Paul Lefebvre a obtenu 33 978 voix, soit 62,6 % des suffrages, lors des élections municipales du 26 octobre 2026. Sa principale adversaire, Miranda Rocca-Circelli, a recueilli 14 709 voix (27,1 %).
Paul Lefebvre affirme avoir accueilli sa réélection avec satisfaction, tout en soulignant la responsabilité que représente l’appui obtenu.
«On a reçu un mandat fort. C’est un honneur de recevoir l’appui de la population. On est toujours humble devant cet appui et c’est un honneur de pouvoir servir», déclare-t-il.
Même s’il se disait confiant durant la campagne, le maire affirme ne pas avoir tenu le résultat pour acquis, compte tenu des huit candidatures en lice.
«On était confiants en arrivant, mais on ne prend rien pour acquis. Les autres candidats étaient également très actifs dans leur campagne. Notre équipe était mobilisée et on a poussé jusqu’au bout», explique-t-il.
Selon lui, l’importance stratégique du Grand Sudbury dans le contexte économique et géopolitique actuel a également contribué à mettre en évidence les enjeux de la région.
Les minéraux critiques
Le développement du secteur minier et l’exploitation des minéraux critiques devraient occuper une place importante dans le prochain mandat de Paul Lefebvre. Le maire estime que les ressources du Grand Sudbury représentent un atout pour l’économie canadienne, particulièrement dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis et de concurrence internationale.
«Les gens réalisent de plus en plus l’importance stratégique que joue notre ville. M. Trump veut ce qu’on a ici, dans notre région, et on peut en produire encore davantage», affirme-t-il.
Le maire souhaite notamment renforcer les relations avec les gouvernements provincial et fédéral et diversifier les marchés d’exportation. Il entend également poursuivre les démarches pour faire reconnaître le Grand Sudbury comme une zone économique stratégique par la province.
Il estime que les infrastructures municipales qui soutiennent les activités minières ne devraient pas reposer uniquement sur les contribuables de la municipalité.
«On ne peut pas faire ça seulement sur le dos des contribuables de Sudbury. Il faut que les autres paliers de gouvernement contribuent également», soutient-il.
Au-delà des investissements dans les mines, Paul Lefebvre insiste sur les besoins en main-d’œuvre. Selon lui, le recrutement local et national ne suffira pas à répondre aux besoins futurs de l’industrie.
«Il va falloir assurer la relève des travailleurs et des travailleuses. Elle devra être locale, provinciale, nationale, mais aussi internationale», précise-t-il.
Logement et immigration
La croissance démographique du Grand Sudbury soulève également des questions sur la capacité de la ville à accueillir de nouveaux résidents. Paul Lefebvre affirme que le logement a constitué une priorité au cours des quatre dernières années et que plusieurs projets sont maintenant en construction ou en développement.
Il cite notamment deux projets d’environ 350 appartements chacun, l’un au centre-ville et l’autre dans le secteur de Kingsway et de la rue Mont Adam. D’autres logements sont également prévus sur les rues Paris et Regent.
«Le logement prend du temps à construire. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Mais on commence à voir les projets se concrétiser», indique-t-il.
Le maire estime que plusieurs centaines de logements supplémentaires pourraient être livrés au cours des prochaines années, en plus des projets résidentiels de moindre envergure. Il affirme également que «Sudbury atteint les objectifs de construction fixés par la province et prévoit maintenir cette progression».
Il distingue toutefois le logement de marché des logements abordables et non marchands, destinés notamment aux personnes à faible revenu et aux personnes en situation d’itinérance.
«Le marché ne peut pas toujours soutenir financièrement ce type de logements. Il faut que les gouvernements jouent un rôle», souligne-t-il.
Sur la question de l’immigration, Paul Lefebvre considère que le recrutement international sera nécessaire pour répondre aux besoins de secteurs comme les mines et la santé. Il souhaite notamment poursuivre les démarches auprès d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), afin de faciliter l’arrivée de travailleurs dans la région.
Itinérance et sécurité
La gestion de l’itinérance et de la toxicomanie demeure un sujet sensible au Grand Sudbury. Interrogé sur les critiques concernant certaines de ses positions, Paul Lefebvre affirme que son approche vise à favoriser l’accès à des services d’aide durables pour les personnes aux prises avec des dépendances sévères.
Il rappelle son implication au sein de l’Ontario Big City Mayors, un regroupement de grandes municipalités ontariennes qui réclame notamment davantage de logements abordables et de services en santé mentale et en toxicomanie.
Le maire rejette l’interprétation selon laquelle sa position consisterait à vouloir incarcérer les personnes en situation d’itinérance plutôt que de leur offrir des services.
«Je pense que les gens sautent parfois à la conclusion qu’on veut simplement les mettre en prison et qu’on ne veut pas leur offrir de services. C’est complètement faux», affirme-t-il.
Il évoque particulièrement «les personnes qui connaissent des épisodes répétés de surdoses et qui retournent dans la rue» après des interventions des services d’urgence. Il estime leur nombre entre «15 et 25 à Sudbury».
Selon lui, les interventions ponctuelles ne permettent pas toujours de répondre aux besoins de cette population.
«Ce n’est pas humain de les laisser souffrir de cette façon. Moi, je veux les aider», soutient-il.
Paul Lefebvre soulève aussi la question selon laquelle «les dépendances limitent la capacité» des personnes concernées à «prendre des décisions concernant leur sécurité». Il dit notamment s’appuyer sur les témoignages de familles et d’anciens consommateurs.
Francophonie
Paul Lefebvre souhaite poursuivre les efforts pour soutenir la communauté francophone du Grand Sudbury.
Il rappelle avoir contribué aux démarches entourant des programmes pilotes d’immigration économique. Il souligne notamment l’ajout d’un volet consacré à l’immigration francophone et souhaite maintenant augmenter le nombre de places disponibles.
«Je crois que ce programme va changer l’aspect bilingue et la place de la francophonie dans notre ville», assure-t-il.
Le maire estime également que la municipalité doit maintenir ses efforts pour offrir des services en français aux résidents.
«La Ville a un rôle à jouer pour offrir des services de première ligne en français. On veut continuer d’offrir ces services dans les deux langues officielles», indique-t-il.
Pour son deuxième mandat, il souhaite obtenir davantage de places en immigration francophone, avec un objectif d’au moins 100 admissions par année (40 places initialement) dans le cadre des programmes de résidence permanente.