Dans le narthex de la paroisse St-Agnès, une vingtaine de femmes, membres de la FFCF d’Azilda, s’organisaient entre elles pour participer à la messe dominicale. Leur brouhaha déferlait avec douceur, donnant à l’atmosphère solennelle des lieux quelque chose de féerique. De l’émotion se dégageait de leurs yeux, et leurs sourires renseignaient sur leur profonde fierté, quant à cet organisme de bienfaisance permettant aux femmes canadiennes-françaises «de donner de leur temps». Huit valeurs orientent, en effet, leur mandat : charité, fierté, amitié, humour, unité, respect, bénévolat et entraide. Elles sont 70 femmes membres actives et 10 non actives à porter ces principes. Environ 40 à 45 d’entre elles répondent présentes à leurs réunions mensuelles.
Arborant une large bande d’étoffe officielle de la FFCF d’Azilda, les membres se mettaient, soigneusement, en file, soudées par le chant, pour traverser la nef de la paroisse. La croix devant et le prêtre derrière, les femmes canadiennes-françaises d’Azilda étaient comme prises sous l’aile de la religion catholique. D’une harmonie infaillible, elles se dispersaient ensuite pour prendre place sur les mobiliers liturgiques de la paroisse. Trois membres, dont la présidente Diane Gagnon, montaient alors à l’autel pour prendre part à la messe.
Une oeuvre saluée
«Vous les femmes canadiennes-françaises, ce que vous faites essentiellement, c’est d’ouvrir votre cœur et votre main pour donner le sourire et la joie de vivre à des gens», témoignait le Père Martial à l’égard de la FFCF d’Azilda.
Ayant été témoin de leurs actes de charité, le Père Martial a relaté à l’assemblée le souper de Noël que la FFCF d’Azilda a organisé à l’intention de familles en situation précaire. «C’est ce dont le monde a besoin», rappelait-t-il en faisant un signe de la tête à la Présidente en guise de remerciement.
Durant la messe, l’œuvre de bienfaisance de la FFCF d’Azilda a été soulignée et saluée. «Ne pensez pas que ce temps que vous passez dans cette fédération est un temps gaspillé, un temps inutile. Non! Vous êtes sur le droit chemin. Vous avez donc le droit de fêter votre 65e anniversaire», en félicitait-il les membres de la FFCF.
«Continuez à donner le sourire. Continuez à mettre du baume dans le cœur de ceux qui sont désespérés. Que Dieu vous bénisse!», lançait le prêtre pour bénir le 65e anniversaire de la FFCF d’Azilda.
Diane Gagnon.
Un enjeu de pérennité
Avec quelques larmes au bord des yeux et un sourire ornant son visage, Diane Gagnon, présidente de la FFCF d’Azilda, s’est prononcée au sujet du 65e anniversaire de leur association. Mme Gagnon préside la FFCF d’Azilda depuis 2018. Elle a 18 ans de membriété. Sa décision de présider la Fédération dénote de son intention de préserver sa viabilité. «Quelqu’un doit prendre la relève, sinon ça tombe», a repris Mme Gagnon les propos de sa prédécesseuse. «Je ne veux pas voir que ça soit fini», a-t-elle insisté.
La FFCF d’Azilda constitue un espace de socialisation pour des femmes «qui ont jusqu’à 93 ans». Ainsi, elle leur tient à cœur. «Quand elles préparent le thé, elles arrivent à 9h du matin pour faire des gâteaux, des biscuits et des squares. Elles partent à 4h et demie. C’est pas mal dur de leur dire tout d’un coup qu’on n’existe plus», a-t-elle expliqué.
Face au risque de dissolution de la FFCF d’Azilda, Mme Gagnon s’efforce d’identifier des stratégies afin de sauvegarder l’organisme. «Deux ans passés quand on a eu notre piquenique, j’ai dit aux dames je veux que vous emmeniez une amie sans aucune charge. Qu’elles viennent. Une fois qu’on a fini le piquenique, j’en ai eu 15 qui sont entrées», a-t-elle dit fièrement.
Autonomie
En réalité, la FFCF était un organisme national. Désormais, il est connu sous le nom de «l’Alliance des femmes canadiennes-françaises». À cause des frais que ce dernier leur impose, certaines fédérations ont «décidé de s’éloigner». Selon Mme Gagnon, le nouvel organisme «demandait qu’on leur envoie 20 $ par dame pour s’enregistrer. Nous autres, nous demandons 10 $ aux dames pour une membriété par année. Avec ça, on leur donne le souper de Noël. On organise un pique-nique en juin. On fait toutes sortes de jeux dehors. On fait un barbecue», a-t-elle souligné.
Stella Meilleur, membre de la FFCF d’Azilda depuis plus de 40 ans, précise qu’il y avait des FFCF un peu partout, par exemple, à Hanmer, à Chelmsford, etc. Seule leur Fédération «a survécu à cela.»
Les membres de la FFCF d’Azilda préparent gratuitement les repas lors des funérailles. Elles organisent également un thé tous les mois de novembre pour collecter des fonds. «C’est notre seule façon de faire des fonds pour notre organisation. Cette année puis l’an passé, nous avons fait 8 000 $». La FFCF d’Azilda reçoit, par ailleurs, des aides financières de la part des Lions, des chevaliers de Colomb, les filles d’Élisabeth, la caisse Desjardins, etc.
Pour Mme Gagnon et Mme Meilleur, la pérennité de la FFCF d’Azilda s’assure par la transmission de cet engouement d’une génération à une autre. «Mes enfants voient tout ce que j’ai à offrir. Les jeunes filles des autres dames voient leurs mères se dévouer tout le temps. Comment est-ce qu’elles ne peuvent pas dire que moi aussi je veux aider», s’est interrogée la Présidente de la FFCF d’Azilda. «J’espère que les jeunes continuent parce que ça prend une relève. Je les encourage à faire ça», a conclu, de son côté, Mme Meilleur.