le Jeudi 4 juin 2026
le Mercredi 8 novembre 2023 14:16 Arts et culture

La simplicité n’est toujours qu’en surface

Magalie Lépine Blondeau et Pierre-Yves Cardinal dans Simple comme Sylvain. — Photo : Metafilms
Magalie Lépine Blondeau et Pierre-Yves Cardinal dans Simple comme Sylvain.
Photo : Metafilms

Critique du film Simple comme Sylvain présenté au Sudbury Indie Cinema Coop en novembre.

La simplicité n’est toujours qu’en surface
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Simple comme Sylvain est un film plus… simple (c’est vraiment un bon qualificatif) que ce à quoi nous a habitués la réalisatrice Monia Chokri. Il y a encore une facture visuelle recherchée et un questionnement sociétal, mais avec des images plus près de la réalité que ce que l’on a pu voir dans La femme de mon frère et Babysitter

Dans Simple comme Sylvain Sophia (Magalie Lépine Blondeau) tombe éperdument amoureuse de Sylvain (Pierre-Yves Cardinal) et se lance dans une aventure passionnée. Elle quittera son conjoint pour ce qu’elle croit être l’amour de sa vie. Les premières semaines de la relation, où le jugement est relativement suspendu, font éventuellement place à la réalité de leurs différences. Une urbaine professeure de philosophie peut-elle créer une relation durable avec un travailleur manuel élevé dans en campagne?

Monia Chokri offre ici un film d’amour pour adultes très terre à terre où on suit uniquement Sophia dans ses péripéties, ses amitiés, sa famille et ses émotions. Il s’agit d’un récit captivant qui aborde la relation une étape à la fois.

Photo : Metafilms

Magalie Lépine Blondeau offre une performance qui nous fait croire à son amour pour Sylvain et son malaise de devoir choisir entre Xavier entre son conjoint et son amant. Par contre, son dilemme moral face à ses convictions et celles de Sylvain est exprimé de façon moins évidente.

D’ailleurs, le film passe beaucoup de temps sur le début de la relation et pas tout à fait assez sur le choc des «cultures». L’intensité dudit choc est tout de même bien présente, mais ne nous laisse pas le temps de réfléchir nous-mêmes à la question.

Pour Simple comme Sylvain, Mania Chokri a choisi une palette de couleur beaucoup plus drabe que ses films précédents. Presque tout est brun ou beige. En fait, seul Sylvain et sa famille dérogent de ce choix de couleur. Ce sont des couleurs étrangement apaisantes dans l’univers du film et qui nous ancrent dans la réalité. Les plans, les zooms et la texture de l’image nous donnent aussi l’impression, parfois, de regarder un film tourné dans les années 1970.

Si l’univers débridé des autres films de Monia Chokri ne vous a pas plu, vous aimerez peut-être celui-ci. Le film est avant tout une histoire d’amour avec une exploration des effets sur un nouveau couple de la division de plus en plus large qui se crée dans notre société.

Simple comme Sylvain sera présenté au Sudbury Indie Cinema Coop les 9, 13, 14, 17, 18 et 21 novembre.