le Mercredi 3 juin 2026
le Dimanche 31 août 2025 13:00 Arts et culture

Up Here 11 : Akeem Oh, une histoire de sensibilité et de liens avec les autres

Akeem Oh s’est produit à deux reprises lors de la 11e édition du festival Up Here de Sudbury, soit au Townehouse Tavern et à Knox Hall. — Photo : Nicholas Ntaganda
Akeem Oh s’est produit à deux reprises lors de la 11e édition du festival Up Here de Sudbury, soit au Townehouse Tavern et à Knox Hall.
Photo : Nicholas Ntaganda

Akeem Oh a une démarche ultra-personnelle : l’auteur-compositeur-interprète crée sa musique, du indie pop chatoyant aux accents doux-amers, avec le cœur ouvert, vulnérable et sensible, sans jamais sombrer dans l’apitoiement. Le jeune artiste, né à Philadelphie et élevé à Mattawa, a pris la scène à deux reprises pendant la 11e édition du festival Up Here, qui s’est déroulé du 15 au 17 août à Sudbury.

Up Here 11 : Akeem Oh, une histoire de sensibilité et de liens avec les autres
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Photo : Nicholas Ntaganda

Ce festival de musique et d’art urbain s’empare du centre-ville de Sudbury tous les étés, et forme, pendant trois jours, un centre culturel où musiciens et muralistes de tout le pays se rencontrent afin d’expérimenter, créer et faire vibrer la cité.

 

Parmi ces artistes figure Akeem Oh, dont les paysages sonores reposent sur l’intimité et l’introspection. «Pour moi, écrire une chanson en une journée, ça ne se fait pas», explique-t-il. 

 

«Il faut que je vive des expériences. Souvent, ça commence avec de petites idées ici et là. Et puis, plus je vis d’expériences, plus je voyage, plus je vais dans des petites communautés et je rencontre des gens, le plus ces chansons se développent». 

 

Ces chansons, comme Fomotion et Winter Crush, bien que fermement ancrées dans la tradition indie pop, s’inspirent également de nombreuses autres sources. Il y a un contraste entre des rythmes de guitare dansants et une atmosphère mélancolique qu’on retrouve souvent chez Blood Orange, la production luxuriante et rêveuse de Beach House. Comme pour confirmer ce soupçon, il a repris leur fameux Space Song, un des moments les plus marquants du spectacle. Il y a aussi une forte influence de la musique folk, qui se révèle le plus dans sa tendre et sentimentale chanson School Girl, dont les racines remontent à son enfance dans le nord de l’Ontario.

 

Amours impossibles et romances éphémères

 

Toutes ces chansons, malgré leurs nuances musicales, reviennent sur un même thème : l’amour impossible, les occasions manquées, la romance éphémère. Le tout, explique Akeem Oh, est basé sur «de vraies expériences, des expériences que j’ai vécues. Pour moi, écrire quelque chose qui ne me parle pas, ce n’est pas ce que je veux faire. Je veux vraiment que ça vienne de quelque part et que ce soit vrai. S’il y a des gens qui se retrouvent dans ma musique, c’est parce qu’elle vient de moi, de mes expériences». 

 

Et pour lui, ces expériences ont quelque chose de communautaire : «on est tous humains, on a vécu des affaires […] et des fois on a un peu l’habitude de sortir, de prendre des verres, d’aller à des parties, parce qu’on veut un peu oublier ce qui se passe. Mais je pense qu’en étant ensemble, en tant que communauté, et de vivre ces émotions ensemble, ça fait en sorte qu’on est un peu moins seul là-dedans».

 

Former un lien avec la foule et encourager la formation de liens entre les spectateurs est un élément essentiel pour Akeem Oh, et ça se voit immédiatement dans sa manière de performer. À la fin de son spectacle au Townehouse Tavern, ainsi que celui à Knox Hall, il traverse cette frontière invisible entre la scène et le public et se met parmi la foule pour chanter une chanson acoustique qui encourage la participation des spectateurs, style feu de camp. «Je pense qu’en tant qu’artiste, il y a parfois un ego. Et moi, j’aime vraiment l’attention, j’aime vraiment ça. Mais à la fin de la journée, je suis juste une personne. Je suis juste une personne émotionnelle, qui vit des affaires et j’ai trouvé ma façon d’exprimer ces affaires. Mais ça ne fait pas en sorte que les gens autour de moi ne peuvent pas s’exprimer aussi. Je pense que le but d’un spectacle ce n’est pas juste d’aller à la découverte d’un artiste, mais aussi d’aller à la découverte de soi […] il y a des gens, qu’est-ce qui leur parle c’est ces moments plus intimes».

Akeem Oh espère continuer à créer ses liens intimes avec sa prochaine chanson, Tonight She’s a Dynamite, qui sera disponible en fin septembre et qui, selon l’avant-première que la foule de Up Here a pu témoigner, promet d’être un autre bijou indie pop dans une discographie qui s’avère aussi réfléchie que amusante.