L’objectif est de rapprocher les œuvres littéraires des citoyens, en particulier de ceux qui sont éloignés des structures traditionnelles comme la bibliothèque.
«Le printemps est arrivé et (…) les Grandes Boîtes à Livres situées dans tout Timmins sont remplies de livres et prêtes à être appréciées par la communauté, lançait, le jeudi 25 mai, le comité des Grandes Boîtes à Livres.
«C’est juste pour encourager l’amour de la lecture pour les gens qui viennent peut-être moins souvent à la bibliothèque ou qui n’ont pas accès au centre-ville», explique au Voyageur Carole-Ann Demers, directrice générale de la Bibliothèque publique de Timmins. «On espère qu’éventuellement, ils viennent nous voir ici pour avoir beaucoup plus de choix qu’une petite boîte qui est dehors.»
Carole-Ann Demers, directrice générale de la Bibliothèque publique de Timmins, s’occupe personnellement de la gestion de la boîte de lecture, à moitié francophone, de la rue Park.
Un concept basé sur la bonne foi
Le fonctionnement de ces boîtes d’une capacité d’une trentaine de livres repose entièrement sur la générosité et le civisme. Chaque boîte possède son propre style visuel et ici, pas de carte de membre, pas de date limite ni de frais. Le processus est totalement anonyme. On s’approche d’une boîte, on ouvre la porte, et on repart avec ce qui nous plaît. Le projet opère sous une devise accueillante : «Prenez un livre, laissez un livre, partagez un livre».
«C’est basé sur la bonne foi», confirme la directrice générale. Ce ne sont pas des livres de la collection active de la bibliothèque, mais des volumes qui ont été donnés par la communauté ou retirés des inventaires. Si les usagers peuvent remplacer le livre emprunté par un autre, c’est tant mieux, mais ce n’est pas une obligation.
La boîte de lecture de la rue Park, jouxtant l’École catholique ST-Dominique.
Le défi de la dualité linguistique
Dans une ville comme Timmins, la question de la langue reste cruciale, comme c’est le cas pour la gestion de la boîte à livre sur la rue Park, jouxtant l’École catholique ST-Dominique. Mme Demers, qui gère personnellement la boîte de ce quartier à forte concentration francophone, veille rigoureusement à maintenir un équilibre de 50 % de livres en français et 50 % en anglais. À l’échelle globale, elle constate toutefois une réalité propre à la communauté : «Je peux dire que les livres anglais bougent plus. Les français bougent un peu moins, mais ça ne veut pas dire qu’ils ne bougent pas», nuance-t-elle.
Selon Mme Demers, les boîtes de lecture des autres quartiers contiennent ou peuvent contenir des livres en français, mais pas autant que la boîte de la rue Park. Pour l’heure, il n’existe pas de données pouvant le déterminer. «C’est pour cela que nous avons lancé un sondage, afin que nous puissions déterminer les préférences des citoyens des différents quartiers en termes de choix de lecture et de langue, afin de fournir les boîtes de livres en conséquence.»
Bien que le comité ne dispose pas de budget spécifique pour stimuler la lecture francophone, l’organisation mise beaucoup sur son récent appel à la communauté. En publiant une carte Google Maps de l’emplacement des boîtes, le comité espère augmenter leur utilisation et recueillir de précieux commentaires.
La parole est aux lecteurs
«La communauté a fait preuve d’un amour immense pour ce projet», se réjouit Mary Gardner, présidente du Great Book Box Committee. Cependant, bien que le projet ait bénéficié d’une belle visibilité médiatique au fil des ans, le comité n’avait encore jamais réalisé de sondage à grande échelle auprès de la population. Les extensions passées se sont faites de manière organique, au gré de l’implication des bénévoles prêts à fabriquer, installer ou surveiller de nouvelles boîtes.
Après ce parcours, le comité invite maintenant les résidents à remplir un sondage (disponible en français et en anglais) pour savoir quelles boîtes ils utilisent, quels types de lectures ils aimeraient y trouver et où installer les prochains points de partage. Quelques réponses de la communauté francophone ont déjà commencé à être acheminées, un signe très encourageant pour la suite et confirmant entre autres l’importance cruciale de conserver cette offre dans les deux langues.
Par ailleurs, le récent communiqué de presse produit par le comité visait aussi à remercier l’ensemble de la communauté qui a contribué de près ou de loin à ce projet. Une reconnaissance essentielle, car «beaucoup de gens mettent des livres dedans et on devrait remercier la communauté», a précisé Carole-Ann Demers.
Sondage et autres informations utiles
Pour repérer la boîte la plus proche de chez vous ou pour donner votre avis, visitez le site Web de la Bibliothèque publique de Timmins au timminspubliclibrary.ca, où vous trouverez les liens directs vers la carte Google Maps et les sondages en français et en anglais sur ce lien notamment :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSessbwZe44kltUn5jwGlWNGoU9rVqE72rXLrC3v-PP_PO6i2g/viewform
Vous pouvez également suivre les développements du projet sur leur page Facebook : Timmins Public Library / Bibliothèque municipale de Timmins. C’est une belle occasion de troquer une vieille lecture contre une nouvelle découverte !