le Jeudi 4 juin 2026
le Mercredi 1 octobre 2025 9:00 Société

Un moment historique sous le drapeau vert et blanc à Sudbury

Le tintamarre et le rassemblement à la Place des Fondateurs de l’Université Laurentienne. — Photo : Mehdi Mehenni
Le tintamarre et le rassemblement à la Place des Fondateurs de l’Université Laurentienne.
Photo : Mehdi Mehenni

Le 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien a suscité une pléthore de sentiments et d’émotions de la part des dignitaires qui ont pris la parole lors de la célébration de ce symbole vert et blanc qui a rassemblé au-delà de 500 personnes à l’Université de Sudbury, le jeudi 25 septembre.

Un moment historique sous le drapeau vert et blanc à Sudbury
00:00 00:00

Un immense cortège vert et blanc a marché vers le bâtiment de l’UdeS.

Photo : Mehdi Mehenni

Fierté, vitalité, résilience, résistance, ténacité, unité, combat, voilà autant de termes utilisés par ces dignitaires pour décrire ce que ce drapeau signifie pour eux et elles, ainsi que pour la communauté franco-ontarienne.

Ces mots ont été prononcés devant un parterre vert et blanc de monde, dont les jeunes des écoles françaises consistuaient une bonne partie. C’était après le tintamarre et le rassemblement à la Place des Fondateurs de l’Université Laurentienne, à partir de laquelle un immense cortège vert et blanc a marché vers le bâtiment de l’UdeS. 

«Nous sommes réunis pour célébrer 50 ans de résilience, d’action communautaire et de fierté franco-ontarienne», a déclaré le directeur général de l’Assemblée de la francophonie ontarienne (AFO), Peter Hominuk, pour déclencher les célébrations.

Les discours des dignitaires étaient empreints d’émotions et de fierté.

Photo : Mehdi Mehenni

«Chaque fois que le drapeau se déploie, il chante notre résilience, notre fierté, l’appartenance de notre communauté à cette belle province, a poursuivi la lieutenante-gouverneure de l’Ontario, Édith Dumont.  Notre communauté a grandi avec ces nouveaux arrivants de Haïti, du Maghreb, de l’Afrique de l’Ouest, de l’Europe, de l’Asie qui lui donnent une vitalité incomparable. Ce drapeau, emblème de l’Ontario, marque une reconnaissance institutionnelle. Depuis sa conception artisanale, il a gagné sa place légitime au sein des institutions ontariennes jusqu’à l’Assemblée législative de l’Ontario, au cœur de Queen’s Park».

Pour la députée libérale fédérale, Viviane Lapointe, le drapeau est un véritable symbole de résistance et de vivacité. Quant à la ministre de la francophonie au gouvernement de l’Ontario, Caroline Mulroney, «ce drapeau est devenu un symbole rassembleur; il symbolise la résilience, la fierté. Pour notre communauté, le drapeau est devenu un moteur de vitalité et de rayonnement. Ensemble nous construisons une francophonie ontarienne ouverte sur l’avenir et le drapeau est un miroir de notre identité».

La lieutenante-gouverneure de l’Ontario, Édith Dumont, a souligné la vitalité qu’apporte la diversité à la francophonie ontarienne.

Photo : Mehdi Mehenni

Un rappel vivant de notre fierté

«Ce drapeau est un rappel vivant de notre fierté et de notre courage mais aussi la volonté d’une communauté de se reconnaître et de se projeter dans l’avenir, a renchéri le président de l’AFO, Fabien Hébert. Je ressens la vitalité et l’énergie aujourd’hui; c’est l’issue de 400 ans où nous les francophones avons planté nos racines. Et depuis 50 ans, nous avons un drapeau qui flotte haut et fort, un drapeau qui crie au monde entier : nous sommes là, nous restons là et nous avançons. Nous sommes, nous serons».

La présidente de la Fédération des communauté francophones et acadienne du Canada a rappelé que cette fédération (qui s’appelait au début la Fédération des francophones hors Québec) est née en novembre 1975, soit à peine deux mois après que le drapeau vert et blanc fut hissé pour la première fois à l’Université de Sudbury. «Le drapeau était là à l’école de la résistance, a-t-elle témoigné. Il était au grand rassemblement de Montfort en 1997; il était là partout en Ontario français le 1er décembre 2018 (lors des manifestations pour protester contre les coupures dans les services en français par le gouvernement Ford nouvellement élu). Chaque fois, la francophonie ontarienne a été capable d’affronter les défis».

Les jeunes écoliers étaient présents en grand nombre.

Photo : Mehdi Mehenni

«Nous sommes un peuple tenace»

Joanne Gervais, directrice générale de l’Association canadienne-française de l’Ontario du grand Sudbury et sœur cadette de l’un des fondateurs du drapeau, feu Gaétan Gervais, s’est dit convaincue que son frère serait honoré de voir tout le monde rassemblé ce matin-là. «Un jeune professeur et un étudiant, Michel Dupuis, ont osé rêver d’un symbole rassembleur, a-t-elle déclaré. L’histoire des Franco-Ontariens c’est l’histoire de revendications et de combat. Nous sommes un peuple tenace, Nous avons combattu pour des écoles, des collèges, des conseils scolaires et cette année l’Université de Sudbury accueille sa première cohorte».

Et le recteur et vice-chancelier de cette institution, Serge Miville, le dernier à prendre officiellement la parole, a clamé haut et fort : «Je suis fier d’être Franco-Ontarien. Le 25 septembre 1975, le monde entier a été témoin d’une prise de parole politique qui, dans le sillage de 400 ans d’histoire, affirmait sa volonté de faire société ici dans le Nord. Rappelons-le, le drapeau franco-ontarien n’est pas un simple ornement identitaire, il est le symbole d’une petite société qui est ancrée, inclusive, engagée dans l’avenir, une petite société dont le cœur grand ouvert accueille des francophones et des francophiles d’ici et d’ailleurs partout au monde entier autour d’un projet, soit de faire société en français ici en Ontario. Le drapeau est un témoignage on ne peut plus éloquent de cette collectivité».

La cérémonie s’est terminée par le lever du drapeau sur un mât à l’entrée de l’Université de Sudbury, cette institution qui existe depuis plus de 100 ans avec la fondation du Collège du Sacré-Cœur en 1913.