le Jeudi 4 juin 2026
le Dimanche 4 mai 2025 9:00 Arts et culture

Dévoilement d’une murale anishinaabe à l’Université Algoma

Lucia Laford et la murale Woodland aux bureaux de SASA, Université Algoma, le 22 avril 2025. — Photo: Isa Michaud
Lucia Laford et la murale Woodland aux bureaux de SASA, Université Algoma, le 22 avril 2025.
Photo: Isa Michaud

Lucia Laford a présenté une murale créée avec 11 étudiants à l’intérieur des bureaux de l’association étudiante anishinaabe de Shingwauk, à l’Université Algoma, le 22 avril dernier. Une oeuvre symbolique et significative de la vie anishinaabe.

Dévoilement d’une murale anishinaabe à l’Université Algoma
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Il y a toujours une manière anishinaabe

Lucia Laford est unᐧe muraliste anishinaabe et professeurᐧe à temps partiel de l’Université Algoma au programme d’arts visuels. Cette année, iel a dispensé un cours de peinture murale à l’intérieur des bureaux du Shingwauk Anishnaabe Students Association (SASA). Accompagné.e de deux étudiantes, Sandra Kurian et Elizabeth Nahwegezhic, Pr. Laford a présenté la murale de 5 mètres par 2 mètres à une trentaine de personnes réunies pour apprécier l’œuvre. 

«J’ai demandé aux étudiants s’ils avaient des suggestions de mur sur lequel peindre notre murale, mais dans une université, les murs appartiennent tous à tel ou tel département ou association. En bout de ligne, il y a toujours une manière autochtone de faire les choses qui finit par se matérialiser. Elizabeth Nahwegezhic, l’une des étudiantes du cours et la vice-présidente de SASA, a suggéré : hé, nous avons un mur, dans le salon de SASA», relate Lucia Laford.

L’ancien site du pensionnat indien Shingwauk

Fondée en 1965 et située sur l’ancien site du pensionnat indien Shingwauk, l’Université Algoma a pour mission spéciale de fournir un apprentissage interculturel entre les communautés autochtones et d’autres communautés du Nord de l’Ontario. Les bureaux du Shingwauk Anishinaabe Student Association (SASA) / L’Association des étudiants Anishinaabe de Shingwauk est un lieu où les étudiants Anishinaabe peuvent se rencontrer, travailler et étudier. 

«SASA a été tellement incroyable, nous n’aurions pas pu le faire sans leur soutien!» s’exclame Laford.

La peinture Woodland

La peinture Woodland est un style de peinture popularisé par l’artiste ojibwe Norval Morrisseau dans les années 1960. Ce style figuratif abstrait représente les vues spirituelles et traditionnelles des liens qu’entretiennent les Anishinaabes avec l’ensemble de la flore, la faune, les planètes, l’eau et la terre.

Un lieu de co-création

«Dans notre cours, nous avons eu une discussion sur le lieu et l’espace, en particulier en ce qui concerne l’emplacement du pensionnat, ici. Nous savons que les ossements de nos ancêtres sont enterrés partout autour de l’université. Nous voulions donc remplir cette murale d’amour, de joie et de beauté qu’apportent les étudiants autochtones, et ce qui est significatif, c’est que les étudiants qui ont peint la murale n’étaient pas seulement des étudiants anishinaabes. Il y avait aussi des étudiants internationaux, settlers (colons,) et métis. J’ai demandé aux étudiants d’écrire de courts essais et de faire des recherches. Ils ont fait tout le dur travail, nettoyé le mur, et puis il a fallu qu’ils apprennent à agrandir leurs dessins. Il y avait un peu d’appréhension au début, mais tout s’est bien passé», poursuit Laford.

Une étudiante internationale découvre l’art Woodland

Pour l’une des étudiantes internationales suivant le cours de Murale Woodland, cela a été une expérience remplie de sens.

«Je suis une étudiante de 4e année du programme CESD (Développement économique et social communautaire). Mon père dessine, je voulais aussi développer cette compétence. C’était ma chance d’en apprendre davantage sur l’histoire des Anishinaabes. Chacun de ces éléments de la murale raconte une histoire. J’ai raté la dernière partie de la partie peinture, parce que j’étais en Colombie. Je suis revenue et c’était une telle joie de la découvrir. Je tiens à remercier SASA d’avoir eu confiance en nous, car nous ne sommes pas de ce pays», dit Sandra Kurian, une étudiante internationale. 

Les sept enseignements des grand-pères

La murale est colorée de couleurs vives et illustre le chef Shingwauk, les sept enseignement des grand-pères, des batteurs de tambour, deux danseurs de danse traditionnelle, l’oiseau du tonnerre, une hutte d’enseignement, et maintes autres figures et symboles significatifs de la vie anishinaabe. 

Pour la visiter, il suffit simplement de se présenter à l’Université Algoma au 1520 rue Queen, durant les heures d’ouverture.