Le groupe Les Charbonniers de l’enfer présentera son spectacle F-i-Fi-N-i-Ni le 8 novembre prochain au Collège Boréal, dans la salle Trisac. Pour lever le voile sur cet événement, le journal Le Voyageur s’est entretenu avec Michel Faubert, l’un des quatre membres fondateurs de cette formation unique qui existe depuis près de 33 ans.
À l’origine, le groupe se composait de cinq chanteurs. Malheureusement, le décès de Jean-Claude Mirandette, le 12 avril 2019, a bouleversé la formation. Aujourd’hui, ils sont quatre sur scène : Michel Bordeleau, Michel Faubert, André Marchand et Normand Miron.
Parmi eux, deux manient l’art de la podorythme, cette percussion traditionnelle qui consiste à taper du pied. Le groupe conserve sa signature brute et distinctive : aucun instrument, uniquement des voix et le rythme des pieds.
«Depuis le départ de Jean-Claude, le souffle et l’élan pour continuer nous manquaient. Les Charbonniers étaient en train de s’éteindre tranquillement», confie Michel Faubert.
«Nous avons donc décidé de faire un ultime tour de piste à quatre avec notre répertoire pour marquer la fin en beauté. Nous tournons ainsi depuis un peu plus d’un an. C’est très touchant de revivre toute notre histoire. Les salles sont pleines et nous en sommes extrêmement ravis », ajoute Michel Faubert.
Le titre de la tournée, F-i-Fi-N-i-Ni, cache d’ailleurs un clin d’œil historique. «À l’époque, mon vieux père allait à la petite école au début du siècle dernier, et on y faisait épeler les mots par syllabes. C’est ainsi qu’on épelait le mot « fini ». C’est un clin d’œil amusant à cette ancienne méthode pour annoncer notre fin de parcours», explique le chanteur.
Le défi de réinventer l’harmonie
Le passage de cinq à quatre voix a exigé un colossal travail d’adaptation, la majorité des arrangements ayant été conçus pour cinq interprètes.
«Nous devions choisir des pièces transposables à quatre voix, tout en préservant la richesse harmonique de l’époque où nous étions cinq», mentionne M. Faubert.
«Parfois, les voix étaient doublées à l’octave. Bien qu’il manque aujourd’hui un petit quelque chose et malgré l’absence du timbre inimitable de notre ami Jean-Claude, le public retrouve sur scène les harmonies des Charbonniers de l’enfer presque identiques à celles de nos albums», affirme-t-il.
Cette nouvelle configuration a aussi poussé le groupe à innover, notamment lors des traditionnelles chansons à répondre. Dans cette formule où un soliste lance les vers et le groupe lui répond, le meneur de jeu doit désormais se répondre à lui-même en harmonie pour compenser la voix manquante et enrichir la réplique des autres membres. «Cela a demandé énormément de travail et d’ajustements, mais nous y sommes arrivés», se félicite-t-il.
La force intemporelle du folklore québécois
Le répertoire des Charbonniers de l’enfer explore la condition humaine sous toutes ses facettes. «Ce sont des chansons traditionnelles issues du folklore québécois qui touchent à tous les aspects de l’existence : la vie, le travail, l’amour et la mort », indique M. Faubert.
«Nous proposons des pièces festives, autrefois chantées dans les veillées, mais aussi des complaintes aux thèmes plus légendaires, magiques ou tragiques, comme des récits d’accidents».
Pour le groupe, l’étape de Sudbury revêt une importance bien particulière avant la tombée de rideau. «Aller à Sudbury, c’est se rendre au cœur de la vie culturelle francophone en Ontario. Il était primordial pour nous de venir y faire un tour avant de tirer notre révérence», affirme-t-il avec émotion.
Michel Faubert reste convaincu que ces œuvres ancestrales possèdent une force qui résonne toujours auprès des nouvelles générations : «Elles abordent des sujets universels et intemporels. Qu’importe l’époque, l’amour, la vie et la mort nous habitent, nous réjouissent ou nous affligent. Le contexte historique reste accessoire. C’est pour cela que L’Odyssée d’Homère nous touche encore des milliers d’années plus tard. Il y a dans l’universel quelque chose qui traverse le temps. C’est précisément là que réside la force du folklore», conclut-il.