Mise en scène par France Huot, une artiste de théâtre installée à Sudbury, la pièce est avant tout une œuvre collective, un spectacle imaginé, construit et porté par des membres de la communauté pour la communauté, reflétant ainsi les objectifs de ce spectacle communautaire que présente chaque année le TNO.
Le tout commence par une scène d’une famille qui fait ses adieux à l’un des leurs qui a décidé de venir s’installer à Sudbury. À chaque arrêt dans un aéroport ou au sein de l’avion, des voyageurs se liguent pour offrir un spectacle que ce soit une danse, une chanson ou parfois les deux ensemble, ancré sur la musique de deux guitaristes, d’un batteur et d’un pianiste d’origines africaines.
Le reflet d’une communauté entière
«Dès le départ, cette édition de Par ici, le talent : liens souterrains voulait favoriser le brassage culturel, provoquer des rencontres entre les nouveaux-arrivants et la communauté accueillante de Sudbury et créer de véritables liens humains et artistiques », peut-on lire dans le programme du spectacle. Très différent d’une pièce de théâtre traditionnelle, ce spectacle cherche à raconter l’histoire de personnes bien réelles, ancrées dans le milieu sudburois. Toutefois, il dépasse les parcours individuels pour devenir le reflet d’une communauté entière comme l’atteste la dernière scène qui regroupe tous les comédiens et toutes les comédiennes avec la participation des nombreux spectateurs.
Selon le mot du comité artistique qui fait figure d’introduction au spectacle, la thématique du voyage s’est imposée naturellement. Un voyage qui peut être extrêmement énergisant, mais qui peut aussi susciter beaucoup d’anxiété. Un voyage qui représente les nombreuses facettes de l’expérience humaine et qui permet aussi d’aborder le contexte de l’immigration. Certains participants et certaines participantes ont voulu partager cette réalité, d’autres ont exploré différents aspects de leur parcours.
La diversité des talents
À travers la diversité des talents, des disciplines, des cultures et des sensibilités, le spectacle incarne ce que nous sommes aujourd’hui, peut-on lire encore dans le mot du comité artistique, soit une communauté vivante, plurielle, engagée et en constante évolution. «C’est un brassage culturel, une suite de rencontres, une recherche d’un entre-deux, d’un fil conducteur qui permet de travailler ensemble et de créer quelque chose de fort et de rassembleur».
Le titre du spectacle reflète très bien le talent extraordinaire des comédiens qui sont en général passablement jeunes. Leurs danses et leurs chansons suscitent de nombreux applaudissements de la part des spectateurs et spectatrices tout au cours du spectacle d’une durée d’environ une heure et demie.
L’équipe responsable de ce spectacle communautaire est composée, en plus de France Huot, qui travaille en tant que comédienne, clown créatrice et travailleuse culturelle, de Ivan Diro, chef de musique, Ahmed Saba, du secteur des communications du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury, ER Simbagoye, artiste burundais, Céline Lepage, directrice de production et décor, Ketsia Boloko, régie de répétitions, Yang Li, régie d’opération, Shelby Lebeau, responsable des éclairages, Jacques Grylls, chef de son et Darlene Sovereign, affecté aux accessoires. Cette équipe reflète, tout comme les comédiens et les comédiennes, la physionomie multiculturelle de ce spectacle communautaire.