Le diorama est une maquette ou une reconstitution en trois dimensions qui met en scène une vignette réaliste ou fictive, afin de créer un effet d’immersion dans le temps. Cela permet de recréer des univers et de mieux comprendre les réalités d’une époque. La présentation comprenait 12 dioramas : un diorama par décennie. Chaque décennie était illustrée par une valise placée sur une table tandis qu’au plancher, on pouvait suivre une ligne du temps.
Les dioramas permettaient aux personnes présentes de consolider des notions de temps, d’espace, de condition de vie et de réalités sociales afin de mieux comprendre l’histoire des femmes et leur contribution à la société. Chacun des 12 dioramas était accompagné de capsules audios qui invitaient les participantes et participants à découvrir la vie d’une femme à travers des témoignages, des extraits de journaux personnels et des récits empreints d’authenticités.
L’objectif de la présentation de Janie Myner s’inscrivait dans la volonté du mouvement de mettre en valeur la contribution des Franco-ontariennes à la vie politique, sociale, culturelle et personnelle en Ontario. «L’alignement des valises par décennie démontre l’évolution de ce que les femmes ont fait changer. C’est aussi l’histoire de l’invisibilité des femmes et leur cheminement vers l’émancipation», affirme-t-elle.
Janie Myner, directrice générale de l’UCFO.
Passant d’une valise à l’autre, Janie Myner expliquait, aux membres de l’UCFO et aux conjoints présents, la quête des femmes au cours des années, le chemin parcouru à partir d’événements clés ou d’exemples de rôles sociaux imposés aux femmes. «Autant en éducation, en santé ou en politique, les femmes sont devenues résistantes. On peut penser à la guerre des épingles à chapeau devant l’école Guigues d’Ottawa dans le cadre de la contestation du Règlement XVII. Ou plus récemment, quand le gouvernement provincial a voulu fermer l’hôpital Montfort d’Ottawa, le seul hôpital universitaire francophone, les femmes composaient trois quarts des contestataires lors du rassemblement monstre.»
Tout en relatant l’évolution féminine, Janie Myner relevait plusieurs dimensions de la vie des femmes. Celles-ci sont passées du rôle de mère de famille, de dépendante d’un conjoint à celui de personnes qui contribuent entièrement à la vie de la société. Ce n’est qu’en 1975 que les femmes ont pu s’ouvrir un compte de banque à leur nom, avoir une carte de crédit, une voiture…
«On ne se fera pas d’illusions, tout n’est pas acquis, mais l’histoire d’invisibilité des femmes d’il y a un siècle à son rôle d’aujourd’hui témoigne de l’importance des mouvements comme l’UCFO. C’est aussi important de faire connaître au gouvernement tout le chemin parcouru par les femmes et l’influence qu’elles ont eues sur la vie en Ontario et surtout avec la vie en français.»
C’est 1936 que commençaient des cercles de femmes qui allaient devenir l’UCFO. C’étaient des cercles pour offrir une sortie sociale et briser l’isolement. Au cours des années, les cercles devenaient un lieu sécuritaire pour que les femmes soient capables de partager leurs expériences, leurs réalités et leurs aspirations. «La grande force de l’UCFO : être un réseau de solidarité féminine», dit Janie Myner.