Pour ceux et celles qui ne sont pas familiers avec cette fête, elle est «considérée comme l’une des plus anciennes fêtes du christianisme. L’Épiphanie désigne une fête chrétienne célébrant la venue des Rois mages. Célébrée après les fêtes de Noël et du Jour de l’An, l’Épiphanie s’est peu à peu invitée dans les familles non religieuses».
Cette tradition permet aux familles et aux amis de partager la dégustation de la galette des Rois. Dissimulée à l’intérieur est une fève. Celui et celle qui la découvre sont désignés roi et reine. Le Père Germain Lemieux avait initié cette tradition comme une soirée conviviale marquée par des contes, des chansons à répondre, de la musique traditionnelle et la distribution de la galette. Le tout fut graduellement adapté avec l’arrivée de M. Patrick Breton, à titre de directeur général du Centre franco-ontarien de folklore, qui y a ajouté, environ dix ans passés, les danses traditionnelles câllées.
La soirée a débuté avec M. Patrick Breton qui en a expliqué le déroulement. Il a profité de l’occasion pour remercier tous les commanditaires qui ont contribué au succès de cet événement. En plus, il a présenté les musiciens pour la soirée, M. Paul et Mme Melika Lemelin et le câlleur professionnel, M. Jean-François Berthiaume.
M. Berthiaume, originaire de Laval, qui demeure présentement à St-Eustache, n’en est pas à ses premières armes comme câlleur professionnel. Depuis environ treize ans, il se présente dans la la ville du Grand Sudbury pour la fête des Rois où il est très apprécié des participants. En plus, la semaine dernière, il s’est rendu dans huit écoles de la région, des différents paliers scolaires. Cette semaine, il y sera pour six autres écoles, sa toute première fois dans la région pour deux semaines consécutives. Il est évident qu’il y a un grand intérêt pour conserver les traditions folkloriques.
Comme M. Berthiaume a expliqué, «la tradition remonte à l’âge des grands-parents. Le problème, la génération des parents, de 60 à 75 ans, n’a pas voulu continuer la tradition, le lien n’a pas passé, on a sauté une génération».
La génération des petits-enfants «veut une culture, les jeunes ont soif», ajoute M. Berthiaume. Ce dernier est convaincu que la pandémie a eu un rôle à jouer dans ce nouvel intérêt, que les jeunes veulent bouger après avoir été enfermés pendant plusieurs mois. Les jeunes veulent en apprendre plus au sujet des danses du folklore traditionnel et les pratiquer.
La soirée s’est poursuivie avec la bénédiction des bonbons par le Père Marcelin, prêtre de la Paroisse St-Jean-de-Brébeuf. Et venu le moment de distribuer la fameuse galette, gentillement servie par Mme Leïla Saadaoui-Houssier et Mme Carmen Dumas. Toutes les femmes se sont alignées à la gauche de la table avec les pâtisseries, les hommes à la droite. Les prochaines minutes étaient fébriles, on sentait l’anticipation dans l’air … et voilà! Une personne masculine et une personne féminine ont chacun trouvé une «fève» dans leur pointe de galette! Les heureux élus, comme Roi, M. Natéo Messier-Tarlton et comme Reine, Mme Andréa Kouao. Félicitations à vous deux!
Et que la fête commence! C’était au tour des musiciens et du câlleur de démarrer.
Il y avait des danses callées de tout genre, celles qui permettaient à toute la salle de participer, d’autres en groupes de 4 ou de 8 danseurs, des pas plus simples jusqu’à ceux plus compliqués. M. Berthiaume s’est assuré de bien expliquer la séquence des pas avant chaque danse. Le plancher de danse était rempli de jeunes et de moins jeunes. Tout le monde souriait, tous se sont bien amusés.
Pourquoi les gens de la région se sont déplacés pour cette soirée? Entre autres, deux profs à la retraite, qui sont également membres actifs du CFOF, nous ont fait part de leurs commentaires. Mme Denise Perreault, s’est rendue de la Vallée à Sudbury, malgré les intempéries de samedi soir. Elle partage son expérience : «J’apprécie la musique folklorique avec le violon et le piano, le rythme accompagné des steppettes». Mme Michelle Quesnelle, qui a participé à la fête des Rois à plusieurs reprises, était présente «pour avoir du fun et vivre une soirée magique». Les deux dames, ainsi que tous ceux et celles qui ont participé, n’ont pas été déçus.
La devise du CFOF «là où le patrimoine rencontre la modernité» représente bien ce que fut La fête des Rois. Par contre, ce n’est qu’une des activités qu’organise le CFOF. Le 21 février donnera place au souper du patrimoine. Le 20 mars, la Journée mondiale du conte. Ce dernier événement coïncide avec la Journée internationale de la Francophonie.