le Samedi 18 juillet 2026
le Jeudi 8 mai 2025 13:00 Environnement

SOS lac Témiskaming !

Le lac Témiskaming. — Photo : Marc Dumont
Le lac Témiskaming.
Photo : Marc Dumont

L’organisme Tisser des liens a organisé une conférence sur la santé du lac Témiskaming le 24 avril à la salle Riverside de New Liskeard. Une soixantaine de personnes du milieu municipal et académique, ainsi que des citoyens intéressés, issus de l’Ontario comme du Québec, y ont pris part.

SOS lac Témiskaming !
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Tisser des liens (Building Ties) a été mis sur pied il y a une quinzaine d’années par l’ACFO Témiskaming et le Collège Boréal. Son objectif était de créer un espace de dialogue entre les francophones, les anglophones et les Autochtones autour du lac Témiskaming. «Discuter des sujets qui nous touchent», explique la maîtresse de cérémonie et directrice générale de l’ACFO Témiskaming, Joline Rivard. La devise de Tisser des liens : Un lac, deux provinces, trois cultures. Cette année, la rencontre portait sur le lac Témiskaming.

Le sujet de la santé du lac Témiskaming était ressorti lors des consultations publiques dans le cadre de la récente planification stratégique de Témiskaming Shores. La firme embauchée pour mener l’exercice avait même identifié le lac Témiskaming comme une des cinq priorités d’action de la Ville. Bien que la Ville soit consciente de la détérioration de la santé du lac Témiskaming depuis plusieurs années, elle se sentait impuissante et dans l’impossibilité d’agir sur les cours d’eau qui se déversent dans le lac.


«Notre lac n’est pas en santé », annonce la coordonnatrice de projets scientifiques à l’organisme Garderivière des Outaouais, Elizabeth Grater. On a reçu un bulletin de santé du lac et le lac a obtenu un «C». Ce n’est pas une note de faillite, mais il n’y a pas de quoi se vanter.

La chercheuse indique que parmi les coupables, il y a l’érosion des berges causée par la trop grande déforestation et surtout le phosphore avec l’utilisation des engrais par une agriculture qui s’industrialise de plus en plus. Le phosphore dans l’eau du lac dépasse largement les normes et son impact est d’accélérer la croissance des plantes marines et des algues bleu-vert qui peuvent, entre autres, être toxiques aux baigneurs.

Les cours d’eau qui contribuent le plus à la pollution du lac sont la rivière Wabi et particulièrement la rivière Blanche. Ces deux rivières se retrouvent justement dans les secteurs agricoles. «C’est important d’augmenter la conscientisation de la population et d’être aux aguets», ajoute Elizabeth Grader.

Du côté du Québec, l’Organisme du Bassin Versant du Témiscamingue est actif depuis plusieurs années. Son directeur général, Yves Grafteux, reconnaît les limites du travail qui se fait du côté du Québec parce qu’il n’y a pas d’équivalent du côté de l’Ontario. «J’aimerais trouver des amis de l’autre côté, des partenaires transfrontaliers, pour qu’on arrête de fermer les plages à cause des algues bleu-vert. Qu’on travaille ensemble!»

L’entreprise OZÉRO a fait une présentation sur le nettoyage des embarcations, avec vidéo à l’appui, comme moyen de protéger les plans d’eau des 174 espèces envahissantes du Canada. Que ce soit la mouche zébrée ou le cladocère épineux, ces espèces ont souvent peu de prédateurs, prolifèrent et nuisent à la biodiversité indigène.

Cette rencontre ne pouvait ignorer les Autochtones pour qui l’eau est le premier remède. C’est le message que Marilyn Chevrier et Grace Wabie, Anishnaabe de Temiskaming First Nation. «Nous avons une responsabilité vis-à-vis de la qualité de l’eau. Tu dois te demander quel rôle est ce que tu vas prendre», dit Marilyn Chevrier. Pour les Anichnaabe, l’eau est surtout une affaire de femme et elles organisent prochainement une longue marche de l’eau de plusieurs jours. «Un groupe de femmes marcheront de Kipawa au Québec à Haileybury en Ontario. À chaque arrêt, il y aura un temps pour honorer l’eau», annonce Marilyne Chevrier.