le Jeudi 4 juin 2026
le Mardi 26 septembre 2023 15:53 Arts et culture

Comment tenter faire une différence

Ariane Castellanos et Marc-André Grondin dans Richelieu — Photo : Courtoisie
Ariane Castellanos et Marc-André Grondin dans Richelieu
Photo : Courtoisie

Critique de film — On ne peut qu’être touché par l’humanité du personnage principal et frustré par la manipulation que mènent les grandes compagnies au nom des profits dans le film Richelieu. Le sujet de l’exploitation des travailleurs étrangers est abordé de façon à nous faire comprendre à la fois leur souffrance et le fait qu’ils ont peu d’autres choix par le biais de personnages avec lesquels on peut s’identifier.

Comment tenter faire une différence
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Le film explore la relation entre des travailleurs temporaires guatémaltèques et l’usine de transformation du maïs qui les embauche du point d’une nouvelle employée. Ariane est embauchée comme traductrice et coordinatrice des employés guatémaltèques. Elle se rend rapidement compte que l’entreprise serre un peu trop la vis et décide, après beaucoup d’hésitations, de prendre les choses en main.

Les conditions de travail des travailleurs saisonniers venus des pays du sud font parfois les manchettes. Il y a surement des employeurs qui traitent très bien ces travailleurs, mais ce ne sont pas ces histoires que l’on entend aux nouvelles. Richelieu explore ainsi un lieu fictif qui traite ces employés comme s’ils étaient des machines.

Le film dépeint une entreprise qui a peu de considération pour ses employés, qui empiète sur leurs droits et tente d’extraire jusqu’à la dernière goute de leur énergie, de leur santé. On essaie de créer un peu de compassion pour le directeur et démontrer qu’il est, lui aussi, écrasé par une maison maire qui demande toujours plus de profits. Mais le personnage est peu sympathique dès le départ et ses actions sont difficiles à excuser.

Il ne faut pas avoir l’âme trop sensible, car les injustices — et vers la fin les problèmes de santé — qu’endurent les travailleurs sont révoltantes. Le réalisateur, Pier-Philippe Chevigny, parvient à nous tirer dans le quotidien d’Ariane, dans sa relation avec les travailleurs et dans la vie de ces derniers. Il y arrive avec la position de la caméra, souvent par-dessus l’épaule d’Ariane, sinon très proche des visages.

Les comédiens montrent bien que leur personnage est pris entre deux feux et que, peu importe le choix, il y aura un sacrifice à faire.

On essaie aussi de démontrer l’impact que peuvent avoir les actions d’une seule bonne personne, même s’il peut être impossible de régler la situation dans son ensemble.

Ce n’est pas le genre de film que l’on peut recommander à n’importe qui, mais si les histoires remplies d’humanité et la question des immigrants vous intéressent, Richelieu mérite d’être vu. Il sera présenté au Sudbury Indie Cinema Co-op les 28 et 30 septembre et des dates au début aout devraient être ajoutées.