Le syndicat des employés de la compensation de l’Ontario, qui représente les travailleuses et les travailleurs de la WSIB, a fait parvenir une lettre à la Commission pour demander la suspension de la fermeture des bureaux ainsi que d’inverser le limogeage prévu de 566 employés affectés afin de permettre une évaluation indépendante des effets sur la qualité des services, sur l’expertise régionale, sur les employés et les communautés affectés. De plus, le député néo-démocrate de Sudbury à l’Assemblée législative de l’Ontario, Jamie West, a tenu une conférence de presse à son bureau accompagné de France Gélinas, la députée néo-démocrate de Nickel Belt et de Jessica Montgomery, présidente du Conseil du travail de Sudbury & District, pour protester contre ces fermetures et demander au premier ministre de la province, Doug Ford, de renverser cette décision.
Dans la lettre au président de la Commission, Harry Goslin, président du syndicat, écrit que les offres de relocation dans le Sud de l’Ontario ne sont pas réalistes pour plusieurs travailleuses et travailleurs compte tenu qu’ils doivent conférer des soins à leurs enfants, à leurs parents aînés, du fait que leur partenaire a un emploi à Sudbury, que les coûts du logement sont plus élevés dans le Sud de l’Ontario. Selon M. Goslin, le départ de personnel qualifié va de plus entraîner la perte de connaissances institutionnelles et régionales, que les charges de travail vont augmenter pour ceux et celles qui demeurent en poste. De plus, la Commission n’a pas démontré pourquoi un système financé par les primes des employeurs à travers la province peut absorber la perte de 566 employés cette année et 155 autres en janvier 2027. «La Commission a refusé d’expliquer comment les niveaux de service aux travailleurs accidentés seront maintenus à travers la province», dit-il.
Peu d’informations sur le rôle de l’IA
La question la plus troublante selon M. Goslin a trait au rôle que l’intelligence artificielle (IA) va jouer dans les opérations futures de la Commission. La Commission procure peu d’informations, à savoir comment l’IA va être mise en service ou si elle accomplira le travail effectué par des travailleurs qualifiés. Les employés de la Commission ont déjà fait état du manque de précision et de fiabilité de l’information fournie par les systèmes d’IA.
France Gélinas a souligné que lorsqu’elle était directrice générale du Centre de santé communautaire de Sudbury, ce centre avait travaillé pour que les employés francophones puissent soumettre des requêtes de compensation en français au bureau de Sudbury de la Commission. «Je ne suis pas certaine que les francophones pourront avoir les mêmes service en français de la part d’un bureau situé dans le Sud de l’Ontario», a-t-elle déclaré. «On a beaucoup à perdre, les gens du Nord, et les francophones du Nord, on a encore plus à perdre surtout si on doit dépendre de l’IA pour la traduction.»
Mme Gélinas et M. West ont lu des déclarations écrites de la part de deux employés de la Commission à qui on a refusé la permission de participer en personne à la conférence de presse. Sheri Cash, une représentante du service aux clients, a écrit en partie ce qui suit : «Pour moi, la relocation n’est tout simplement pas une option. Je suis la mère monoparentale de deux filles jumelles de 12 ans. Nous avons une demeure, une communauté, une école, des amis, une famille ici à Sudbury. Je ne peux aucunement tout paqueter et déménager dans le Grand Toronto. Mes filles ne devraient pas être obligées de quitter leur demeure, leur école, leurs amis et leur système d’appui parce qu’on m’oblige à décider entre conserver mon emploi en déménageant ou abandonner ma carrière».
Connaissances autochtones et expertise régionale
Neil Stephen, un infirmier-consultant bilingue au Département des lésions attribuables au stress, récemment embauché par la Commission, a fait part d’une étude effectuée par le syndicat des employés de la compensation qui démontre que les membres de l’unité de négociation présentaient des symptômes de dépression et des idées suicidaires à des taux plus élevés que les travailleuses et les travailleurs de domaines comparables au Canada. «Malgré ces difficultés, le personnel continuait de se présenter au travail chaque jour, parce qu’il savait ce qui était en jeu», a-t-il écrit. Il a ajouté : «Je suis profondément préoccupé par les conséquences de ces fermetures dans le Nord de l’Ontario. Nous ne perdons pas simplement des postes. Nous perdons une capacité de services en français, des connaissances autochtones, une expertise régionale et une compréhension des réalités particulières auxquelles font face les personnes qui vivent dans le Nord».
Jamie West a conclu la conférence presse en déclarant : «Doug Ford se vante de lutter pour le Canada et de protéger l’Ontario. Nous lui demandons de protéger les travailleurs du Nord de l’Ontario. Il a le pouvoir de faire ça. En somme, nous demandons à Ford de renverser la décision de la Commission».