«C’est spécial pour moi. C’est mes racines. Je me sens chez nous ici », confie le musicien, aujourd’hui établi à Trois-Rivières, au Québec. S’il se produit régulièrement sur les scènes de la province, ses passages dans le nord de l’Ontario demeurent plus rares, dit-il. Chaque retour à North Bay prend donc des allures de retrouvailles, avec le territoire, la langue et les souvenirs de jeunesse.
Breen LeBoeuf a passé les vingt premières années de sa vie à North Bay, où il a complété ses études secondaires en français à Notre-Dame-de-l’Assomption, à une époque où l’éducation francophone reposait encore largement sur les efforts des parents. «À mon époque, on était environ 150 élèves. Aujourd’hui, il y a deux écoles secondaires francophones. C’est une énorme évolution», souligne-t-il avec fierté.
Son lien avec les Compagnons des francs loisirs remonte d’ailleurs très loin. Encore adolescent, il assistait aux premiers concerts organisés par l’organisme dans une petite église du centre-ville. «Mon premier concert là-bas, c’était Jean-Pierre Ferland, en 1964 ou 1965. C’était tout un événement», se rappelle-t-il. Des souvenirs édifiants qui rendent sa présence au Carnaval d’hiver d’autant plus significative.
Bien qu’il ait déjà chanté lors de carnavals hivernaux à North Bay dans les années 1960, parfois même sur un lac gelé, se rappelle-t-il, ce spectacle marquera sa première participation officielle au Carnaval d’hiver francophone des Compagnons. Pour l’occasion, l’artiste se fait accompagner par quatre musiciens chevronnés, dont un guitariste issu du groupe métal Voivod, reconnu à l’échelle internationale. «Ce sont tous des amis, des confrères musicaux avec qui la communication est naturelle», précise-t-il.
Le concert du 7 février s’annonce aussi comme l’un des rares grands spectacles de Breen LeBoeuf à North Bay depuis plusieurs décennies. La dernière fois qu’il y a présenté un concert d’envergure remonte à 1979-1980, lors de la tournée Québec Rock, aux côtés d’Offenbach et d’autres figures marquantes de la scène musicale.
À 76 ans, l’artiste aborde chaque prestation avec ferveur. «C ‘est toujours émotionnel pour moi de faire un spectacle parce que c ‘est précieux. C ‘est ma vie. Puis, le jour où je ne suis pas capable de monter sur scène et de jouer un set, ça va être difficile pour moi de trouver quelque chose pour remplacer ça dans ma vie. Je suis très chanceux de vivre ça régulièrement», confie-t-il.
Son passage à North Bay, avec son arrivée le vendredi 6 février et son départ le dimanche 8 février au matin, sera bref mais intense. Entre répétitions, émotions et retrouvailles avec la famille et de vieux amis, Breen LeBoeuf promet au public un moment authentique et rassembleur.
Un spectacle de clôture à ne pas manquer, assuré par un artiste qui revient là où tout a commencé.