le Jeudi 23 juillet 2026
le Mercredi 4 février 2026 13:00 Éducation

«Aucun signal pour reprendre les négociations», les professeurs de la Laurentienne entame la 3e semaine de grève

Des étudiantes et des étudiants de la Laurentienne rassemblés lundi pour soutenir leurs professeurs. — Photos : APPUL
Des étudiantes et des étudiants de la Laurentienne rassemblés lundi pour soutenir leurs professeurs.
Photos : APPUL

La grève de l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL) est entrée dans sa troisième semaine le lundi 2 février sans que de nouveaux pourparlers avec l’administration de l’université n’aient eu lieu ou ne soient prévues. Les négociations entre les deux parties ont atteint une impasse le dimanche 18 janvier après un exercice de médiation qui n’a pas réussi à résoudre l’impasse.

«Aucun signal pour reprendre les négociations», les professeurs de la Laurentienne entame la 3e semaine de grève
00:00 00:00

Des enseignants du Collège Boréal de Sudbury ont appuyé leurs collègues grévistes de la Laurentienne.

Le président de l’APPUL, M. Fabrice Colin, a indiqué au Voyageur, lundi après-midi, que, pour l’instant, aucun signal pour reprendre les négociations n’avait été reçu de la part de l’employeur. Il s’est dit encouragé par le fait que des étudiantes et des étudiants de la Laurentienne ainsi que des collègues du Collège Boréal de Sudbury sont venus appuyer les grévistes lundi, mais aussi la semaine dernière.

Il y a une impasse sur trois points, a déclaré M. Colin. «À la suite d’un sondage pré-négociations auprès des professeures et des professeurs, il est clair que la question des salaires est un point de litige très important. Les salaires qu’on nous offre sont très en retard par rapport au secteur universitaire du Canada. Il est temps que le Conseil des gouverneurs reconnaisse tous les sacrifices que nous avons faits depuis 2021».

Selon des sources bien informées, l’administration offre une hausse de salaire de 12 % répartie sur quatre ans. Selon l’APPUL, même une hausse de cet ordre ne suffirait pas pour amener le niveau salarial à égalité avec celui qu’offrent les autres universités de la province.  

Les deux autres points en litige, selon le président de l’Association, portent sur le régime de retraite et la charge de travail des membres. «Cette charge de travail est devenue plus lourde à cause du licenciement de plus de 100 collègues en 2021. Les membres veulent que le travail qu’ils font déjà soit proprement reconnu», a-t-il affirmé au Voyageur. 

Il s’est dit incapable de rendre publics tous les détails qui ont trait à ces points en litige, car il doit respecter la confidentialité des pourparlers. Il a toutefois mentionné qu’au niveau du régime de retraite, les membres de l’APPUL souhaitent que le régime soit transféré au University Pension Plan qui regroupe les régimes de plusieurs autres associations de professeures et de professeurs d’universités ontariennes.

M. Fabrice Colin a insisté sur le fait que les membres de l’APPUL «n’ont jamais voulu en arriver au point où nous en sommes» et qu’il était «temps que le Conseil des gouverneurs partage notre vision de l’avenir» et qu’il «reconnaisse nos sacrifices».

Dans un communiqué de presse émis au début de la grève, l’administration de l’université a indiqué que, selon elle, l’offre présentée aux membres du syndicat est juste, raisonnable et enviable.

Pour rappel, l’administration avait souligné : «Les augmentations salariales proposées par l’université dépassent les normes du secteur et notre offre comprend des améliorations pour les membres de l’APPUL dans des domaines clés, peut-on lire dans le communiqué. Nous reconnaissons le rôle essentiel que jouent les membres de l’APPUL, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des salles de classe. Nous sommes conscients des difficultés considérables qu’a traversées la communauté universitaire ces dernières années. Les membres de l’Association sont restés fidèles à l’Université Laurentienne et nous sommes profondément reconnaissants de leurs efforts pour rétablir son statut actuel et bâtir son avenir».

L’université indique qu’elle «maintient son engagement à négocier de bonne foi pour parvenir à une entente équitable pour les membres de l’APPUL, tout en assurant la viabilité financière à long terme de l’institution».