le Jeudi 4 juin 2026
le Mercredi 14 février 2024 13:30 Arts et culture

Un loup de la région de la Fontaine s’invite à Sudbury

Basile Dorion, conteur métis. — Photo : Courtoisie.
Basile Dorion, conteur métis.
Photo : Courtoisie.

La 2e édition De Notre foyer au Vôtre, qui aura lieu en accès libre le 16 février à 18h, au Collège Boréal, à l’initiative du Centre franco-ontarien de Folklore, connaîtra la participation de quatre artistes, entre conteurs et musiciens. Pour vous donner un avant-goût, Le Voyageur a été à la rencontre de Basile Dorion, un métis de la Baie du Tonnerre. Il s’est converti au conte il y a sept ans. Soit à l’âge de… 68 ans !

Un loup de la région de la Fontaine s’invite à Sudbury
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Basile Dorion a eu plusieurs vies. Très jeune, il a vendu des aspirateurs, a réparé des toitures et a travaillé dans les usines et la construction. Plus tard, il a été conseiller scolaire et a œuvré dans le milieu communautaire et culturel francophone, avant de revenir à la construction résidentielle.  

Mais Basile avait un don, une sorte de vocation qu’il n’avait jamais pris au sérieux : la parole. 

«Je ne suis pas tellement gêné pour parler. Habituellement, je dis aux gens que ça coûte cinq sous pour me faire parler et dix piastres pour me faire fermer la yeule ! J’ai donc la parole facile et il y en a qui me payent pour faire des contes», lance-t-il, un brin d’humour. 

La culture orale, Basile Dorion la tient surtout de sa mère, Rita Chrétien, dont la famille habite proche de l’eau, avec toutes les histoires et les contes qui gravitent autour. Tandis que du côté de son père, Alfred Basile, on pratiquait plutôt le silence, comme la famille a vécu proche de la forêt. 

«Ma mère a grandi à la baie du Tonnerre et elle est issue d’une communauté métis. Dans sa famille, ils étaient tous des pêcheurs commerciaux. Longtemps passé, presque tout le monde à la baie du Tonnerre travaillait dans la pêche commerciale, parce que les métis étaient beaucoup plus attirés par l’eau. Tandis que les Canadiens français, comme du côté de mon père, dans la région de La Fontaine, étaient surtout fermiers ou bûcherons», raconte-il.

«Je me sens plus proche du Nord»

À l’âge de 68 ans, Boris Dorion a été approché par Joëlle Roy, directrice de La Meute culturelle de Lafontaine, pour participer au Festival du loup, qui se déroule chaque année depuis vingt ans à La Fontaine. Ce n’était pas difficile de le convaincre, puisqu’ il reconnaît lui-même qu’il suffit de peu pour le faire parler ! 

Boris Dorion s’est déjà produit à deux reprises à Sudbury. «Cela fait trois ans que je ne suis pas venu à Sudbury. Ce serait le fun d’y retourner. J’ai toujours été attaché au nord plus qu’au sud. Physiquement, à La Fontaine, on est plus près de Toronto que de Sudbury. Mais j’ai plus d’attachement avec le nord de l’Ontario qu’avec le sud de la province. En raison de mes origines métis, je suis plus attiré par la nature et la chasse. Et en cela, je trouve que les gens du Nord me ressemblent plus que les gens du Sud», confie-t-il. 

Pour son spectacle, Doris Dorion va conter la légende d’un loup qui a sévi il y a longtemps dans la région de la famille à son père. 

«Je vais parler de la légende du loup de la fontaine. Il y a à peu près 100 ans passés, il y avait un loup qui faisait des ravages dans le coin et ça avait bouleversé la communauté», annonce-t-il. 

D’autres artistes 

La 2e édition De Notre foyer au Vôtre connaîtra aussi la participation de trois autres artistes issus de cultures et d’horizons différents. Wandara Topzo, musicien d’origine centrafricaine, présentera le djembé, un instrument de percussion qui fascine l’organisateur de l’événement, le directeur général du Centre franco-ontarien de Folklore, Patrick Breton.  

« C’est un excellent musicien avec qui j’ai appris que les différents rythmes du djembé peuvent avoir chacun une signification. Il y en a qui sont utilisés pour les célébrations et d’autres pour le deuil, par exemple», souligne-t-il. 

Paul Lemelin sera également de la partie et comme il a déjà joué avec Wandara Topzo, il pourrait joindre son violon au Djembé. 

«Paul Lemelin va aussi parler de la podorythmie, parce que c’est quelque chose de typiquement canadien-français», ajoute Patrick Breton. 

Le quatrième artiste est un conteur d’origines maghrébines. Il s’appelle Saïd Ben Youcef.  

«Il y a énormément de cultures dans la francophonie ontarienne que nous ignorons. L’intérêt de cet événement est aussi de s’ouvrir sur les autres et élargir le champ de notre patrimoine», relève le directeur général du Centre franco-ontarien de Folklore. 

Il invite les Sudburois à se rendre nombreux au spectacle, où quelques bouchers les attendent également.