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Accordéon et violon, première union sur scène après 25 ans

  Photo: Aline Fablet
Photo: Aline Fablet

De retour pour une deuxième saison, La Slague, sous la direction artistique de Dan Bédard, a présenté le Bistro des découvertes, qui rassemble tous les éléments d’un véritable bistro : vin, café, nappes, ambiance conviviale, prix modestes, menu simple et, surtout, découverte de talents. Melissa Schaak, violoniste réputée, a présenté son frère Andrew Schaak à l’accordéon dans le Studio Desjardins de la Place des Arts, le mardi 24 septembre 2024.

Accordéon et violon, première union sur scène après 25 ans
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Andrew a d’abord joué en solo, puis sa sœur l’a rejoint pour les trois dernières chansons, marquant ainsi leur première union, seuls et ensemble, sur scène après 25 ans.

Montre et raconte

La foule ressentait l’enthousiasme de Melissa Schaak, qui a partagé que son activité préférée à l’école primaire était «Montre et raconte». Sa fierté était palpable lorsqu’elle a présenté son frère cadet, mettant en avant son talent et souhaitant ardemment que l’auditoire apprenne à le connaître tout en découvrant son immense potentiel.

Melissa a eu l’occasion de partager la scène avec des légendes comme Chaka Khan et des voix puissantes comme celles de Josh Groban et Idina Menzel.  Elle a également collaboré avec Michael Bublé, et Richard Desjardins. En outre, elle est membre de plusieurs orchestres, dont le Sudbury Symphony Orchestra, le Timmins Symphony Orchestra, l’Orchestre symphonique Abitibi-Témiscamingue et l’Ensemble Aiguebelle.

En tournée musicale avec Zabava depuis des années, Christina Masotti et Melissa unissent désormais leurs talents dans le groupe 2VPlus pour créer une synergie musicale unique. Le mot «Zabava» provient du slavisque et signifie généralement «divertissement» ou «fête». En croate, le mot désigne une activité ou un événement festif, souvent associé à la danse et à la musique. Andrew et Melissa ont également fait partie du groupe Zabava, aux côtés de plusieurs autres musiciens, tels que Michael Poulton, Jeff Fuller, Johnny Shelegey.

Fiers de leur héritage

D’origine ukrainienne, francophone, allemande et métis, Melissa et Andrew ont fréquenté les écoles francophones de Dowling et de Chelmsford. Bien que leur mère ne parlait pas français à l’époque, l’importance d’exposer les enfants à la langue francophone et de les immerger dans cette culture, a été une recette gagnante pour apprendre la langue paternelle. Sur scène, ils ont tenu à remercier leur mère, qui les emmenait, durant leur enfance, au club ukrainien sur la rue Frood à Sudbury pour des leçons de danse et de chant, ainsi que pour la vente de pierogies. Dans la culture ukrainienne, Malanka signifie la veille du jour de l’an. Selon leur mère, «chaque langage a besoin d’être exprimé.»

Leurs talents musicaux leur ont permis de voyager à travers le monde : lui à l’accordéon, elle au violon. Grâce à leur passion pour la musique, Mme Schaak assiste encore aujourd’hui à de nombreux concerts, peu importe le lieu.

De l’acoustique au numérique

L’artiste nous a fait découvrir son instrument avec humour et passion. Il a détaillé toutes les subtilités de son accordéon et expliqué son fonctionnement, notamment comment tenir le son et le faire gonfler.

Il activait une multitude de boutons avec les doigts. La note la plus grave se trouve sur le clavier de la main gauche, et c’est un mi, tandis que la note la plus aiguë, un sol, se trouve sur le clavier de la main droite. L’accordéon possède une grande tessiture.

De nos jours, cet instrument à vent n’est plus aussi populaire, sauf dans certains pays comme l’Allemagne et d’autres régions de l’Est européen. Il a dû s’adapter aux changements de l’industrie musicale. Les anciens accordéons ont évolué vers ce que nous connaissons aujourd’hui comme l’accordéon numérique. Ce dernier utilise le système M.I.D.I. (Musical Instrument Digital Interface), un protocole de communication entre différents instruments. Pour simplifier, le M.I.D.I. envoie des messages de commandes codés numériquement.

L’accordéon numérique reproduit des sons d’une qualité supérieure, qu’ils proviennent d’échantillons numériques ou d’instruments acoustiques. Il en va de même pour les autres sons d’instruments de musique préprogrammés ou installés dans l’accordéon (basse, piano, violon, guitare, harpe, flûte, etc.), enregistrés sur la carte mère et/ou la carte SD de l’appareil. Le filage du son, c’est-à-dire démarrer un son à partir de zéro et le gonfler progressivement, est également une fonctionnalité intéressante, tout comme les écrans OLED qui facilitent l’interaction avec l’instrument.

Un voyage musical  

Évoquant un parcours musical à travers les expériences, les influences et les souvenirs familiaux, les chants traditionnels ukrainiens ont joué un rôle central. Selon Daniel Champagne, la soirée était «simplement wow». Plongeant les spectateurs dans la nostalgie, l’artiste a interprété dès le début la chanson «Rider’s on the storm» de The Doors. Il a également mentionné l’influence de la musique de Lawrence Welk, un accordéoniste qu’il écoutait dans sa jeunesse.

Il a présenté la chanson «Après la brosse» d’Oscar Thiffault, un chanteur folklorique québécois qu’il a appris à apprécier grâce aux refrains accrocheurs que son père chantait avec enthousiasme durant son enfance. Isabelle Ratté, impressionnée par la maîtrise de l’instrument, a souligné comment l’artiste pouvait bouger le bras droit et le bras gauche, tout en choisissant l’instrument d’accompagnement sur l’écran et en chantant, ajoutant ainsi «un quatrième mouvement». Elle était également émerveillée par la dextérité de l’artiste, qui jouait de l’accordéon, chantait et produisait un son polyphonique avec des rengaines du quotidien. «C’est dément!», a-t-elle ajouté.

Il a ensuite interprété «Margaritaville» de Jimmy Buffett et «Flight of the Bumblebee» de Rimsky-Korsakov.

Frère et sœur ont clôturé l’heure avec le chant préféré de leur mère, «Cherry Blossom», suivi de deux chants ukrainiens. Pendant cette performance, Melissa a reproché à son frère de jouer trop vite, dépassant la cadence des boutons de l’accordéon. Simon Jutras, alias Mclean, un musicien de formation classique de la région de Sudbury, a particulièrement apprécié «leur complicité et la précision de la tonalité» de leurs instruments.

Au bistro…

Pour le menu de la soirée, Melissa a choisi le stir-fry végétarien, ce qui lui rappelait les moments où elle n’avait pas la chance de commander dans certains restaurants alors qu’elle était végétarienne. La poutine aux cornichons frits lui évoquait également le restaurant de Little Current, lors de ses voyages pour aller visiter sa mère sur l’île Manitoulin.

Dans l’univers de Melissa

Parmi la liste des dix recommandations de Melissa, une tradition du Bistro des découvertes, on trouvait la «Quintette à cordes en C majeur, D.956» de Schubert, le «Quintette pour piano en fa mineur, opus 34» de Brahms, la «Ronde des lutins, Scherzo fantastique, Op.25» de Bazzini, le «Quatuor pour la fin du Temps» de Messiaen et les «Quatres saisons de Buenos Aires» de Piazzolla. Ces choix reflètent bien sa formation musicale à l’Université Wilfrid Laurier et au Conservatoire à Amsterdam. Avant le spectacle, la musique FUSE (fusemusic.nl), d’Aysanabee et de Shpongle était diffusée avant et pendant le repas, créant une ambiance digne d’une expérience sensorielle exceptionnelle.

En somme, ce spectacle a non seulement fait découvrir et célébré le talent musical remarquable des deux artistes, mais il a également ravivé des souvenirs et des émotions lors de cette soirée inoubliable, tout en rappelant l’importance des arts et de la culture au cœur de l’humanité.