Le film, écrit et réalisé par la cinéaste française Rebecca Zlotowski, raconte l’histoire d’une psychiatre (jouée par Foster) bouleversée par la mort soudaine d’une patiente qu’elle suit depuis 9 ans. Convaincue qu’elle a été la victime d’un meutre, elle commence sa propre enquête afin de découvrir le coupable. Vie privée s’inscrit donc dans la tradition des murder mysteries qui ne suit pas un détective, mais plutôt une personne normale plongée sans avertissement dans une histoire de meurtre et de trahison, et qui doit utiliser sa débrouillardise pour s’en sortir et exposer la vérité.
En plus de nous emmener dans son intrigue policière, Vie privée est un film qui met en avant ses personnages, qui examine de près leurs forces et faiblesses, leur parcours et leur psychologie. La Dre Steiner de Foster est froide, détachée, sur d’elle-même au point d’être arrogante. Elle refoule ses émotions plutôt que les affronter, se donne un air calme et courageux quand elle est réellement en peine. Ce décalage entre le corps et l’esprit, la parole et la pensée, le conscient et le sous-conscient est une thématique qui revient encore et encore dans ce récit. Cet écart infranchissable fait qu’il est très difficile de bien se connaître et presque impossible de connaître l’autre, même après 9 ans de psychiatrie. Après toutes ces sessions, la docteure finit quand même par se demander : qui était cette patiente réellement? Les gens s’amusent parfois à dire que leur psychiatre les connaît mieux que leur époux ou épouse, mais est-ce vraiment le cas? La patiente dit-elle toujours la vérité à sa psychiatre? Dre Steiner a toujours pris ses réponses pour acquis, mais au fur et à mesure qu’elle s’avance dans son enquête, elle est obligée de les remettre en question.
Même si le tout se conclut un peu trop facilement, et que certaines péripéties plutôt fantastiques sont un peu difficiles à avaler, une bonne partie du film est consacrée à poser ces questions véritablement épineuses. En termes d’intrigue, en plus des éléments familiers qui devraient être bien connus parmi tout amateur de drames policiers, il y a tout de même quelques moments subversifs qui sont solidement ancrés dans ces personnages et leurs personnalités. Et au cœur de tout cela se retrouve une très grande Jodie Foster, qui arrive à nous faire croire des choses qui devaient sans doute sembler assez absurdes sur papier. Au final, ce n’est pas complètement réussi, mais c’est certainement agréable de voir un thriller avec quelques ambitions au-delà des frissons et de l’intrigue.