«L’ACFO Témiskaming veut établir un partenariat avec la Ville de Témiskaming Shores, afin qu’elle puisse communiquer efficacement avec sa population de langue française et se donner un visage qui témoigne de sa présence.» C’est ainsi que débutait le document d’une page présenté au conseil municipal de Témiskaming Shores par la présidente de L’ACFO, Annik Boucher, et le vice-président Patrick Corneil.
Pour Annik Boucher : «Une Ville dynamique et prospère favorise l’épanouissement de la diversité linguistique et culturelle de sa communauté, et la met en valeur».
Les priorités présentées par l’ACFO s’inscrivent dans le cadre de la volonté du conseil municipal de Témiskaming Shores de donner suite aux recommandations issues de son tout premier exercice de planification stratégique. Le rapport remis par la firme d’experts au terme de l’exercice relève l’importance pour la Ville de revoir ses lignes de conduite pour qu’elles puissent mieux refléter la diversité linguistique et culturelle des anglophones, des francophones et des Premières Nations. Cette recommandation arrivait en troisième place des priorités.
Le processus de consultation entrepris par la ville de Temiskaming Shores dans son exercice de planification stratégique visait à recueillir les intérêts et les préoccupations afin de créer une vision à long terme. Il n’en fallait pas plus à l’ACFO Témiskaming pour mettre sur pied un sous-comité et produire un document sur les priorités des francophones.
Les trois priorités
La première étape pour l’ACFO Témiskaming a été de lancer une invitation à la population de langue française, afin d’adopter une position qui représentait bien les priorités de la communauté. Une cinquantaine de personnes ont répondu à l’invitation. Puis le sous-comité s’est mis immédiatement au travail. «Il faut battre le fer quand il est chaud», disait une des membres du sous-comité, Réjeanne Massie. Et le sous-comité s’est rencontré pendant tout l’été.
Les trois priorités du document présenté au conseil municipal portent sur les ressources humaines à l’hôtel de Ville, la communication avec les francophones et le développement économique.
Pour les ressources humaines, l’ACFO veut qu’un membre du personnel soit dédié au dossier français au sein de la gestion de la ville, garantir la présence de personnel bilingue dans les bureaux municipaux et exiger le bilinguisme comme prérequis pour certains postes clés municipaux.
Quant à la communication avec les francophones, l’ACFO veut des traductions de qualité dans les communications importantes et la publicité. L’ACFO veut également que Témiskaming Shores crée et adopte une politique sur le bilinguisme.
Enfin, la troisième priorité portant sur le développement économique met l’accent sur la reconnaissance et la valorisation de l’apport économique de la communauté francophone, ainsi que la nécessité d’attirer les visiteurs francophones.
Un comité ad hoc ?
Pour arriver à réaliser ses priorités, l’ACFO recommande la création d’un comité ad hoc avec les francophones pour la rédaction de nouvelles politiques : un mécanisme d’échange continu.
À noter qu’il n’y a pas eu de questions de la part des conseillers. Ces derniers avaient eu tout le temps nécessaire de consulter le document en question avant la réunion. La conseillère Nadia Lavigne Pelletier a tout de même profité de l’occasion pour remercier l’ACFO : «Je vous remercie pour le leadership dont vous avez fait preuve en mobilisant la communauté francophone. J’ai moi-même participé à cette consultation, et on voyait beaucoup d’engagements».
Le maire de Témiskaming Shores a repris les mêmes thèmes que Madame Lavigne Pelletier, en ajoutant qu’il entrevoit avec enthousiasme l’occasion de travailler ensemble sur ce dossier. Et avec énergie, il a déclaré «on vous reviendra avec une réponse plus tôt que tard».
Sur ce dernier commentaire, Annik Boucher a ajouté qu’elle ferait parvenir un document plus détaillé sur les priorités de l’ACFO.