Germaine Paquette se présente comme une femme très ordinaire qui fait des choses très ordinaires, mais avec beaucoup d’amour.
«Je n’ai pas construit des hôpitaux ni des écoles, mais je me dévoue pour les pauvres et les moins fortunés, dans ma communauté», indique Mme Paquette.
«Et puis partout où je passe, je fais la promotion de ma langue maternelle, ma francophonie», ajoute-t-elle.
C’est rare qu’elle parle de ce qu’elle fait.
«Ne vous attendez pas, au cours de cette entrevue, à ce que j’énumère tout ce que je fais; j’aime travailler dans l’ombre», prévient-elle au Voyageur.
Mais comment le club Richelieu a pu l’identifier et lui décerner un prix ?
«C’est une amie qui leur a tout révélé sur moi», explique Germaine Paquette.
«Quand j’aide ma communauté, je ne le fais pas pour avoir de la gloire ou pour être reconnue. Tout simplement, ça me donne la satisfaction personnelle d’avoir accompli quelque chose», fait-elle savoir.
Elle est certaine qu’elle tire cette attitude de sa mère. «Ma mère était terriblement généreuse même si on était très pauvres», dit-elle.
Son enfance
Germaine Paquette est née en 1947 dans un petit village qui s’appelle Hallébourg, près de Hearst, au Nord de l’Ontario. Son père y avait une ferme. Elle y a fait l’école primaire jusqu’en 8e année. Elle a poursuivi son cycle secondaire à Hearst avant de déménager, en 1965, à Sudbury, où elle a commencé un programme postsecondaire pour devenir enseignante. Germaine Paquette a décidé de rester à Sudbury.
Première contribution pour la francophonie
Mme Paquette a enseigné pendant un an à Sudbury, puis elle est allée travailler à Wawa, au Nord de la ville de Sault-Sainte-Marie.
Sa cousine était directrice d’une école dans cette région-là et avait de la difficulté à trouver des enseignantes.
«Elle m’a appelée, j’ai accepté et je suis allée y travailler», se souvient-elle.
«Wawa était une communauté très anglophone. J’ai demandé si, en dehors du travail ordinaire, il y avait moyen d’offrir des cours de français aux adultes de la communauté. On m’a dit que c’était possible, que je pouvais le faire, mais qu’il n’y avait pas d’argent pour me payer», raconte-t-elle.
Elle leur a répondu qu’elle était prête à le faire bénévolement.
«On a fait passer l’annonce, et, mon Dieu, le cours était vite rempli! On a été obligé de refuser du monde. Les gens d’affaires anglophones de ce coin voulaient apprendre à parler français. J’ai éprouvé tellement de plaisir avec ça», confie Mme Paquette.
«C’est l’une de mes premières contributions quand j’étais tout jeune», se félicite-t-elle.
Germaine Paquette (au milieu) lors du lever du drapeau franco-ontarien à Azilda en juin dernier
Inculquer le goût de la culture à ses enfants
Mme Paquette est restée un an à Wawa, s’est mariée et est retournée à Sudbury. En famille, elle a commencé à impliquer ses enfants dans des activités culturelles francophones.
«Je me rappelle le jour où j’ai acheté un billet à mon fils Stéphane Paquette pour qu’on aille ensemble participer à l’événement La Nuit sur l’étang», déclare-t-elle.
«Je voulais qu’il voie ce que c’est que la culture francophone. C’est beau d’aller étudier dans des écoles francophones, mais en dehors de l’école, tu fais quoi pour vivre ta langue?».
«Je l’ai impliqué dans la culture francophone et puis il est devenu ce qu’il est devenu : Stef Paquette, auteur-compositeur-interprète», se réjouit-elle.
Toujours occupée, même rendue à la retraite
À la retraite depuis l’an 2000, Germaine Paquette reste occupée à promouvoir la francophonie, bénévolement.
Avec deux autres personnes, elle administre la page Facebook Franco-Ontariens du Nord de l’Ontario.
«On s’assure que tout ce qui se passe dans le nord de la province au niveau de la francophonie est affiché pour que les gens en soient informés», explique Germaine Paquette.
Elle s’occupe également de la page Facebook du club d’âge d’or d’Azilda.
Le vendredi, elle se charge du jeu de galets pour un club de personnes âgées.
«Tout se déroule en français, j’encourage tout le monde à parler français», mentionne-t-elle.
Elle indique qu’elle s’adonne actuellement aux œuvres de charité. Avec d’autres bénévoles de sa communauté, elle participe à la collecte de vêtements chauds et de nourriture pour les personnes dans le besoin, à l’approche de l’hiver.
«Je fais du bénévolat aussi à la Place des Arts du Grand Sudbury pour les activités organisées par le Centre franco-ontarien de folklore et par le Théâtre du Nouvel-Ontario.
Je ne m’ennuie pas quand je suis libre, je m’occupe, j’aime jardiner aussi», souligne-t-elle.
L’avenir l’inquiète un peu
Germaine Paquette affirme qu’elle participe régulièrement aux activités culturelles et artistiques. Elle aime les pièces de théâtre et les concerts de musique. Elle y assiste souvent.
«J’y rencontre principalement les personnes âgées, je n’y vois pas beaucoup de jeunes. Parfois, ça m’inquiète», se désole-t-elle.
Elle répète qu’il revient aux parents d’amener les jeunes à vivre la francophonie.
Toutefois, elle est encouragée de voir quelques jeunes du secondaire qui s’impliquent, comme Amyka Gagné, Roxanne Kamagate et Karine Tessier récipiendaires du Prix de jeunesse Richelieu cette année.
«J’ai de l’espoir quand je vois ça», confie-t-elle.