des résidents âgés, il s’engage à augmenter l’offre de transport en commun et à bonifier les programmes de loisirs municipaux.

La question cruciale de la crise de l’itinérance a également dominé les échanges, particulièrement à l’aube de la saison froide. Sur ce point, l’élu maintient le cap sur sa stratégie à long terme. «Pour le sans-abrisme, comme je l’ai dit, on a un plan par 20 ans pour réduire la situation», a-t-il rappelé. 

À court terme, Paul Lefebvre mise sur des demandes de financement acheminées aux gouvernements provincial et fédéral, afin de soutenir cette population vulnérable durant l’hiver, affirmant que le prochain conseil municipal devra rapidement trancher sur les budgets d’urgence à allouer. 

Les participants au débat. 

Aînés : Rodney Newton dénonce le coût des résidences 

S’il est élu le 26 octobre, le candidat à la mairie de Sudbury, Rodney Newton, s’engage à prendre immédiatement une première mesure concrète pour aider les aînés à vieillir dignement chez eux. Pour ce faire, il estime indispensable que la municipalité revoie sa reconnaissance envers ces bâtisseurs de la communauté, notamment en matière de logement et de soins de santé. 

Il déplore les coûts exorbitants des centres d’hébergement privés : «Lorsqu’ils sont chez eux, ils paient peut-être de 800 à 1000 $ par mois pour vivre, puis ils vont dans une résidence et se retrouvent tout d’un coup à payer 7 500 $ par mois. C’est tout simplement inacceptable», dénonce-t-il. 

Rodney Newton estime qu’en tant que contribuables ayant façonné Sudbury, les aînés méritent plus de respect et un soutien accru pour demeurer à domicile, plutôt que d’être contraints de se tourner vers des établissements où ils se font, selon ses mots, «arnaquer».

En ce qui concerne l’itinérance, Rodney Newton prône une approche d’écoute active basée sur son expérience de terrain, tout en soulevant un important enjeu lié au déplacement des personnes sans-abri. Il affirme qu’une grande partie de la population sans-abri de Sudbury provient d’autres municipalités qui les ont incitées à partir.

Pour y remédier, il propose de financer leur retour volontaire : «Si nous pouvons leur fournir ces billets pour qu’elles puissent retourner chez elles, nous pourrons résoudre le problème des personnes qui ne sont pas de Sudbury, afin de pouvoir nous occuper des résidents de Sudbury».

Le candidat associe également de près la détresse de la rue à l’omniprésence des stupéfiants, illustrant son propos par le témoignage d’une femme n’ayant pu s’acheter un billet de retour parce que la drogue lui avait été «poussée sous le nez». Pour briser ce cycle, Rodney Newton prône une ligne dure contre la criminalité : «La seule façon d’être plus fermes, c’est d’être très durs avec ces trafiquants de drogue et d’y mettre un terme, parce que sinon, ils vont tuer tous nos petits-enfants, et possiblement nos enfants».

Le programme de Bob Johnston pour les personnes vulnérables 

S’il est élu, Bob Johnston propose la gratuité des transports en commun dès 65 ans, un allègement fiscal de 500 $ jusqu’à 70 ans, puis un gel permanent de leurs taxes foncières. 

Son objectif est de leur offrir une stabilité financière pour qu’ils puissent «planifier leur avenir, établir un budget et rester chez eux».

Face à la crise de l’itinérance, le candidat souhaite transformer une école pour en faire un centre d’hébergement et de formation. 

En plus d’offrir un toit pour protéger les personnes vulnérables des hivers rigoureux, ce lieu proposerait des ateliers sur la gestion budgétaire et l’estime de soi. 

Pour Bob Johnston, l’accompagnement social reste la priorité absolue, affirmant que «deux mots [sont la clé] : communication et éducation».

Santé et social : les engagements et la vision de Keenan Menard 

Concernant les infrastructures de santé, le candidat à la mairie Keenan Menard propose de bâtir un nouvel établissement médical, affirmant qu’«une seule salle d’urgence» ne suffit plus pour une ville de cette taille. 

Pour ce qui est de la dignité des aînés, il estime que ceux qui assument la plus grande part de loyer méritent davantage de gratuité. Il suggère notamment d’offrir le transport en commun sept jours sur sept, critiquant la proposition d’un autre candidat d’en limiter l’accès gratuit à un jour par mois ou sept jours par semaine. 

Selon lui, cette mesure donnerait plus d’occasions aux aînés de rester actifs au sein de la communauté. 

Quant à la crise de l’itinérance, la vision de M. Menard repose entièrement sur la volonté des personnes touchées : il soutient qu’aucune action concrète ne peut être entreprise s’ils ne viennent pas formellement solliciter son aide ou celle des services sociaux pour se loger ou surmonter une dépendance. 

Miranda Rocca-Circelli veut un inventaire complet du logement abordable

La candidate à la mairie de Sudbury, Miranda Rocca-Circelli, fait de la transparence et de l’analyse de données ses priorités pour résoudre la crise du logement. Elle propose de dresser un inventaire rigoureux des programmes actuels afin d’identifier les manques, particulièrement chez les aînés.

Selon la candidate, la municipalité doit d’abord clarifier les définitions entourant le logement abordable. Pour elle, un examen approfondi de l’offre existante — qu’il s’agisse de logements coopératifs, subventionnés ou de transition — est indispensable pour savoir si les programmes répondent toujours aux réalités actuelles.

Miranda Rocca-Circelli insiste particulièrement sur le sort des personnes âgées et se positionne en faveur du maintien à domicile. Prenant en exemple sa propre situation familiale, elle rappelle que le logement est avant tout un lieu de vie : «C’est là qu’ils se sentent en sécurité et à l’aise».

Elle s’inquiète également de «la fragilité du réseau actuel», mentionnant qu’une coopérative locale arrive au renouvellement de son hypothèque et «ne pourra pas se le permettre».

Pour la candidate, l’évaluation du système actuel permettra de cibler précisément les tranches de la population laissées pour compte. Elle déplore le manque de visibilité statistique qui empêche d’ajuster l’aide municipale.

«En ce moment, nous avons des lacunes et nous n’avons pas de logements pour tout le monde», constate-t-elle.

Miranda Rocca-Circelli promet qu’une fois ces données obtenues, elle mettra en place les subventions et les programmes nécessaires pour corriger les failles du marché immobilier sudburois.

Les priorités de Michael McIntosh 

Quant au candidat Michael McIntosh, ses priorités s’articulent aussi autour du logement, des soins de santé pour les aînés et de la gestion de l’itinérance. 

Concernant les personnes âgées, il affirme que «la première étape [qu’il prendrait] serait d’organiser des consultations avec des organisations comme le CARP pour voir ce dont les aînés ont réellement besoin chez eux». 

Pour ce qui est de l’itinérance, il souhaite relocaliser les installations existantes, déclarant : «J’aimerais envisager de déplacer le site de campement actuel. […] L’avoir dans un emplacement où nous investissons deux millions de dollars pour construire un site d’itinérance n’a pas de sens». 

Ce qu’en ont pensé les électeurs

À l’issue de l’événement, le journal Le Voyageur a recueilli les impressions de participants. Raymond Joncas a particulièrement apprécié la diversité des profils et des parcours des candidats à la mairie.

«J’aime obtenir autant de points de vue différents : d’un homme de la classe ouvrière qui n’a manifestement jamais brigué de mandat auparavant, à un maire qui possède un immense bagage politique, jusqu’à un candidat guidé par la pure passion», indique Raymond Joncas.

Si certains candidats lui ont semblé un peu déstabilisés, il note que deux ou trois d’entre eux se sont nettement démarqués par leur maîtrise globale des dossiers.

De son côté, Linda Carter, une autre résidente a partagé les priorités qui guideront son vote le 26 octobre. 

Pour elle, la crise du logement n’est pas la priorité absolue, car elle juge l’offre actuelle d’habitations à prix modique encore acceptable. 

Elle se préoccupe plutôt de la hausse visible de l’itinérance, un enjeu pour lequel elle salue la clarté des propositions entendues.