le Mercredi 3 juin 2026
le Jeudi 10 octobre 2024 9:00 Société

Amber-Lyn May, une jeune autochtone qui allie science et sport

Amber-Lyn May — Photo: L’Université Laurentienne
Amber-Lyn May
Photo: L’Université Laurentienne

Issue de la Première Nation Tihltan, du Nord de la Colombie-Britannique, Amber-Lyn May se retrouve aujourd’hui à l’Université Laurentienne en tant qu’étudiante de quatrième année du programme médico-légal ainsi que membre, depuis 2021, de l’équipe de ballon-panier féminine de l’institution. Elle espère être admise à l’École de médecine de l’Université de Calgary dans le but de devenir médecin-légiste.

Amber-Lyn May, une jeune autochtone qui allie science et sport
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«La science médico-légale m’a toujours intéressé, avoue-t-elle au Voyageur lors d’une entrevue. J’ai toujours voulu travailler dans un domaine médical qui est chargé d’effectuer des enquêtes. Pouvoir enquêter sur des scènes de crime, voilà quelque chose que j’ai toujours voulu avoir l’occasion de faire». D’abord intéressée au domaine de la criminologie, elle a tôt fait d’en être désabusée après avoir appris en quoi cette spécialité consistait.

«Il n’y a pas beaucoup de programmes médico-légaux dans les universités de l’Ouest canadien, affirme-t-elle. Suite à des recherches, j’ai réalisé que la Laurentienne s’avérait être la meilleure option pour moi surtout parce que les professeur.e.s ont de l’expérience pratique dans le domaine et non pas simplement des connaissances théoriques et abstraites ». 

Les sciences médico-légales offrent l’occasion de travailler dans plusieurs domaines. De tous ces domaines, on lui a conseillé d’opter pour l’école de médecine. «Je vais faire ma demande à Calgary, parce que cette université promet une entrevue à quiconque possède les connaissances requises et peut démontrer une ascendance autochtone». En effet, l’école de médecine requiert que six pour cent de ses étudiant.e.s soient d’ascendance autochtone. Si elle n’est pas admise en médecine, Amber-Lyn a l’intention de faire une demande d’admission au programme de maîtrise d’adjointe-pathologiste. Cet été, elle a passé le test d’admission à un collège médical (MCAT en anglais), un test requis par l’Université de Calgary pour être admise à son école de médecine.

Aptitudes 

L’une des raisons qui l’ont incitée à faire demande d’admission à cette école, c’est de pouvoir retourner à la ville où elle a grandi au sein d’une famille de cinq frères et cinq sœurs. Elle est la huitième d’une famille de 11 enfants dont le père est agent correctionnel et la mère gérante d’un entrepôt de Walmart.  De ses frères et sœurs, un frère aîné poursuit des études médicales; il termine sa résidence en pédiatrie et s’oriente vers une carrière de médecin.

Amber-Lyn admet que la pratique du sport et les études l’ont incitée à ne pas devenir une habituée des drogues. Elle a joué au soccer pendant plusieurs années avant de tomber en amour avec le ballon-panier à l’âge de 13 ans alors qu’elle était en septième année de l’école primaire. « Il s’agit d’un environnement encourageant dans lequel il m’a été facile de m’intégrer, déclare-t-elle. J’ai ressenti que ce sport était fait pour moi ».

C’est grâce à ses aptitudes pour ce sport que la Laurentienne l’a recrutée pour son équipe universitaire en 2021. «J’aime les joueuses et surtout le personnel d’entraîneurs. Nous partageons tous le même objectif lorsque nous jouons, soit de gagner. Les entraîneurs nous préparent très bien non seulement pour les parties mais aussi dans d’autres domaines telle la gestion du temps. Comme pour plusieurs étudiant.e.s-athlètes, l’emploi du temps est très chargé surtout en sciences qui exigent des laboratoires en plus de l’entraînement régulier, des joutes et des études universitaires. Lorsque l’équipe joue à l’extérieur, je suis obligée de rattraper le temps perdu au niveau des cours».

L’avantage d’une petite ville 

Depuis qu’elle est membre de l’équipe, cette dernière a toujours réussi à se positionner pour les éliminatoires. Malheureusement, elle a toujours réussi à perdre contre l’équipe de l’Université d’Ottawa. «Je crois toutefois que cette saison, qui débute le 25 octobre contre l’Université de Toronto, sera différente; elle sera beaucoup meilleure que les années dernières», espère-t-elle.

En plus de son expérience à la Laurentienne, qu’elle juge très positive, Amber-Lyn admet avoir vécu une expérience semblable en ce qui a trait à la ville de Sudbury. «Je trouve que les gens ont le temps d’engager une conversation, contrairement à ceux des plus grandes villes telles Calgary. J’apprends à connaître les gens davantage».

Donc, Amber-Lyn juge son expérience à Sudbury et à la Laurentienne de positive. Ce qui ne l’empêche pas d’espérer être admise à l’Université de Calgary et de devenir par la suite médecin-légiste. « Si je deviens médecin, je veux travailler dans les communautés rurales, particulièrement dans le Nord de la Colombie Britannique. Je crois que j’aurai beaucoup à offrir à ces communautés et que je pourrai faire une différence», conclut-t-elle.

C’est dans cette optique qu’en cette année universitaire, en plus de ses études, de ses laboratoires et d’être basketteuse, Amber-Lyn s’adonne à l’apprentissage de la langue maternelle de ses ancêtres autochtones.