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le Jeudi 28 mai 2026 14:01 Arts et culture

50 ans de fierté : quand la danse célèbre la vitalité francophone à Sudbury

Pierre-André Muila Kayembe, chorégraphe et instructeur de danse. — Photo : Venant Nshimyumurwa
Pierre-André Muila Kayembe, chorégraphe et instructeur de danse.
Photo : Venant Nshimyumurwa

Le dynamisme de la culture francophone s'apprête à faire vibrer la communauté de Sudbury. Le 30 mai prochain, le collectif «Le prochain chapitre» dévoilera son tout nouveau projet intitulé «50 ans de fierté ! Ensemble pour demain», au Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGS). L’initiative ambitieuse marie l'art, la culture et l'action communautaire.

50 ans de fierté : quand la danse célèbre la vitalité francophone à Sudbury
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Ivan Diro, membre du groupe.

Photo : Venant Nshimyumurwa

Derrière ce projet, on retrouve un quatuor soudé : Ivan Diro, Eva Irié, Ange Ngadjeu et Pierre-André Muila Kayembe. Accompagnés par des mentors, ces quatre complices se connaissent et s’apprécient depuis de nombreuses années grâce à leurs parcours artistiques respectifs.

«Quand nous avons tous postulé pour ce projet, nous nous sommes dit : pourquoi ne pas travailler ensemble puisque nous sommes de la même ville ?», confie Pierre-André Muila Kayembe, chorégraphe, instructeur de danse et membre du collectif. 

Pour cette équipe de passionnés, l’objectif initial était limpide : célébrer la francophonie locale main dans la main avec la population. «En tant que francophones, nous sommes fiers de nos origines. Nous avons voulu mettre nos talents en commun pour incarner cette fierté à travers ce projet», indique Pierre-André.

La diversité au rythme de la danse

Pour le grand rendez-vous du 30 mai, la danse occupera une place centrale. Pierre-André Muila Kayembe, installé à Sudbury depuis dix ans et originaire de la République démocratique du Congo, promet une expérience unique et inclusive. 

Les participants ne doivent pas s’attendre à une simple leçon de danse traditionnelle.

«Ce sont des pas de danse qui reflètent la diversité», explique le chorégraphe. «Pour moi, chaque mouvement porte sa propre signification. C’est ce que nous allons explorer ensemble. Avec la bonne musique, nous allons vibrer à l’unisson.»

À travers ses chorégraphies, l’artiste souhaite véhiculer des messages puissants de collectivité, de diversité et, surtout, de célébration. L’événement coïncide d’ailleurs avec une étape historique majeure pour la province. «Les 50 ans de la francophonie en Ontario et du drapeau franco-ontarien, c’est hautement significatif. C’est un jalon important : il faut danser et faire la fête!», s’enthousiasme-t-il.

Pour Pierre-André, l’art corporel s’impose comme le véhicule idéal de cette fierté partagée, tout en offrant des bienfaits insoupçonnés pour la santé. 

«La danse est une pure expression. C’est aussi une occasion de bouger. On n’a pas toujours besoin de soulever des poids ou de s’imposer un entraînement rigide pour rester actif. On peut faire de l’exercice tout en s’amusant», conclut-il avec un sourire.

Le regard d’un artiste multidisciplinaire

Autre membre clé du collectif «Le prochain chapitre», Ivan Diro est originaire de la Côte d’Ivoire. S’il se présente comme un entrepreneur dans le domaine des médias, il vibre avant tout pour la création artistique, naviguant entre le chant, la performance et le théâtre.

Pour l’événement du 30 mai, il se chargera d’immortaliser chaque instant des ateliers de création. 

«Le projet va se solder par un documentaire qui va retranscrire en images cette journée d’atelier», explique-t-il. 

«Je vais coordonner et filmer les trois volets : l’art visuel avec Ange, la danse avec Pierre-André et le chant avec Éva. Au-delà des images, l’objectif est surtout de susciter de grandes discussions.»

Célébrer 50 ans d’histoire et de fierté

Cette initiative s’inscrit dans les célébrations du «50 ans de fierté», une activité lancée par le bureau de la lieutenant-gouverneure de l’Ontario. Un jalon historique qui résonne profondément avec la vision du groupe.

«Parler de 50 ans de fierté signifie que des bases solides ont été jetées avant nous», souligne Ivan Diro. 

«En tant qu’artistes de la nouvelle génération, nous voulons comprendre ce passé pour mieux appréhender notre présent. C’est pour cela que nous avons invité nos aînés à se joindre au projet. Nous voulons honorer les racines de la francophonie en Ontario, tout en ouvrant, comme le nom de notre collectif l’indique, le prochain chapitre.»

À l’écran, le réalisateur souhaite mettre en lumière une francophonie vivante, ancrée dans les réalités quotidiennes. Les discussions aborderont l’accessibilité aux services en français dans tous les domaines — de la santé à l’éducation — sans oublier la place cruciale de l’art. «Nous allons réfléchir à nos prochains défis. Où voulons-nous aller ensemble pour le futur?», lance-t-il.

Un impact durable pour la communauté de Sudbury

Qu’est-ce que les participants retiendront de leur passage, entre 10 h et 15 h, lors de ce samedi de festivités? Pour Pierre-André, l’enjeu principal est identitaire : il s’agit de réaliser que la francophonie est bel et bien vibrante à Sudbury.

«En tant que minorité dans une ville majoritairement anglophone, cet événement est une occasion unique de rassembler les francophones de Sudbury et de tout l’Ontario», affirme Pierre-André avec conviction. 

«Nous voulons montrer que nous sommes fiers, que notre culture est bien vivante, et qu’elle est là pour rester.»

Déjà, les deux jeunes leaders tournent leur regard vers l’avenir du collectif. Ils saluent le travail colossal déjà accompli par les institutions locales, comme le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) et le Centre de santé communautaire, qui maintiennent la culture francophone active.

«Notre but est de nous insérer dans cet écosystème pour voir comment pérenniser et bonifier ce qui existe déjà. Il faut continuer, sans relâche, à valoriser notre langue», promettent-ils d’une même voix.