Les histoires de vampires sont souvent une allégorie pour quelque chose d’autre. L’histoire de Sasha dans Vampire humaniste cherche suicidaire consentant est une délicieuse métaphore pour bon nombre d’expériences de vie des adolescents. Surtout les «premières fois».
Sasha est la seule fille d’un couple de vampires. Au moment où elle devrait pouvoir commencer à chasser seule, elle refuse. Tuer des humains la répugne. Elle préfère continuer à boire du sang en sac. Ses parents l’envoient vivre avec sa cousine plus âgée, espérant qu’une mentore plus stricte que son père pourra la faire changer d’avis. Sasha finira par rencontrer Paul, un souffre-douleur aux pensées suicidaires. Une rencontre qui les transformera tous les deux.
Les images sont évidemment très sombres puisque tout se passe la nuit, mais ceci permet à la réalisatrice Ariane Louis-Seize de jouer davantage avec les ombres et la lumière pour mettre en évidence ce qu’elle veut. Elle parvient aussi à créer des environnements plus chaleureux que lugubres.
Les règles de son monde de vampires sont classiques — pas de soleil, d’ail ou de croix pour eux. C’est plutôt le personnage de Sasha qui est nouveau et rafraichissant. Comment accepter de vivre si on dépend de la mort de quelqu’un d’autre? Pourquoi je ne change pas comme les autres? Comment est-ce que ce sera la première fois? C’est le genre de questions qui sont rarement abordées dans les films de vampires. Ici, c’est fait avec humanité et humour, relevant à la fois l’importance et le ridicule de certaines situations.
En plus, si on sort quelques instants du monde du film, on se rend compte que ces questions peuvent se rapporter à bien d’autres situations. Puberté. Menstruation. Amour… Tout ça quand on a seulement 68 ans (non, il ne s’agit pas d’une faute de frappe).
Le seul reproche que l’on peut vraiment faire, c’est que l’histoire est parfois prévisible. Ça n’enlève rien à la réalisation, au jeu des comédiens et aua génie du film.
Vampire humaniste cherche suicidaire consentant est présenté au Sudbury Indie Cinema Co-op — qui a la chance de l’avoir à la date de sa sortie en salle au Québec — les 13, 15, 19, 21, 22 et 31 octobre.