Né de l’imaginaire du créateur québécois Julien Morissette en 2022, le projet a d’abord pris racine dans sa propre histoire. «C’est un faux documentaire sur le folklore hanté, les histoires de fantômes de partout au Canada. Et puis, ça a commencé dans ma région natale d’où je suis originaire, l’Outaouais, à Gatineau», confie l’auteur et réalisateur de la série.
Passionné d’histoire, il a rapidement constaté l’engouement du public pour cette approche hors du commun, où les récits de présences mystérieuses deviennent un prétexte idéal pour explorer la mémoire collective.
Le concept a rapidement dépassé les frontières de sa région natale pour l’amener à l’autre bout du pays, et même outre-Atlantique. «Je me suis rendu compte que chaque coin de pays a ses bonnes histoires de fantôme. Ça m’a donné envie de sortir de chez moi et, avec mes micros, d’être à l’écoute des anecdotes que les gens me racontaient», explique-t-il.
En tendant son micro au Québec, au Canada et en France, il a découvert des similitudes insoupçonnées entre les légendes de différents territoires, le poussant désormais à dédier chaque saison à une région spécifique.
Le cap sur la route 11
Après avoir exploré l’Abitibi-Témiscamingue, le Nunavut et le Manitoba, Julien Morissette réalise enfin un projet qui lui tenait à cœur : explorer le Nord de l’Ontario, un territoire linéaire et mystique qui le fascine.
Issu d’une famille à moitié franco-ontarienne, il a passé une grande partie de sa jeunesse entre Sudbury, l’Île Manitoulin et North Bay. De ce passé, il a conservé un attachement profond pour la culture et les récits de cette région.
Pour cette sixième saison, l’itinéraire de cinq épisodes se déploie le long d’un axe routier emblématique. «On a décidé avec mon équipe de se dédier complètement à des histoires de fantômes qui se déroulent tout le long de la route 11», lance le réalisateur.
Pour bâtir ses intrigues, l’auteur a puisé dans ses propres souvenirs et consulté des proches afin de mettre en lumière l’industrie minière, l’exploitation forestière et la vibrante scène musicale locale.
Une immersion géographique et historique
Attendu sur l’application Radio-Canada Ohdio dès le 27 octobre, et sur les ondes de la radio FM classique les 29, 30 et 31 octobre, ce nouveau chapitre propose une incursion à travers des municipalités comme Timmins, Sudbury, Cochrane, Hearst et North Bay.
Le projet explore des lieux aussi diversifiés qu’un bunker de la guerre froide à North Bay, une maison ouvrière centenaire à Timmins, ou les bars clandestins de Hearst.
Afin de donner vie à ces récits, Julien Morissette s’est entouré de talents locaux : «J’ai fait appel à des comédiens et à des auteurs franco-ontariens. C’est vraiment une occasion de faire entendre les territoires, les histoires, l’accent et leur perspective».
Le créateur invite d’ailleurs le public à vivre une expérience immersive sur la route : «J’invite les auditeurs et auditrices à faire un petit road trip dans le nord de l’Ontario, à partir en voiture et à écouter ce que le territoire raconte», lance-t-il.
En mélangeant habilement faits réels et fiction, son objectif reste de «raconter le territoire autrement » pour inciter les gens à visiter ces municipalités. Savoir que son œuvre pousse le public à explorer ces territoires oubliés de «l’imaginaire collectif» est, pour lui, la véritable définition de la réussite.
Une formule bonifiée pour la scène
La grande nouveauté de cette saison réside dans sa sortie des écouteurs. Pour la toute première fois, Hantées s’organise en une véritable tournée officielle de quatre dates. Si le concept s’était déjà frotté à la scène sous forme de «cinéma sonore» à Paris ou à Montréal, la formule actuelle franchit un nouveau cap.
Le spectacle, bonifié par la présence de comédiens et de musiciens en direct, s’arrêtera notamment à la Place des Arts de Sudbury le 29 octobre pour un lancement gratuit et ouvert au public.
Pour le créateur, ce contact insuffle une toute nouvelle énergie au projet : «C’est stimulant d’aller à la rencontre du public, de mettre des visages sur les gens qui nous écrivent et nous écoutent», conclut M. Morissette.