Pour marquer leur 40e anniversaire, la Troupe du Bord-du-lac présentera des extraits des meilleures pièces présentées au cours des quatre dernières décennies lors d’un souper-spectacle dans la cafétéria de l’École secondaire catholique Algonquin.
Pour certains, la troupe a été un tremplin vers une carrière professionnelle dans les arts théâtraux. Pour d’autres, un simple endroit pour se rassembler entre francophones et s’amuser en donnant vie à différentes histoires.
«Guy Fréchette, André Bléoo, André Sauvé, Camille Perron […] Il y avait une gang d’à peu près 12 personnes qui se sont mis ensemble pour partir cette troupe», raconte la nouvelle présidente, Anne Brûlé.
«La Troupe du Bord-du-lac a été fondée pour répondre à un besoin dans la communauté. Dans les années 1980, il y avait beaucoup de théâtre scolaire, puis il y avait d’autres gens qui étaient intéressés à monter sur les planches. C’est une forme d’art qui dépend beaucoup d’un groupe. Ça ressemble les gens, et c’est quelque chose qui se fête», ajoute-t-elle.
Le consensus et l’inclusion avant tout
Les membres de la Troupe du Bord-du-lac ont très souvent organisé des tables rondes et des rencontres avec le grand public afin de choisir leur prochaine pièce. Quel que soit leur niveau d’expérience, il y a toujours eu une place pour ceux et celles qui veulent s’impliquer.
«Il n’y avait jamais personne qui était exclu. S’il n’y avait pas une parole, on écrivait quelque chose. S’il y avait des gens qui faisaient de la danse […] ou qui étaient forts en mime, on écrivait avec les moyens et les talents qu’on voyait et qu’on voulait faire épanouir dans la communauté», précise l’ancienne présidente, Michelle St-Onge.
Témoignages et beaux souvenirs
«J’ai écouté la cassette de Camille Perron qui nous racontait les histoires qu’il voulait avancer dans des textes. C’était Ti-Jean l’arrache poil où plus tard dans l’incorporation de notre troupe que Camille nous lisait son texte avec tous les personnages. Juste d’entendre la voix de Camille, ça revient encore tout à fait au début, en 1984, quand on avait commencé Beaucage. J’ai joui de sa présence et de sa confiance parce qu’il m’avait remis une pièce après plusieurs années. Il m’avait dit : “Michelle, t’as pu rentrer en moi, tout à fait dans mon esprit, et tu as sorti tout ce que je n’avais pas pu écrire ou mises en paroles pour mettre sur ça sur la scène.” Il n’y a rien de mieux pour un metteur en scène d’être capable d’avoir ce degré-là, exprimer ce que le dramaturge avait écrit, qu’est-ce qu’il avait dans l’idée et que tu es allé même au-delà. On avait un rapport, moi et Camille, et on était vraiment proche.» — Michelle St-Onge.
Jules-Pierre Fournier et Anne Brûlé ans Babel sur Parole en 2018
«Mon histoire avec la troupe a débuté avec la Passion du Christ en 1992, autour de mes 9-10 ans. Je me croyais assez bonne pour être Marie dans la Passion du Christ. C’est sûr que je n’ai pas eu ce rôle-là. J’ai eu le rôle d’un enfant. Mais c’est là où ça commencé pour moi. Il y avait ensuite La Déprime, où j’avais un rôle d’une jeune ado. [Plus tard] on se répétait des lignes pour génie en herbe. Quelqu’un m’a lancé la ligne : “parking, définition”. J’ai dit : “Ha! La place libre que papa ne voit jamais” [une des lignes du texte]. Donc c’est une ligne qui m’est restée, je ne sais pas pourquoi. J’ai fait une de mes premières mises en scène pour la troupe; la pièce Salle d’attente. C’est tout un cheminement qui était possible grâce à Michelle St-Onge qui a été mon mentor pendant plusieurs années. C’est une femme incroyable de théâtre que je respecte beaucoup.» — Anne Brûlé