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le Mercredi 20 Décembre 2023 16:00 Société

«Je n’ai pas assez de mots pour décrire à quel point [Nicolas] a été gentil» — Miroslav Milutinovic

Nicolas Meilleur — Photo : Julien Cayouette
Nicolas Meilleur
Photo : Julien Cayouette

Algoma — Miroslav Milutinovic croit qu’un de ses voyages dans le Nord de l’Ontario ne se serait pas aussi bien terminé si la providence n’avait pas mis Nicolas Meilleur sur sa route. Quelques mois après son accident, il n’en revient toujours pas de la générosité dont à fait preuve ce jeune Franco-Ontarien. Il espère que ses actions inspireront d’autres jeunes et moins jeunes à venir en aide à leurs concitoyens.

«Je n’ai pas assez de mots pour décrire à quel point [Nicolas] a été gentil» — Miroslav Milutinovic
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Miroslav Milutinovic a rendu visite à un ami dans le Nord de l’Ontario. Une région qu’il connait relativement bien, même s’il demeure à Newmarket, en raison de son travail de vendeur de pièces de voitures. Il a emprunté la route 556 (la route qui va au lac Ranger) — une route non pavée et très peu achalandée — en espérant économiser du temps. 

«J’ai perdu le contrôle de ma voiture et elle s’est renversée sur le côté conducteur. J’étais sur le côté de la route et je ne pouvais pas sortir», raconte-t-il. Sans signal cellulaire, il ne pouvait rien faire d’autre qu’attendre. Il croit qu’il a attendu environ 15 minutes avant qu’une autre voiture passe. C’était celle de Nicolas Meilleur. 

Ce dernier est un agent de recrutement pour l’Université Laurentienne, un travail qui l’amène à beaucoup voyager dans le Nord de l’Ontario. Il avait quitté Chapleau plus tôt ce jour-là et se dirigeait vers Sault-Ste-Marie. Il affirme qu’il s’est retrouvé sur cette route parce qu’il a écouté son GPS. Voyant la voiture renversée, il s’est arrêté.

«Il m’a demandé si j’étais OK, raconte Miroslav, et il m’a aidé à sortir de la voiture.» 

«Il n’y avait pas de fumée, mais on pouvait sentir l’essence qui coulait», raconte Nicolas.

Après l’avoir installé dans sa propre voiture, Nicolas a ramassé tous les effets personnels de Miroslav qu’il a pu récupérer. «Il ne m’a rien laissé faire, lance M. Milutinovic. Il a été tellement gentil, c’était incroyable.»

Ils ont repris la route. «Nous n’avons pas vu d’autre voiture avant 40 minutes», mentionne Nicolas, pour illustrer le petit nombre de véhicules qui passent sur cette route.

L’accident est survenu sur la route 556, au nord de Sault-Ste-Marie.

Image : Google Map

Une heure plus tard, ils sont entrés dans la zone de couverture cellulaire autour de Sault-Ste-Marie. Nicolas a téléphoné à la Police provinciale de l’Ontario (OPP) pour rapporter l’incident. L’agent lui dit qu’il pouvait envoyer une ambulance, mais, au point où ils étaient rendus, Nicolas s’est dit que ce serait bien plus rapide de le reconduire lui-même à l’hôpital de Sault-Ste-Marie. Ce qu’il a fait. 

«Pendant tout ce temps, il continuait à me parler pour s’assurer que j’allais bien», raconte M. Milutinovic. «Je voulais être certain qu’il n’avait pas de commotion cérébrale», ajoute M. Meilleur.

Nicolas n’a pas seulement déposé Miroslav à l’hôpital; il est resté avec lui. Il a parlé avec les infirmières, avec les policiers au sujet de l’incident… Après que les médecins ont confirmé que Miroslav n’avait pas de blessure, Nicolas l’a apporté à un hôtel et l’a aidé à s’y installer avant de finalement repartir.

Partager pour inspirer

«Je n’ai pas assez de mots pour décrire à quel point il a été gentil, dit Miroslav. Il n’avait pas besoin de faire ça. C’était au-delà de toute attente que j’aurais pu avoir. C’est probablement plus que ce que j’aurais moi-même fait pour un inconnu à l’époque.» Pour Miroslav, Nicolas a été une véritable source d’espoir.

L’incident est survenu à la mi-septembre et l’admiration de Miroslav Milutinovic pour la bonne action de Nicolas Meilleur n’a pas diminué. «Il faut parler de ce qu’il a fait et espérer que plus de jeunes grandiront pour être comme lui.»

Aussi bien la famille que les amis à qui Miroslav a raconté l’histoire ont de la difficulté à croire qu’un inconnu a fait tous ces efforts pour l’aider.

Nicolas a accepté que Miroslav partage leur histoire, même s’il ne considère pas avoir fait quoi que ce soit de si extraordinaire. «Au début, j’ai dit qu’il n’y avait pas vraiment de raison de le faire. Je ne veux pas être une vedette de la ville de Sudbury. Mais j’aime son idée si je peux créer un impact» et montrer à d’autres que ce n’est parfois pas si difficile d’aider les autres et que tout le monde peut le faire.

Il reconnait quand même que d’autres personnes n’auraient peut-être pas pris la peine de l’amener eux-mêmes jusqu’à l’hôpital. «J’allais à Sault-Ste-Marie, donc il n’y avait aucune différence pour moi.» 

Nicoals est resté à l’hôpital avec Mioroslav pour l’aider, mais aussi pour sa quiétude mentale. «Ça m’aurait gardé réveillé si je l’avais laissé là et que quelque chose lui arrivait.» Il est parti après l’avoir laissé à l’hôtel parce qu’il était maintenant convaincu que tout se terminerait bien. Il se compte également chanceux que Miroslav n’était pas plus blessé lorsqu’il l’a trouvé. 

«Les actions de Nicolas représentent l’essence du bon citoyen — mettre le bienêtre des autres avant nos convenances personnelles. Reconnaitre un tel geste de bonté n’est pas seulement un geste de gratitude pour moi et ma famille, mais aussi une façon d’inspirer les autres», explique Miroslav.

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Quelques semaines après l’aventure, Miroslav Milutinovic apportait son fils en voiture à l’école. À un coin de rue, il y avait eu un accident impliquant l’enseignant de mathématiques de son fils. Miroslav a pris le temps de sortir de sa voiture pour voir s’il avait besoin d’aide. 

«Je peux vous dire que je ne me serais pas arrêté pour offrir mon aide avant d’avoir vécu cette épreuve. Nicolas est un exemple de comment une petite action peut faire une grande différence. Il a fait une grande différence dans ma vie.»

Miroslav Milutinovic n’a heureusement pas eu de séquelles physiques graves de l’accident. Sa voiture, par contre, était une perte totale. Il a racheté le même modèle pour sa sécurité. Il est convaincu que s’il avait conduit n’importe quelle autre voiture lors de l’accident, il n’aurait pas survécu.