le Mercredi 7 octobre 2026
le Mercredi 7 octobre 2026 9:18 Santé

Grand Sudbury : vingt-ans après, l’apport du Réseau des sans-abris reste essentiel

 Des membres du Réseau. 
 — Photos : Donald Dennie
Des membres du Réseau.
Photos : Donald Dennie

Le Réseau des sans-abris du Grand Sudbury a célébré ses 20 ans d’existence lors d’une cérémonie qui a eu lieu au Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGS), rue Frood à Sudbury, le vendredi 2 octobre.

Grand Sudbury : vingt-ans après, l’apport du Réseau des sans-abris reste essentiel
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Cette cérémonie a réuni des membres des cinq agences qui constituent ce réseau financé par la Ville du Grand Sudbury, c’est-à-dire le Centre de santé communautaire, la Société John Howard de Sudbury, la Société Elizabeth Fry du Nord-Est de l’Ontario et le N’Swakamok Indigenous Friendship Centre et l’Association des jeunes sur la rue (Outreach).

Créé en 2007, ce réseau de cinq agences partenaires contribue des ressources et une expertise pour appuyer les individus et les familles à trouver ou conserver un logement dans le cadre de son programme intitulé «Logement d’abord», établi en 2016.

«Cet anniversaire nous donne l’occasion de reconnaître ce qu’il est possible d’accomplir lorsque des organismes communautaires unissent leurs efforts autour d’un objectif commun : aider les personnes à obtenir un logement permanent, à conserver ce logement et à accéder aux soutiens et aux ressources dont elles ont besoin», a déclaré le directeur général du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury, Denis Constantineau, lors de son allocution d’ouverture. «Ensemble, nous avons bâti une réponse coordonnée qui est plus forte que ce pourrait offrir un seul organisme.»

Depuis 10 ans, «notre travail est guidé par l’approche Logement d’abord», a poursuivi M. Constantineau. Cette approche aide «les personnes à accéder à un logement permanent sans exiger qu’elles aient d’abord surmonté tous les défis auxquels elles font face. Cette approche est importante parce qu’un logement, ce n’est pas simplement un toit. Un logement stable crée une base à partir de laquelle une personne peut s’occuper de sa santé, renouer avec sa famille et sa communauté, poursuivre un emploi ou des études et retrouver un plus grand sentiment de sécurité et de contrôle sur sa vie».

Des chiffres éloquents 

Les chiffres quant aux services rendus par le Réseau sont éloquents. En 2007, il enregistrait en moyenne 55 contacts de service par jour, alors qu’en 2025 ce nombre est de 166 contacts par jour, soit trois fois le niveau initial. L’an dernier, plus de la moitié de ces contacts concernaient des personnes s’identifiant comme autochtones. «Le N’Swakamok Indigenous Friendship Centre a contribué à renforcer notre capacité à orienter les personnes vers des services et des ressources culturellement appropriés, tout en fournissant des soutiens pratiques dans le cadre du travail d’intervention», a souligné M. Constantineau.

Pour sa part, le Centre de santé communautaire du Grand Sudbury est en mesure d’offrir des services bilingues, en français et en anglais, pour la prestation des services, la documentation et les documentations, grâce à son personnel francophone. 

Denis Constantineau, directeur général du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury.

soutien et appui des vétérans 

Depuis 2024, le Réseau a commencé à offrir un programme d’appui au logement pour les anciens combattants et les anciennes combattantes. Le Réseau a embauché un gestionnaire de cas qui travaille avec les agences partenaires, afin d’identifier les vétérans qui vivent sans abri ou sont à risque de le devenir. Ce programme a obtenu d’excellents résultats en matière de logement et de soutien pour la quasi-totalité des anciens combattants identifiés grâce à un processus de référence collaboratif. Le Réseau a également obtenu des logements de transition permettant aux vétérans d’avoir accès à un logement temporaire.

Le Réseau estime qu’il a réussi à loger 1 000 individus depuis ses débuts en 2007. Il distribue également 1 098 vêtements et nourriture chaque semaine, par l’intermédiaire de son service Outreach.

Un problème qui existe longtemps

Cette année, le Réseau des sans-abris a été reconnu par le Prix du partenariat communautaire de Centraide du Nord-Est de l’Ontario. Mais le travail est loin d’être terminé selon M. Constantineau. «L’itinérance demeure un défi important dans le Grand Sudbury. Les personnes que nous servons font face à des situations de plus en plus complexes, et la disponibilité ainsi que l’accessibilité financière des logements demeurent des enjeux majeurs.»

La députée néo-démocrate de Nickel Belt à l’Assemblée législative de l’Ontario, France Gélinas, a rappelé que lorsqu’elle était directrice générale du Centre de santé communautaire en 1999, elle s’était rendue sous le pont de la rue Paris accompagnée d’une employée du Centre où elle avait rencontré des personnes sans abri qui y vivaient ce qui avait mené à l’établissement de la Clinique du coin face à l’édifice du service d’incendie.

C’est donc dire que le problème d’itinérance dans la Ville du Grand Sudbury existe depuis au moins trente ans. Et que le travail du Réseau des sans-abris est donc loin d’être terminé.