le Mercredi 3 juin 2026
le Lundi 23 février 2026 9:38 Société

Venir au Canada : l’Odyssée de Justine Emmachoua

Arrivée au Canada le 31 octobre 2025, Justine Emmachoua est inscrite au service d’établissement du Témiskaming que parraine l’ACFO locale. Son nouveau parcours de vie mérite qu’on s’y arrête.

Venir au Canada : l’Odyssée de Justine Emmachoua
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«Quitter son pays n’est pas une décision prise à la hâte. Ça fait depuis 2022 que j’y pensais. Il a fallu lire sur les sites d’immigration et c’est beaucoup de lecture. Mais, parfois dans la vie, il faut couper le cordon et lorsque je l’aie annoncé à ma mère, elle m’a répondu : Si tu juges que ça va t’avancer, tu as notre bénédiction», dit Justine.

 

«Au début, j’avais pensé à la Suisse, à l’Angleterre, au Canada… Très rapidement, c’est le Canada qui s’est imposé comme choix; j’avais le profil qui me permettait de faire la demande et je n’ai plus regardé ailleurs. Ça n’a pas été difficile de prendre la décision de me rendre au Canada. J’avais identifié ma destination : Edmonton en Alberta», raconte Justine. 

 

Cette destination représente trop un saut dans l’inconnu étant donné l’absence de repères, Justine n’ayant ni famille ni ami.e.s. «Le risque était trop gros.» Mais elle a de la famille, une cousine, à Ville-Marie au Témiscamingue au Québec. Mais, pas question de s’installer au Québec et «pourquoi ne pas aller en Ontario». Elle commence sa recherche pour la ville la plus proche : New Liskeard est une ville tranquille offrant des possibilités d’emplois. «Une semaine après Ville-Marie, j’ai déménagé à New Liskeard.»

Un bel accueil 

 

«Je ne me suis pas trompée. New Liskeard est une ville accueillante. Je rencontre des gens incroyables tous les jours. Puis si j’ai décidé de rester, c’est que les gens sont chaleureux», affirme Justine.

 

Justine n’arrive pas les mains vides dans son nouveau pays d’accueil. Elle détient un diplôme de deuxième cycle en géologie et une solide expérience en service à la clientèle, avec tout ce que cela implique comme compétences en accueil et suivi pour la satisfaction du client. «Étant au Canada, si je pense à mon insertion professionnelle; je devrai peut-être me réorienter, me réinventer.» Il y a deux possibilités : enseignante ou infirmière.

 

«Arriver dans un nouveau milieu, ce n’est pas facile, c’est beaucoup de réseautage. C’est comprendre le paysage; trouver l’équilibre dans les interactions; comment la région fonctionne, comment ça tourne», explique Justine. «C’est essayer de trouver un repère pour s’enraciner. C’est un défi, mais il en faut plus que ça pour me déstabiliser.»

 

Qu’en est-il de la solitude dans un nouveau milieu? «Je pense que c’est de la nostalgie et on manque la chaleur des siens. Depuis que je suis ici, je n’ai rencontré que de bonnes personnes», dit-elle. «Au point où j’en suis, je ne me sens pas seule. Et je veux en profiter pour dire “Merci” pour l’accueil, la chaleur. Merci d’être là!»

 

Les démarches requises par l’immigration n’ont pas été trop compliquées. «Une fois la décision prise, il a fallu passer le test de langue et remplir les autres formalités. Ça s’est très bien passé. Tout s’est fait en ligne», raconte Justine. «Le plus stressant a été d’obtenir le curriculum pour mon diplôme. Arriver à monter un dossier, c’est stressant, parce que ça exigeait d’obtenir des permissions au travail sans baisser mes standards de performance. Heureusement, ma famille a pu m’aider. Enfin, je suis résidente permanente.»

En plein hiver ! 

 

«Tu es arrivée à la mauvaise période de l’année», lui ont dit des gens en parlant de l’hiver canadien. «Quand je suis arrivée à l’aéroport de Montréal, le premier accueil a été le froid du Canada. Un choc! Il vous gifle le visage», dit-elle en souriant. Puis, ce fut le voyage en autobus à Ville-Marie. «C’était long! Tu dors. Ça s’est passé tout naturellement. Pas de surprises!» 

Arrivée chez sa cousine: «Tout le monde était content, c’était beau, chaleureux. On se donne des nouvelles de la famille, du pays. Puis j’ai appelé ma maman».

 

Enfin, Justine ne s’inquiète pas : «C’est précisément ici que j’ai choisi de bâtir mon prochain chapitre. Je ne suis pas venue dans le nord pour attendre que l’hiver passe, non. Je suis venue pour conquérir. Il faut briser des cercles sociaux et professionnels souvent fermés. Bien que  je sois opérationnelle et prête à convertir mon audace en résultats concrets pour le développement économique de la région, je recherche surtout des structures qui soutiennent l’audace féminine et les opportunités d’affaires qui ne sont pas limitées par la géographie et où, une jeune femme déterminée peut faire ses marques. Je suis une lionne».