le Vendredi 2 octobre 2026
le Vendredi 2 octobre 2026 14:30 Santé

La communauté célèbre les 35 ans de services en français du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury

Denis Constantineau, directeur général du CSCGS, au milieu, France Gélinas,ancienne directrice générale du CSCGS et aujourd'hui députée provinciale de Nickel Belt, à gauche, et la Dre Claire-Lucie Brunet, médecin à la retraite, ayant servi notamment au CSCGS.   — Photos : Mehdi Mehenni
Denis Constantineau, directeur général du CSCGS, au milieu, France Gélinas,ancienne directrice générale du CSCGS et aujourd'hui députée provinciale de Nickel Belt, à gauche, et la Dre Claire-Lucie Brunet, médecin à la retraite, ayant servi notamment au CSCGS.
Photos : Mehdi Mehenni

Les célébrations entourant le 51e anniversaire du drapeau franco-ontarien se sont poursuivies vendredi 25 septembre au Collège Boréal, à Sudbury. Après la cérémonie du lever du drapeau tenue dans la matinée à l’Université de Sudbury, la communauté francophone s’est réunie en soirée pour souligner le 35e anniversaire du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGS).

La communauté célèbre les 35 ans de services en français du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury
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Denis Constantineau, directeur général du CSCGS.

Un cocktail organisé à partir de 17 h 30 a précédé le Banquet des Franco-Ontariens et la remise du Prix de la francophonie 2026. L’anniversaire du Centre de santé a occupé une place importante dans les interventions de la soirée.

Le directeur général du CSCGS, Denis Constantineau, a rappelé que le 25 septembre constitue une occasion de célébrer la langue et la culture francophones, mais aussi de réfléchir aux conditions nécessaires à la vitalité de la communauté.

«Le 25 septembre est toujours une journée particulière. C’est l’occasion de célébrer notre langue, notre culture et notre communauté. Mais c’est aussi l’occasion de réfléchir à ce que ça signifie concrètement de vivre en français en Ontario», a-t-il déclaré.

Pour Denis Constantineau, les 35 années d’existence du centre reposent sur une revendication formulée à l’origine par la communauté, qui est de pouvoir accéder à des soins de santé en français.

«Il y a 35 ans, notre communauté s’est mobilisée autour d’une conviction assez simple. Nous devrions pouvoir recevoir des soins de santé en français chez nous, dans notre communauté», a-t-il rappelé.

M. Constantineau a relevé un point important, à ce propos : «Lorsque nous sommes malades, inquiets ou vulnérables, les mots comptent. Il faut pouvoir expliquer ce qu’on ressent avec précision. Il faut pouvoir comprendre le diagnostic, poser des questions, parler de nos inquiétudes et comprendre les choix qui nous sont proposés».

Par ailleurs, il est à préciser que le rôle du CSCGS ne se limite pas aux consultations médicales. L’organisme regroupe différents professionnels, afin d’intervenir sur plusieurs dimensions de la santé, notamment la santé mentale, le logement, le revenu, l’intégration communautaire et l’alphabétisation.

«Nous cherchons à accompagner la personne dans son ensemble et non seulement à traiter une maladie ou un symptôme», a-t-il affirmé.

Il a également souligné l’évolution de la population francophone du Grand Sudbury depuis la création du centre, avec l’arrivée de nouvelles familles d’autres régions du Canada et de différents pays.

Cette évolution, a-t-il estimé, «oblige le centre à adapter ses services aux réalités de la population qu’il dessert», alors qu’en 2025, par exemple,il avait travaillé avec 105 partenaires communautaires.

France Gélinas, ancienne directrice générale du CSCGS et aujourd’hui députée provinciale de Nickel Belt. 

Parmi les personnes présentes pour souligner cet anniversaire figurait France Gélinas, ancienne directrice générale du centre et aujourd’hui députée provinciale de Nickel Belt, pour le compte du NPD. 

En entrevue avec Le Voyageur, Mme Gélinas a rappelé que la création du CSCGS avait été précédée par des travaux visant à documenter les écarts de santé entre les francophones et l’ensemble de la population de la région.

Elle a expliqué que des données recueillies dans le cadre de recherches avaient permis de démontrer des différences dans l’état de santé de la population francophone locale. Ces données ont ensuite servi à soutenir les démarches visant à obtenir le financement nécessaire à la création du centre.

«Lorsqu’on a commencé à avoir des données, on a commencé à pousser pour avoir un centre de santé communautaire francophone parce que là, on avait les données qui prouvaient que la santé des francophones était beaucoup inférieure à la santé du reste de la population de Sudbury», a-t-elle relaté.

Mme Gélinas a occupé la direction générale du CSCGS de 1994 à 2007, après avoir commencé au sein de l’organisme comme promotrice de la santé. Avec le recul, elle estime que la création du centre a eu des effets sur l’accès aux services de santé pour la population francophone.

«Les données sont là. Ils ont fait une différence sur la vie et la santé de la population francophone dans son ensemble, des familles et des individus», a-t-elle soutenu.

Elle reconnaît toutefois que certains défis demeurent.

«Est-ce qu’il y a des défis? Oui, des défis de recrutement, des défis avec les problèmes de santé mentale, etc. Mais c’est phénoménal la différence que ça a fait d’avoir un centre de santé», a-t-elle ajouté.

Paul Lefebvre, maire du Grand Sudbury et ancien président du conseil d’administration du CSCGS. 

Paul Lefebvre, maire du Grand Sudbury et ancien président du conseil d’administration du CSCGS, a lui aussi participé au développement de l’organisme. Il y a siégé de 2006 à 2010 et été impliqué dans le recrutement  de Denis Constantineau à la direction générale.

«C’est moi qui l’avais passé en entrevue pour faire la mission et l’embaucher», a-t-il indiqué.

Depuis son passage au conseil d’administration, M. Lefebvre a continué de suivre l’évolution du centre, notamment son développement dans différentes communautés de la région.

Il considère que le CSCGS occupe aujourd’hui une place importante dans le réseau de services destinés à la population francophone du Grand Sudbury.

« C’est un service très important dans la communauté», a-t-il déclaré. «Il faut assurer que les services en français sont là. Ils ont un rôle primordial pour les services de santé en français dans la communauté.»