Conçue comme une suite logique à la mission éducative du diffuseur, l’émission proposera des analyses de fond et des panels d’experts pour décortiquer les enjeux politiques, sociaux et culturels qui touchent directement la francophonie ontarienne.
Pour la journaliste, le besoin de réinvestir les affaires publiques s’impose face à la surinformation contemporaine. «Nous en avons plus que jamais besoin, car nous sommes submergés par l’actualité», observe-t-elle.
«Il y a tellement de sources d’information qu’il est facile de s’y perdre. Le rôle d’une émission d’affaires publiques est justement de synthétiser l’information et de mettre un coup de projecteur sur les enjeux qui touchent directement notre quotidien», indique-t-elle.
Ce retour aux sources s’inscrit naturellement dans la mission historique du diffuseur franco-ontarien. Si TFO propose déjà une programmation jeunesse et adolescente particulièrement riche, Marie-Lou St-Onge estime qu’il manquait un maillon à la chaîne.
«Qu’est-ce qu’on offre après l’adolescence? Il fallait une suite logique d’accompagnement. Pour moi, les affaires publiques font partie intégrante de l’éducation. Faire des affaires publiques, c’est expliquer les choses et décortiquer l’actualité pour toutes les générations, y compris le public adulte.»
Combler un vide en Ontario français
Depuis l’arrêt des précédentes productions de TFO il y a une décennie, le paysage médiatique canadien a profondément changé, laissant un vide sectoriel majeur.
«À l’heure actuelle, il n’existe aucune émission d’affaires publiques produite spécifiquement en Ontario français», déplore l’animatrice. «Toute une semaine ! vient combler un créneau vacant. Les grandes émissions actuelles se concentrent sur le Québec ou le Canada dans son ensemble, mais la réalité franco-ontarienne y est souvent absente», selon elle.
En dix ans, deux mutations fondamentales ont transformé l’industrie des médias : l’accélération fulgurante du cycle de l’actualité et la multiplication des canaux de diffusion. Une double réalité que le public subit de plein fouet, rendant l’accès à une vision d’ensemble complexe.
«L’émission répond précisément à ces deux défis», soutient Marie-Lou St-Onge. «Nous offrons un rendez-vous unique de 30 minutes pour se brancher, apprendre et approfondir ses connaissances. Quand on comprend l’actualité, on a envie de la suivre. Il n’y a rien de pire que de ne pas saisir un enjeu ; il est très difficile de s’intéresser à ce qu’on ne comprend pas», explique-t-elle.
Prendre le temps et faire le tri avec des experts
Le format hebdomadaire de Toute une semaine ! dicte une approche rigoureuse basée sur le recul et l’analyse plutôt que sur l’immédiateté. L’objectif avoué est d’aider les téléspectateurs à faire le tri dans le flux continu d’informations.
«Une émission hebdomadaire nous permet de poser un regard global et de déterminer ce qui mérite que l’on s’y attarde davantage», explique Mme St-Onge.
Elle insiste également sur la valeur ajoutée de sa formule : «Contrairement aux bulletins d’information quotidiens qui rapportent les faits de la journée, notre émission d’affaires publiques va plus loin. Nous battrons le fer avec un panel d’experts et d’acteurs du milieu pour décoder les événements».
Ce travail d’analyse commence d’abord dans les coulisses de la production. L’équipe devra mener des arbitrages serrés chaque semaine pour sélectionner les sujets cruciaux.
«Ce genre de décision ne se prend jamais en vase clos. C’est un travail d’équipe rigoureux où nous nous poserons collectivement des questions fondamentales pour concevoir la meilleure émission possible», souligne-t-elle.
Une synergie naturelle entre l’antenne et la rédaction
En plus d’animer l’émission, Marie-Lou St-Onge occupe les fonctions de rédactrice en chef de l’ONFR. Une double casquette qui créera une synergie naturelle pour enrichir le contenu de l’émission.
«Je suis en réunion avec les journalistes chaque jour, il y aura donc une complémentarité évidente», explique-t-elle.
Elle illustre ce travail d’équipe par un exemple concret : si une journaliste basée à Sudbury s’apprête à couvrir un événement sur le terrain, l’émission pourra récupérer un extrait de son entrevue pour ensuite approfondir le sujet en studio avec un autre invité.
Cette collaboration fonctionnera dans les deux sens, puisque les reportages écrits du site de l’ONFR pourront également intégrer des segments vidéo de l’émission.
«C’est un luxe d’avoir des journalistes aussi pertinents, professionnels et dotés d’un tel rayonnement partout en Ontario. Cela va nourrir l’émission toute la semaine, et vice-versa», se réjouit l’animatrice.
Quant à la structure des épisodes, Marie-Lou St-Onge mise avant tout sur la discussion. Les grands reportages de terrain demeureront l’apanage de la plateforme web deonfr.org, tandis que le rendez-vous télévisuel se concentrera sur les entrevues de fond et les interventions de chroniqueurs basés aux quatre coins de la francophonie.
Bien que l’émission soit enregistrée en studio, l’équipe exploitera la technologie pour briser les barrières géographiques.
«Le plateau est magnifique et ses écrans nous permettent de basculer facilement vers l’Ontario ou ailleurs dans la francophonie. Nous allons beaucoup voyager virtuellement», précise-t-elle.
L’humour pour démocratiser l’actualité
L’une des nouveautés marquantes est l’arrivée de l’humoriste Olivier Nadon, qui proposera un regard satirique en fin d’émission. Pour Marie-Lou St-Onge, l’humour et le plaisir sont des vecteurs essentiels pour intéresser le public aux affaires publiques.
«L’humour est un canal de communication incroyable qui traverse les générations et les cultures. Il démocratise les sujets et fait moins peur», soutient la journaliste, qui précise que l’objectif reste d’être accessible sans tomber dans la légèreté constante.
En offrant un «billet d’humeur» à Olivier Nadon, elle souhaite proposer un moment libérateur aux téléspectateurs.