France Gélinas interrogeant, le jeudi 27 novembre, à Queens Park, la ministre de la Santé Sylvie Jones au sujet de la récente annonce de mise à pied au Centre régional de santé de North.
«C’est un phénomène qui se produit partout en province, mais la situation est pire dans le Nord, principalement parce que les habitants de cette partie de la province n’ont pas accès aux soins primaires. Ils n’ont pas de médecin de famille et ils n’ont pas accès à une infirmière praticienne. Alors ils doivent avoir recours aux hôpitaux en cas de maladie», a-t-elle relevé.
La députée de Nickel Belt a fait ce même constat aux membres de l’Assemblée législative de l’Ontario la semaine dernière dans le but de convaincre le gouvernement progressiste-conservateur dirigé par Doug Ford d’augmenter les subventions aux hôpitaux de la province.
Dans son discours, France Gélinas a mentionné que 2,5 millions de personnes en Ontario se retrouvent sans médecine de famille, que le système de soins à domicile ne fonctionnait pas correctement et que les soins de santé mentale et de dépendance étaient submergés.
Au Voyageur, elle a précisé que de nombreuses personnes qui ont été évaluées et qui se qualifient pour recevoir des soins à domicile n’en reçoivent pas autant dans le Nord que dans le Sud de la province. «Si tu as besoin de soins à domicile et que tu n’en reçois pas, tu vas te rendre à l’hôpital», a-t-elle poursuivi.
Les hôpitaux du Nord servent ainsi de gilet de sauvetage pour toutes les autres parties du système qui ne fonctionnent pas bien. L’Association des hôpitaux a dit que les hôpitaux ont besoin d’une augmentation de quatre pour cent au niveau des subventions du gouvernement. Ils n’ont reçu que 0,7 %.
Selon Mme Gélinas, «ce n’est pas suffisant, car, vu que les autres parties du système de santé sont défaillantes, la demande sur les hôpitaux augmente en conséquence. Les hôpitaux n’ont d’autres choix que de couper les services et congédier du personnel car ils n’ont pas le droit d’encourir un déficit».
Licenciements à venir au Centre régional de santé de North Bay
Récemment la députée de Nickel Belt, accompagnée du député néo-démocrate de Sudbury, Jamie West, se sont rendus à l’hôpital de North Bay, qui est aux prises avec de sérieux problèmes financiers. Au point où il est obligé de mettre à pied des employées telles des infirmières. Ces dernières s’inquiètent du sort de leurs patients et leurs patientes qui ne seront pas en mesure de recevoir des soins adéquats.
«Le Centre régional de santé de North Bay a émis des avis de licenciement à 40 travailleurs de la santé de première ligne : 13 infirmières autorisées , 3 infirmières auxiliaires autorisées, 1 ergothérapeute, et la liste est longue. Le tout nouvel hôpital de North Bay , d’une valeur d’un milliard de dollars, licencie du personnel», s’exclame France Gélinas
Les hôpitaux de la province n’ont pas plusieurs autres sources de revenus que les subventions du gouvernement provincial. Ils peuvent compter sur les revenus que procurent les frais de stationnement ainsi que sur des levées de fond.. Ces deux sources ne leur procurent qu’environ cinq pour cent de leur budget de fonctionnement, le reste, soit 95%, doit provenir du gouvernement provincial.
Mme Gelinas croit qu’il y a des solutions à cette crise que vivent les hôpitaux, surtout ceux du Nord de l’Ontario. «On a plusieurs infirmières praticiennes qui seraient prêtes à offrir leurs services à des milliers de patients et de patientes, mais il n’y a pas suffisamment d’argent pour les embaucher. On pourrait augmenter le nombre d’infirmières dans les centres de santé communautaires, dans les équipes de santé familiale ainsi que dans les équipes pour les personnes autochtones. Ça ferait une grosse différence, mais le gouvernement ne veut pas les financer.»
Même chose pour les sage-femmes, assure-t-elle. «On a des cliniques de sage-femmes et on a des sage-femmes qui seraient heureuses et prêtes à y travailler, mais les budgets des cliniques n’ont pas augmenté depuis près d’une décennie.»
Le gouvernement a demandé aux hôpitaux d’effectuer des efficiences opérationnelles pour venir à bout de réduire leurs dépenses ce qu’ils ont fait.
«Les hôpitaux ont passé six ans avec un budget gelé. Mais les coûts ont augmenté et ils se retrouvent avec la nécessité d’effectuer des coupures de programmes et de personnel. C’est affreux», soutient France Gélinas.
Elle poursuit : «Face à cette situation, le gouvernement de Doug Ford répond qu’il est nécessaire de trouver d’autres efficiences opérationnelles et qu’ainsi les programmes dans les hôpitaux vont pouvoir continuer comme avant. Pour le gouvernement rien ne va changer, il n’y a pas de crise dans les hôpitaux».
Mais selon Mme Gélinas, il y a effectivement une crise partout dans les hôpitaux du Nord de la province que seule une augmentation des subventions peut résoudre.